benedicte's profileLe p'tit monde de bénéPhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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Le p'tit monde de béné"Les tribulations d'une inadaptée de la vie" September 16 béné prend les mâles en patienceLa logique voudrait que lorsque, comme moi, on est une fille au teint blanc comme l’émail d’un lavabo, aux cernes présentes même les jours de grasse mat’ et au nez qui n’a pas compris les lois de la gravité, trouver un homme devrait être l’accomplissement de toute une vie. Si en prime l’homme est beau, intelligent, drôle, assez fort pour porter les sacs de courses, sachant gérer seul le trafic d’import/export de slips entre le panier à linge sale et la machine à laver, et qu’il sait cuire les spaghetti al dente, la logique voudrait que l’on n’ait aucune raison de se plaindre….. Sauf que la logique n’a jamais dû vivre avec un homme.
C’est comme ca, on n’y peut rien. On a beau avoir un tempérament de geisha et le self control d’un moine shaolin, on a beau passer de merveilleux moments en couple, parfois l’homme agace, irrite, énerve.
Je ne m’attarderai pas sur les petites embûches de la vie quotidienne. Les malentendus sont légion, les bouderies qui suivent également, tout comme les réconciliations. Pour ma part, je vais plutôt m’intéresser aux travers sournois de ces messieurs pour vous prouver, en toute objectivité (n’est-ce pas ?), à quel point un homme peut être exaspérant. Approchez m’sieurs dames, le spectacle du lynchage va commencer ! (Attention, toute ressemblance avec des traits de caractère de personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence….)
L’homme est donneur de leçons. Version macho : Le cro-magnon vous assène que votre sac à main posé dans l’entrée l’empêche d’ouvrir la porte et vous fait remarquer que puisque vous avez bourré la poubelle de la salle de bain avec votre flacon de shampooing vide, votre vieille bouteille de lait démaquillant et 2 cotons-tiges, il serait temps de la vider. Lorsque c’est vous qui lui expliquez que ce serait bien s’il pouvait mettre ailleurs que sur le tapis du salon ses croûtes de pizza et qu’il pourrait faire l’effort de remplacer le rouleau quand il prend les dernières feuilles de papier toilette, il n’en fait rien ; ce qui vous fait hurler. Sa seule parade à cet état d’énervement consiste à vous demander si vous avez vos règles ; ce qui vous rend hystérique… Version évoluée : L’Homme note à voix haute toutes les bricoles que vous n’avez pas rangées (stylo sur le bureau, cuillère sur la table de la cuisine, brosse à dent sur le bord du lavabo…) et remarque en passant que vous avez oublié de rincer la douche. Mea culpa de votre part. Pas la peine d’essayer de lui dire que de son côté il a 5 pantalons en boule sur la table du salon, que son pot de dessert vide de la veille trône toujours à côté de la télé et qu’il n’a pas enlevé ses poils de barbe coincés autour du robinet du lavabo : lui, il avait une bonne raison de ne pas le faire.
L’Homme est goujat. Version macho : le Cro-magnon avec lequel vous vivez vous fait remarquer sans état d’âme, au choix, que vous avez une ride sur le front – premier signe de votre future dégénérescence-, un bouton purulent sur le menton – signe de votre non entrée dans l’âge adulte- ou des fesses en voie de développement – signe que votre stock de graisse est bien là-. Version évoluée : l’homme civilisé trouve des tournures bienveillantes pour vous dire des choses malveillantes. Ainsi vous dira-t-il que vous sentez ‘encore le lait’ pour vous faire comprendre que vous n’êtes qu’un fœtus insignifiant qui ne connaît rien à la vie (et que donc, vous devriez le laisser faire) ou que vous êtes à présent ‘une femme’ (terme qui sous entend que vous n’êtes plus une jouvencelle et qu’à partir de maintenant le chantage « soit plus gentil avec moi ou je vais en trouver un mieux que toi » ne fonctionne plus, car qui voudrait d’une vieille guenon comme vous…)
L’Homme se croit de naissance décorateur d’intérieur. Version macho : Dès les premiers moments de vie commune, l’Homme des cavernes s’accapare les trois quarts du salon pour y entreposer ses consoles de jeux et ses dvds de Sylvester Stallone en vous reléguant à la cuisine pour que vous y entreposiez vos propres consoles de jeux -d’après lui- (robot ménager, mixer, grille-pain). Version évoluée : l’homme civilisé est, ô miracle, ordonné. Il s’attend donc à ce que vous respectiez son rangement sans broncher : les livres avec les livres, les vêtements avec les vêtements et vos affaires surtout pas mélangées aux siennes ! Si jamais vous tentez d’introduire un peu de souplesse dans ce règlement quasi militaire, c’est le drame.
L’Homme est de mauvaise foi. Version macho : pour un homme, un vrai, foin de produits de beauté. Une aisselle velue digne de ce nom se doit d’exhaler la transpiration, odeur mâle par excellence. L’homme viril a forcément un hérisson collé sur les joues et porte jeans et t-shirt noir à longueur d’années. Malheur si vous, vous imitez son mode de vie : 2 poils qui se battent en duel sur votre mollet gauche et voilà monsieur qui vous surnomme demis Roussos. Le même pull 2 jours de suite et le voilà qui agite sa main devant son nez à chaque fois que vous passez à moins de 10 mètres. Si vous lui rétorquez que vous n’avez pas de commentaires à recevoir venant de quelqu’un qui prend rdv avec la douche une fois par semaine, il vous répondra que pour lui, c’est normal…mais pas pour vous. Version évoluée : la gamme des produits de beauté pour hommes en témoigne : certains messieurs prennent soin de leur épiderme et de leur cuir chevelu…en cachette, évidemment. L’homme civilisé pense également à coordonner ses chaussettes avec son pantalon et court les magasins pendant les soldes pour remplacer ses vieilles chemises. Ce qui ne l’empêche pas de vous accuser de vider le compte en banque en achetant un nouveau pot de nivea et de vous demander si vous vous lancez dans l’élevage de culottes, en trifouillant dans vos paquets au retour d’une après-midi shopping entre amies.
L’homme est de ‘mauvais foie’. Version macho : Le cro-magnon n’est pas en sucre, il ne craint rien ni personne. Même un bras amputé par une tronçonneuse ne lui arracherait pas une larme…devant ses potes. A la maison par contre, une simple gueule de bois se transforme en agonie, avec spécimen mâle se traînant avec difficulté jusqu’à son lit en poussant des râles. Lorsque vous êtes malade, il raconte à ses potes vos jérémiades de gonzesse avec force détails en répétant que les meufs, c’est vraiment des chochottes. Version évoluée : L’Homme civilisé se sait fragile mais ne le crie pas sur les toits. Il préfère se ménager (un point sur le côté est si vite attrapé en descendant la poubelle, une hernie si vite arrivée en portant l’aspirateur, une tumeur au genou si vite installée en sortant du lit) en vous regardant vous, ahaner en montant au 4ème étage sans ascenseur les 3 lots de 6 bouteilles d’eau en promotion et en vous encourageant chaleureusement (« vas-y, ça te fera des muscles »).
Comme quoi, macho ou évolué, un homme reste un homme : intenable, insupportable…mais irremplaçable. Ce que la vie serait fade sans un mâle pour nous casser les pieds et pimenter notre existence ! c'est beau l'amûûûûr!
J’en profite pour faire une petite annonce à mes chers amis lorrains (réjouissez-vous, pour une fois ce ne sera pas le sempiternel ‘le train ter lorraine en provenance de Luxembourg et à destination de Nancy est annoncé avec un retard que nous ne pouvons déterminer pour le moment’) et mes chers amis d’autres contrées: pour tous les fanas de langue des signes et les passionnés de l’acquisition du français par les sourds, fanas et passionnés qui se reconnaîtront, vient de sortir un livre. LE livre. Celui que j’aurai dû avoir pour pondre mon mémoire. Celui qui brosse une vue d’ensemble complète sur la question. Celui qui n’utilise pas tous ces termes jargonnants pompeux propres à la linguistique. J’ai nommé Langue des Signes, surdité et accès au langage de Philippe Séro-Guillaume (éditions du papyrus). Clair, bien organisé et très complet ; tout pour plaire à des lorrains influencés par la rigueur de nos voisins allemands. Il vous en coûtera l’équivalent de 10 pots de nutella mais vraiment, cela vaut le coup de se nourrir l’esprit plutôt que de se nourrir le bidon, pour une fois. Voilà, la parenthèse se referme sur ma p’tite pub perso. C’est vrai quoi, y en a qui se font sponsoriser par la vache qui rit pour raconter dans leur blog que ca se mange avec tout –rôti de porc, cornichons, mousse au chocolat…-, j’ai bien le droit de vanter les mérites d’un bon livre, moi (bénévolement et quasi anonymement en plus)! Et comme dit le dicton ‘mieux vaut un long message sur ton blog que 35 petits sms’ September 08 la madeleine de bénéC’est en enfilant ma chaussette que, allez savoir pourquoi, la sombre vérité m’a foudroyée tel un éclair : je suis atteinte du syndrome ‘intelligence éclectique’. Comprenez que j’aime tout et n’importe quoi, mais en petite dose. D’où le fait que sur ma table de chevet trônent en ce moment un recueil de poésies de Verlaine, une bande dessinée Garfield, un Agatha Christie et un livre de linguistique sur la Langue des Signes que j’ai dévorés avec un égal enthousiasme. On pourrait croire que ce syndrome est une bonne chose : on apprend plein de trucs sur des sujets divers et variés. Certes. On a l’impression d’être trèèèèèès intelligent parce qu’on sait que la langue est la partie du corps qui possèdent le plus de muscles, que 1515 est aussi la date de l’avènement de François Ier et que le jus de citron permet d’avoir les ongles plus blancs. Re-certes. N’empêche que c’est pas avec une intelligence éclectique qu’on brille en société : lors d’une conversation, dès qu’un sujet commence à se creuser, on est largué et on passe la soirée à sourire bêtement en faisant ‘oui oui’ de la tête à celui qui dit « noir » et à celui qui dit « blanc », faute de pouvoir trancher. Montrer à tous qu’on a oublié notre cervelle à la maison ou avoir un bout de laitue entre les dents : quel est le pire ? difficile de savoir puisque dans les deux cas les gens se rappelleront à jamais de vous comme « la cruche ». attention, les lunettes c'est un leurre Mais fermons la parenthèse. Je disais donc que je suis une ‘intello éclectique’. Ce qui fait que je ne lis pas (exclusivement) des Mickey Magazines et qu’il m’arrive aussi de me plonger dans un Nouvel Obs. Nouvel Obs qui, la semaine dernière, prêtait sa plume aux fidèles lecteurs pour qu’ils relatent leur plus beau souvenir d’enfance. Est-ce l’influence du magazine ou ma récente entrée dans l’âge canonique, je ne sais pas, mais toujours est-il que je me suis moi aussi posé la question : quels sont mes meilleurs souvenirs d’enfance ? C’est vrai quoi : à chaque fois je m’apitoie sur les pires moments de ma vie (la pose de mon appareil dentaire, le surnom ‘squelettor’ que m’avaient collé les p’tits cons de collégiens de ma classe, la fois où j'ai vomi mes quenelles au centre aéré, le jour où ma grand-mère m’a offert cet horrible pull jacquard tricoté à la main que j’ai dû mettre pour aller à l’école, le jour où j'ai dû chanter devant toute la classe en cours de musique, la fois où j’ai fait tomber de mon sac une culotte de rechange devant le prof le plus vicelard que j’ai connu….). Alors, une fois n’est pas coutume, c’est aux moments les plus joyeux de ma vie, de ceux que l’on se remémore des larmes au fond des yeux, que vous aurez droit, vous, mes 3 fidèles lecteurs. Trempons notre madeleine dans notre thé et laissons-nous être emportés par le passé.... nooon, pas si loin dans le passé! Je vous ferai grâce des pseudo meilleurs souvenirs d’enfance (quand j’ai reçu la Barbie-Disneyland à Noël, mon premier sachet de pipinsols, la première fois où ma mère m’a laissé choisir seule ma tenue-ouf-…..) pour ne m’attarder que sur le top 3.
3ème meilleur souvenir : FORT BOYARD VERSION POURRIE. J’ai la chance d’avoir un oncle qui vit dans le sud de la France (grande maison, grand jardin) et chez qui, tous les ans, nous allions passer 2 semaines. A cette même époque, mon frère, grand fan d’audiovisuel, était littéralement scotché à l’écran de télévision quand passait Fort Boyard (qui était encore taxé de concept nouveau). Bourré d’envie de s’amuser et plein d’imagination, il mettait tous les ans sur pied son propre Fort Boyard auquel toute la famille devait participer. Tout y était : Patrice Laffont (en la personne de mon frère), Passe-partout (moi-même, étant la plus petite), clepsydre (sous la forme de 2 bouteilles de vin blanc vides scotchées goulot contre goulot), cri de guerre (« Tu nous les haches menues ! ») et bien sûr épreuves : récupérer une clé dans un vieux cabanon infesté d’araignées, dans un seau rempli de gadoue, sur une branche de pin (à 2m10 du sol) ou tout au bout d’une immense chaîne à tirer et évidemment, les énigmes du Père Fourras joué également par mon frère (« qu’est-ce qui est vert et qui pousse au fond du jardin ? ») auxquelles nous ne répondions jamais, juste pour le plaisir de voir mon oncle dans la piscine gonflable, de l’eau jusqu’à la taille et ses lunettes de plongée sur le nez, faire semblant de ne pas retrouver la clé jetée du haut du balcon. Pas la peine de vous dire que c’était à chaque fois une belle réussite et sûrement la meilleure après-midi de toutes les vacances ! Pour les curieux, la réponse à l’énigme est « une grenouille constipée » 2ème meilleur souvenir : LES JOIES DE LA FERME. Mes grands-parents côté papa étaient agriculteurs. Ils vivaient donc dans une ferme à la campagne. Attention, à cet instant je sais bien que les citadins que vous êtes imaginez une jolie bicoque, style ‘résidence secondaire entièrement restaurée par un couple d’anglais dans un charmant patelin’. Non, non, mes grand-parents vivaient à la dure dans une ferme branlante située dans un bled paumé des Ardennes. Pas d’eau courante (juste une pompe à actionner à main nue pour recevoir de l’eau froide dans un évier taillé dans la roche), pas de radiateur (juste un fourneau à bois dans la pièce commune-celle qui donne directement dans l’écurie- et une brique chauffée dans le four du fourneau et enveloppée d’un linge au pied du lit pour ne pas avoir froid la nuit), pas de magasin d’alimentation (juste la camionnette du boucher-boulanger qui passait tous les matins). Koh-Lanta version campagnard, quoi. Un adulte aurait beaucoup de mal à s’y faire, mais quand on est enfant c’est le paradis : un énorme parc parsemé d’arbres fruitiers dans lequel on pouvait courir et taper aussi fort qu’on voulait dans le ballon ; la saison des pommes quand on accompagnait grand-père dans la remorque du tracteur et qu’on s’amusait à refiler toutes les pommes aux vaches du pré voisin, agglutinées contre la barrière ; les vaches justement, que l’on pouvait traire, avec lesquelles on pouvait jouer et qui nous faisaient courir entre les branches d’un arbre arraché par une tempête pour se protéger quand elles avaient leur 5mn de folie ; la bonne odeur des confitures maison et la très mauvaise odeur du choux quand c’était le moment de faire la choucroute ; ma peur incontrôlée des orvets et mon frère qui en remettait une louche, les doigts mordus par les lapins qui pensaient que c’était des carottes, les poules qui nous encerclaient pour avoir du grain… Y a pas à dire : la campagne, c’est chouette !
Meilleur souvenir : CAFE GRAND-MERE. Mon plus grand plaisir dans mon existence de petite fille était d’aller passer quelques jours de vacances chez ma grand-mère côté maman, dans une petite ville voisine de celle où j’habitais. Outre le repas du soir pris religieusement devant la télé pour ne pas rater un épisode de Santa Barbara, ce qui me plaisait le plus était les levers…à l’aube car ma grand-mère avait l’habitude de passer l’aspirateur dès 7h du matin, avant d’aller faire ses courses à l’Unico du coin pour ramener deux fois plus de denrées pour le p’tit déj qu’on ne pouvait en manger : croissants, ‘schnecks’, charcuterie, de quoi nourrir tout un bataillon mais surtout, il y avait les ‘petits soldats’. Les petits soldats étaient une trouvaille de ma grand-mère pour me faire manger mes tartines de miel sans que je ne risque de lâcher ma tartine en la mordant et qu’elle vienne se coller de mon front à mon menton en passant par les cheveux : elle coupait donc ma tartine en petits bouts (des petits soldats) que je mettais deux par deux et que j’organisais au fur et à mesure que j’en mangeais. Si, si, quand on a 5 ans c’est marrant. Le ventre plein, il fallait ensuite songer à le nettoyer. Pas de salle de bain dans le logement de ma grand-mère, juste un wc dans le couloir et l’évier de la cuisine. Chaque matin, c’était donc la même histoire : remplissage d’une bassine d’eau chaude puis transport jusque dans la salon où je pouvais me laver à l’abri des regards, en regardant les dessins animés hanna barbera à la télé (scoubidou, wallygator, capitaine caverne…). Aaaaah, quelle joie c’était d’entendre le générique de la famille pierrafeu pendant que grand-mère me faisait un shampooing aux œufs (qui donnait vraiment l’impression d’avoir 6 blancs d’œuf gluants dans sa tignasse) et de voir un épisode de satanas et diabolo en me prenant un coup de brosse sur la tête parce que j’avais eu le malheur de dire ‘aïe’ pendant que grand-mère me démêlait les cheveux. Que ne donnerais-je pour remonter le temps jusqu’à cette époque…..
Mes trois meilleurs souvenirs d’enfance écrits, j’hésite à présent à les mettre en ligne. Caprice de vieille jeune fille en quelque sorte, car, à lire ceci, vous allez vous rendre compte que finalement, 26 ans ça commence à faire vieux. ‘26’ n’est qu’un chiffre, il y en a des plus élevés, et la photo de moi que vous voyez en haut à droite vous donne de moi l’image d’une jeune donzelle à peine sortie de l’adolescence. Alors pourquoi faire en sorte que vous compreniez que j’ai déjà eu le temps de me fabriquer une tonne de souvenirs, que vous ouvriez les yeux pour voir que la demoiselle du blog va bientôt retourner pour la 23ème année de sa vie à l’école (dont 9 en enseignement supérieur, quelle horreur), que vous appreniez qu’elle a vécu au temps du téléphone à cadran avec cordon entortillé, des chaînes hifi lecteur cassettes/radio avec roulette et balances à faire soi-même/tourne-disque et des premières imprimantes qui mettaient une plombe juste pour imprimer une ligne, que vous sachiez qu’elle est à présent trop vieille pour apprécier la musique des jeunes et les émissions de télé réalité durant lesquelles personne ne doit découvrir des secrets aussi passionnants que ‘je suis bossu’, ‘j’ai un œil au milieu du front’ ou ‘je fais du body-building’, que vous vous rendiez compte que maintenant c’est elle qui prépare la mousse au chocolat et non plus sa môman et qu’elle mange des fruits sans y être forcée, juste parce que c’est bon pour la santé. Non, décidément, pourquoi le ferai-je? peut-être bien parce qu’avec l’âge, je deviens maso….
August 29 béné a 365 jours de plusFranchement, pourquoi faire tout un foin parce qu’en cette date apocalyptique du 29 août, où 26 ans plus tôt j’aurais mieux fait de rester là où j’étais, c’est mon anniversaire ? C’est vrai quoi, à bien y réfléchir c’est pas un événement si événementiel. naaan, stop, on oublie
On fait tous comme si le jour de son anniversaire on prenait un an d’un coup, ce qui entraîne toutes sortes de comportements, allant de la saoûlerie en groupe à la dépression seul sous la couette, alors qu’en fait non : on vieillit graduellement et le jour de son anniversaire, on n’a finalement qu’un jour de plus par rapport à la veille. (enfin bon, c’est un point de vue parmi d’autres : allez expliquer à cette tête de mule de sncf que je ne mérite pas d’être privée de tous les avantages tarifaires parce qu’en vrai je n’ai vieilli que d’un jour pendant la nuit). D’aucun dirait que je devrais profiter de ce jour pas comme les autres pour faire la fête et prendre 1kg de chaque côté des hanches à l’aide d’un bon gâteau à la crème au chocolat surmonté de crème chantilly, avec une cerise sur le dessus (quand il y a un fruit, on a tout de suite l’impression de manger plus sainement). Mais en réalité, ce jour est banalement comme les autres, voilà le drame, si ce n’est que l’on reçoit deux fois plus de mails à effacer car la redoute, les 3 suisses et tous les sites de vente par correspondance sur lesquels vous avez eu le malheur de cliquer depuis votre première connexion au net sont là pour vous souhaiter votre anniversaire et vous proposer des offres promotionnelles exceptionnelles. Et oui, il ne faut pas confondre ‘anniversaire’ et ‘nouvel an’ car là où le 1er janvier on prend des résolutions que l’on tiendra 3 jours (les 3 jours où l’on reste au lit avec une gueule de bois pour se remettre des 5 dindes aux marrons, des 12 bûches -crème au beurre, les plus lourdes-, du milliard de miniatures apéritives et des dix litres de champagne qu’on a ingurgités pendant la période des fêtes) pour pouvoir reprendre les mêmes l’année d’après, l’anniversaire ne nous oblige à rien.
Comme lorsque j’avais 25 ans, je suis une limace amorphe, sans énergie et sans ambition. Il est où, le progrès ? Comme lorsque j’avais 25 ans, je me prépare des repas prêts en 5mn à manger sans assiette (comprenez : les plats préparés de chez picard), je me goinfre de kinder, j’ai des boutons d’acné qui pointent régulièrement sur mon nez et j’ai encore mon nounours sur ma table de chevet. Elle est où la maturité ? Comme lorsque j’avais 25 ans, je vais à l’école, squatte dans l’appartement de mon Homme, n’ai pas un rond en poche là où d’autres sont mariés et parents avec un prêt immobilier sur les bras. Elle est où ma vie ? béné à 5, 10, 15, 20 et 26 ans. Elle n'a pas changé, vous ne trouvez pas?
Fêter son anniversaire, vous parlez d’un bouleversement…… Les plus optimistes parleront d’une journée emplie de cadeaux et d’amis qui vous téléphonent. Sauf que voilà, vous êtes sur le blog d’une expatriée de la lorraine qui se demande tous les jours ce qu’elle fout à Paris. Une expatriée que les anciens amis oublient peu à peu (loin des yeux….) et qui n’arrivent pas à s’en faire de nouveaux. Il faut dire qu’à Paris, pour avoir des amis, il faut avoir intégré le système scolaire très jeune, être resté confiné de longues heures avachi sur sa table à côté d’une autre créature peu réceptive à l’enthousiasme du prof de techno, de latin ou de maths pour que cela créée des liens ; liens qui peuvent éventuellement se durcir et perdurer une fois l’âge adulte atteint. Mais pour une fille fraîchement débarquée du TGV Est à 24 ans, qui est restée cloîtrée chez elle un an durant pour pondre un mémoire, se faire des amis est mission impossible. Des connaissances, oui oui, tout plein ; des gens que je vois une fois par an et qui se rappellent vaguement que mon prénom commence par un ‘b’. N’y a plus qu’à espérer que les longues heures que je vais passer cette année avachie sur ma table à côté d’autres créatures peu réceptives à l’enthousiasme des profs vont créer des liens.
Arrêtons de râler, va. Après tout, c’est pas si mal d’être née un 29 août. Je suis une des rares personnes à savoir où se met l’accent circonflexe de ‘août’, le fait que cela soit un vendredi-jour où les gens, sauf moi, travaillent- me permet de manger une flammenkueche d’anniversaire et de ne gêner personne avec mon haleine de phoque. Et puis ça me permet de savoir que malgré les vacances et la rentrée qui s’annonce, il y a encore quelques personnes qui pensent à moi et qui m’envoient des vidéos de strip-teaser en cadeau d’anniversaire (merci bydou !). C’est-y pas bien d’avoir un an de plus ????
June 30 béné, gérontophile (ouais enfin bon, sans exagérer non plus...)Dans cette société qui nous bassine, nous les filles, avec le fait que le prince charmant est forcément un jeune trou du cul de 25 ans aux dents blanches, au torse glabre, musclé et bronzé et au QI de bulot (j’en veux pour preuve la multitude de pubs cucul censées nous vanter les mérites de parfum pour hommes, nous mettant sous le nez un quasi ado tout nu au regard dédaigneux –j’avoue n’avoir jamais vraiment bien compris le rapport bonne odeur/fesses musclées sous-jacent dans ces pubs- ou encore les castings de jeunes acteurs qui nous exposent leurs performances dans les films que j’appellerais ‘de chair, de poils et de peau’), béné dit non ! C’est une apologie que vous allez lire, l’apologie des Hommes Mûrs !
Tout dans ce monde fonctionne par trois : la Terre, la Lune et le Soleil ; Barbie, Ken et le chien ; le pain, le vin, le saucisson ; le gamin, l’adolescent, l’homme mûr :
-le gamin : entre 0 et 15 ans. P’tit con se nourrissant de Yop, dont la seule occupation est de faire des caprices pour recevoir, dans l’ordre, un bonbon, des baskets nike, un téléphone portable dernier cri avec forfait illimité puis un scooter. -l’adolescent : entre 15 et 40 ans. Spécimen dont les trois uniques centres d’intérêt sont le sport, les jeux vidéos, les seins/fesses des jolies filles. -l’homme mûr : plus de 40 ans. Spécimen possédant du charme et pouvant tenir une conversation un tant soit peu intelligente en décollant ses yeux du match de foot à la télé. [ il existe cependant une catégorie parallèle : celle des plus de 40 ans qui n’ont pas réussi à passer au stade supérieur et qui sont bloqués chez les adolescents (une espèce de sélection naturelle en quelque sorte). Ces spécimens sont reconnaissables à plusieurs détails : 1) ils se teignent les cheveux pour ne pas qu’on s’aperçoive qu’ils ont 3 cheveux gris 2) ils ont un double-menton et un gros ventre flasque dû aux excès de bière bue entre potes au café devant un quelconque match de sport 3) ils parlent des filles en disant ‘les gonzesses’ et font des concours stupides (lequel couchera avec la fille la plus jeune, à la plus grosse poitrine et la plus écervelée ?) 4) ils essaient de faire djeun’s en copiant la mode des ados (et franchement, ils ne devraient pas). ]
tout marche par trois, même pour faire un festin: hot dog, chips et bière MIAAM!
L’Homme Mûr a plein d’avantages et très peu d’inconvénients : Les avantages physiques d’abord :
L’Homme Mûr a renoncé à toute activité sportive depuis qu’il a compris que malgré les 10 abdominaux qu’il faisait en suant tous les dimanches matins, le bidon de quinqua apparaît irrémédiablement et que jouer au foot lui fait mal aux genoux à présent. Ainsi, il paresse au lit avec nous le dimanche et l’on peut se lover dans son agréable airbag ventral moelleux et chaud au lieu de le voir partir faire un tennis, énervé parce qu’on ne veut pas venir jouer à la baballe avec lui. L’Homme Mûr commence à avoir la vue qui baisse et doit se résoudre à porter des lunettes. L’Homme Mûr grisonne. C’est donc un homme d’une classe folle avec ses cheveux poivre et sel (au milieu de ces blondinets fades et de ces bruns quelconques) et ses lunettes d’intello (là où les jeunots on seulement l’air de malades en réanimation, avec tous leurs fils d’écouteurs de i-pod et d’oreillette de téléphone portable leur dégoulinant le long du corps) que l’on a à son bras. Et malgré ses lunettes, on se plait à croire que notre Homme Mûr ne voit plus nos petits défauts... L’Homme Mûr ne s’intéresse plus à la mode actuelle, qui ne met pas spécialement en valeur à tous les coups. Ainsi, il ne tente même pas le pantalon ‘sac de pomme de terre’ imprimé militaire. Il sait aussi que ‘chaussures’ n’est pas le synonyme de ‘baskets crados, anciennement blanches’. Sa culture de la langue française aidant, l’Homme Mûr a compris que ‘sous-vêtement’ signifie ‘sous les vêtements’ et pas ‘à la vue de tous, à cause de mon pantalon blanc flashy qui me tombe sur les chevilles’. Bref, l’Homme Mûr a compris que le classique pantalon avec ceinture et chemise repassée lui assurait une élégance distinguée sans en faire trop et laisse planer le mystère que nous, les filles, avons ensuite le plaisir d’essayer de résoudre : slip ou caleçon ?
Les avantages 'moraux' ensuite :
L’Homme Mûr a fini ses études depuis des décennies. Nous n’avons donc pas à subir ses longues tirades sur ‘tel prof est un con’, ‘putain j’y comprends rien en maths’ ou ‘m’énerve pas, j’ai un partiel demain matin’. D’autres tirades, tout aussi ennuyeuses, les ont remplacées. Mais quand on a déjà plein d’amis, n’ayant pas encore pu s’enfuir de la Noble Institution Scolaire, qui vous racontent en long et en large leurs démêlés avec les bourreaux/profs de l’éducation nationale et leur vie gâchée par les milliards de devoirs qu’ils ont à rendre pour avant-hier, ca fait du bien de changer un peu de disque, non ? L’Homme Mûr est un être réfléchi. Il a même lu plein de livres célèbres et très ennuyeux (des classiques, comme on les appelle) sans y être forcé ! De ces lectures, il a appris plein de choses intéressantes et a pu développer sa capacité à penser avec autre chose qu’avec popaul. Les conversations avec lui sont un vrai bonheur : quelle joie d’enrichir sa culture G en faisant des bisous à son chéri-chéri ! Et c’est tellement surprenant de l’entendre prononcer des phrases hautement philosophiques telles que ‘le peignoir de bain est le reflet de la société civilisée’ (commentez cette noble citation. Vous avez 4h. Coefficient 7). C’est pas un p’tit jeune qui l’aurait pondue celle-là, hein ?! L’Homme Mûr est patient, contrairement aux ados d’aujourd’hui, zappeurs de choc, qui ont grandi avec une télécommande en guise de hochet et dont la devise est ‘tout, tout de suite, sinon je fais un malheur’. Il a donc appris à patienter longuement devant la porte de la salle de bains car il sait que des commentaires désobligeants du genre ‘magne-toi le cul, mes potes nous attendent’ n’auraient pour conséquence que de nous faire rater notre trait d’eye-liner (et avoir un œil de chatte et un œil crevé, ce n’est sexy pour personne). Pour y être passé avant nous, l’Homme Mûr sait qu’il y a des phases dans la vie : la phase où on saute sur le lit avec ses chaussures, la phase où on sait se tenir mais où on n’a pas le réflexe de nettoyer tant que la salle de bains ne ressemble pas à un marécage, etc…, pour finir par la phase je suis un adulte responsable : de ce fait, mon Homme Mûr ne râle même pas quand l’éponge est incrustée de miettes que j’ai eues la flemme de rincer ou quand, pour la cinquième fois d’affilée j’oublie de descendre la poubelle en sortant. Il prend juste son mal en patience le temps que j’atteigne la phase adéquate… L’Homme Mûr est expérimenté. Et pas que dans le domaine auquel vous pensez, bande de petits pervers … mais quand-même! L’Homme Mûr ayant dû, un jour, se résigner à quitter sa maman pour vivre sa vie, il a eu tout le loisir de connaître avec une autre les joies et (surtout les embûches) de la vie à deux. Quand vient notre tour, il sait à la perfection éviter, et nous faire éviter, les pièges de la vie de couple qui aboutissent au trio infernal engueulade-bouderie-ravalement de sa fierté pour réconciliation. L’Homme Mûr a pu également vivre seul et s‘est donc vu dans l’obligation de faire ami-ami avec madame la machine à laver, monsieur le fer à repasser et mademoiselle la casserole. Il en résulte une vie quotidienne fort agréable avec l’Homme Mûr, où il m’arrive de poser les pieds sous la table pour déguster un bon repas, où les slips sales et les chaussettes nauséabondes ne s’entassent pas sur les t-shirt sentant la transpiration et les pantalons tachés jusqu’à ce que JE décide de faire une lessive et où la corvée de repasser les chemises ne revient pas toujours à la même. L’Homme Mûr est espiègle. L’Homme Mûr a beau être mûr, il n’en reste pas moins un grand enfant qui aime jouer et taquiner. Son répondant, acquis au fil des ans, lui permet de nous répondre joyeusement ‘je prépare un cassoulet’ quand on lui demande ‘tu fais quoi ?’, le voyant debout devant son tiroir à chaussettes.
Les rares inconvénients de l’Homme Mûr, enfin :
Les cheveux qui tombent, les rides au coin des yeux, le premier cheveux blanc, le bidon qui pointe, tous ces petits détails que je nommerai ‘signes extérieurs de mûrissement’ et que je trouve très mignons, l’Homme Mûr les voit d’un très mauvais œil car, selon lui, ce sont plutôt des ‘signes extérieurs de déchéance’. Certains spécimens n’hésitent donc pas à se regarder de longues heures sous tous les angles dans les miroirs de la maison pour contempler avec horreur ces preuves de la vieillesse qui s’installe. D’autres, moins forts psychologiquement, peuvent avoir des passages à vide où il errent dans les couloirs en criant ‘je suis vieuuuuuuuuuuuuuuuuuux et je sens le papy!!!’. Et tous, je dis bien tous, ont tendance à parler d’eux comme s’ils allaient fêter leur bicentenaire la semaine prochaine. Je rappelle les chiffres : monsieur n’a que 45/50 ans. Le corps est une machine dont les rouages finissent par se gripper. Ainsi, l’Homme Mûr a mal au dos, ses articulations le font souffrir, son taux de cholestérol est au plafond, son audition baisse…du moins, selon ses propos. Car dans les faits, rien de cela : l’Homme Mûr porte sans broncher les sacs remplis de provisions, déplace à lui tout seul les armoires, grimpe sans difficulté sous le lit pour récupérer la valise, entend parfaitement quand on l’appelle pour manger, etc… L’Homme Mûr qui nous intéresse n’est pas marié ; ça non ; loin de nous l’idée de briser un ménage. Mais l’Homme Mûr est peut-être divorcé et a peut-être, ô cataclysme des catastrophes, des enfants. Dans ce cas de figure, si, comme moi, vous avez un instinct maternelle inexistant –encore moins pour un mouflet qui n’est même pas le vôtre- il faut croiser les doigts pour que 1) l’enfant soit en fait un ado qui ne pense qu’à son indépendance 2) l’enfant vive avec sa mère en Amérique latine.
Faisons nos comptes : 8 avantages majeurs (et encore, j'en ai passés!), 3 inconvénients mineurs. Moi je dis : y a pas photo. Et même si pour vous, une jeune fille en fleurs avec un monsieur grisonnant forment un couple aussi improbable que l’est un slow en allemand, je n’en démordrai pas ! May 10 le tourbillon de la vie, version bénéQuestion pour un couillon : Pas d’indice pour vous, à la maison.
TOP « Née en 1982, je suis une jeune lorraine expatriée à Paris; blanche comme un cul et coiffée comme une queue de vache, je me distingue par mes nombreux boutons dus à mes excès de nutella ; la geignardise n’a aucun secret pour moi et j’ai toujours l’impression que le monde tourne en rond, je suis…je suis… »
Mais oui, je suis béné bien sûr, qui comme tous les ans, se plaint du soleil et de la chaleur retrouvés alors qu’il n’y pas une semaine elle gémissait en voyant le temps gris, froid et maussade. C’est en me rendant compte de cela que j’ai pris conscience du caractère cyclique de l’existence.
'Le tourbillon de la vie' version béné
De grands penseurs nous ont pondu que la vie est un éternel recommencement. Comme le brossage de dents ou le coupage des ongles des doigts de pieds. A y regarder de plus près, ce n’est pas faux : En tant que ‘étudiante à rallonge’, les périodes de stress pré-rentrée précèdent inlassablement les périodes de stress pré-examen qui rythment ma vie. Et à la joie d’avoir réussi mon année succède la peur de l’année d’après (forcément plus difficile !) En tant que ‘lorraine et fière de l’être’, je me suis battue pour imposer la quiche sous le toit de mon Homme, un sicilien ayant des spaghetti qui coulent dans ses veines…mais le voilà à présent parti en croisade contre la flammenküche, plat de mes confrères alsaciens. Tout est à refaire…
On descend d’un métro pour en prendre un autre, les culottes neuves finissent par se trouer et laissent la place à d’autres culottes neuves, les poils repoussent et il faut de nouveau empoigner l’épilateur, on bronze on pèle et on doit retourner au soleil…Oui, la vie est vraiment un éternel recommencement
Quoique…
Tout ne recommence pas aussi facilement. Sinon pourquoi vanterait-on à la télé les mérites de toutes ces crèmes censées stimuler le renouvellement cellulaire ? apparemment mesdemoiselles les cellules ont du mal à se relayer pour que la jeunesse recommence encore et encore…et d’ores et déjà, je sais qu’il ne faudra pas compter sur elles pour éviter de devenir fripée comme un vieux citron. La vie des cellules épidermiques n’est pas la vie des êtres humains. Dur.
Et toutes les filles ont déjà connu cette douloureuse expérience : la vie est belle, chéri-chéri est à nos côtés, les petits oiseaux chantent…et là, c’est le drame : môssieur nous largue pour une blondasse à forte poitrine, maquillée comme une voiture volée. La logique voudrait que si on a déjà su attraper un spécimen mâle, recommencer ne devrait pas poser de problème. Sauf que la logique est nulle, car seuls les râteaux recommencent ! Des heures passées à arpenter les trottoirs du centre-ville en compagnie de sa meilleure amie, tentant d’imiter la démarche dédaigneuse de Gisele Bündchen sur un podium (vainement, il faut dire puisque chez une fille normalement constituée, le rapprochement se ferait plutôt avec donald duck) et se mordant les joues pour avoir une bouche en cul de poule (théoriquement plus glamour qu’un large sourire béat). Tout ça pour être totalement ignorée par tous les individus du sexe opposé (même les moches, ô monde cruel !) et rentrer se barricader dans sa chambre de jeune fille mordre un oreiller pour ne pas hurler sa rage et son désespoir au monde entier (du moins, à ses parents qui sont dans la pièce à côté…)
Ceci dit…
Pour ma part, il y a quelques premières fois que je suis bien contente de ne pas avoir à revivre.
Maintenant que je sais le faire, lire et écrire me semblent être deux activités tellement simples et tellement compliquées à la fois que je suis horrifiée à l’idée de toutes ces heures d’intense concentration que j’ai dû passé à écrire, penchée sur ma feuille, langue pendante, des lignes et des lignes de mon prénom. Pour preuve : j’en ai tellement bavé que mon inconscient à décidé de me faire oublier tout ça (trop de pression sur mes frêles épaules).
Mes rentrées à l’école aussi. Nouveaux lieux, nouvelle classe, nouveaux abrutis à supporter. Après toutes ces années, il va de soi que je ne fais pas une bonne première impression. Une fille qui arrive, habillée à la mode de 10 ans en arrière (parce que vêtements choisis par maman), riant bêtement à tout ce qui se dit (parce que volonté de s’intégrer à un groupe), et ne racontant rien d’intéressant (parce que timidité pathologique de surcroît), il est évident qu’elle va se faire jeter des pierres toute l’année !
La première fois avec mon premier vrai chéri-chéri n’était pas glorieuse non plus. Laborieux résumerait bien la situation. Vous me direz, la deuxième fois n’était pas exceptionnelle non plus mais les choses sont ainsi faites que dans notre société, on se concentre sur la première fois. 8 ans et des brouettes plus tard, le chéri a changé et les performances aussi. Franchement, qui voudrait faire machine arrière ?
Pour résumer, la vie c’est comme un rouleau de papier toilette avec grilles de sudoku imprimées (si si, ça existe): elle se déroule inlassablement, une feuille succédant à une autre feuille … mais une feuille n’est jamais totalement la même que les autres !
April 06 béné, pourfendeuse de mythes (sous-titré: être une fille, c'est nul)Sachez le, messieurs : non, les filles ne sont pas des petites princesses ingénues qui passent leur temps à se limer les ongles des pieds sur leur lit en papotant au téléphone avec leur meilleure copine sur des sujets aussi futiles que la difficulté de se trouver un homme ayant le permis et une voiture, la dernière collection de culottes en dentelle de chez H&M ou la nouvelle coupe de cheveux de Britney Spears. Les filles, en vrai, ça bosse dur pour vous plaire ! Alors un peu de respect siou plaît !
C’est en prenant ma douche, à poil et pleine de mousse, sifflotant à tue-tête le tube inter-planétaire de Rika Zaraï ‘sans chemise sans pantalon’, qu’une vérité s’est imposée à moi : être une fille, c’est nul ! En effet, plutôt que ‘à poil’, je devrais dire ‘à poilS’ puisque, pour la milliardième fois depuis que j’ai empoigné mon premier rasoir ‘gillette pour elle’, je venais de constater que j’avais de nouveau les mêmes jambes qu’un ‘big foot’ mâle. Oui, béné met le doigt là où ça fait mal et le clame haut et fort : la pilosité féminine, voilà le drame de toutes les filles ! Nul homme (hétéro, pour le moins), ne connaîtra jamais ces longues réflexions sur « quel est le meilleur moyen de s’épiler ? ». J’en veux pour preuve le nombre de forums consacrés à cette question cruciale sur le net. Autant de méthodes différentes pour autant de déceptions à la fin. Le rasoir, si facile d’utilisation, qui vous fait repousser le poil plus dru et plus rapidement à chaque fois, au point qu’au final sa place la plus adaptée vous semble être dans votre gobelet de « rinçage de gosier », à côté de votre brosse à dents : rasage matin, midi et soir, non merci ! L’épilation poil par poil à la pince à épiler qui suppose d’avoir beaucoup de temps libre : une année sabbatique pour vaincre le poil, non merci ! La crème dépilatoire et son inimitable odeur de chimique, qui bizarrement vous enlève des poils à certains endroits et vous en laisse à d’autres, si bien que de loin vous finissez par ressembler à un dalmatien : des formes tribales en fourrure sur les jambes, non merci ! L’épilateur électrique, tellement discret que même la mamie du 12ème étage avec 2 d’audition à chaque oreille vous entend et qui fait passer un arrachage de dent sans anesthésie pour une douce caresse : partager un moment d’intimité avec tous les locataires de l’immeuble, non merci ! L’épilation à la cire en institut, qui vous coûte les poils des jambes…et la peau du cul : mon steack quotidien pour des jambes imberbes, non merci ! Et tout ceci pour pouvoir présenter des jambes toutes douces, des aisselles parfaites et un maillot impeccable à des yétis qui piquent, doublés fourrure dans le dos et qui ont des cheveux qui pendouillent des dessous de bras !
atchic atchic AIE AIE AIE!!!
Les mâles justement, voilà le deuxième fléau de la gente féminine. La Femme est vraiment une sainte pour supporter l’Homme, ce grand enfant qui ne sait pas ranger ses affaires et ne sait que demander « qu’est-ce qu’on mange ? » mais qui se croit pourtant Le Meilleur parce qu’il arrive à ouvrir du premier coup un bocal de cornichons. Quel extraordinaire self-control digne d’un moine shaolin nous avons, nous autres, pour ne pas mutiler notre compagnon quand il nous répond « t’as qu’à te regarder dans un miroir » au moment où on lui avoue qu’on aimerait adopter un animal. Vous me direz, un animal est-il vraiment nécessaire quand on a déjà une sale bête à la maison, qui souffle comme un buffle dans votre cou la nuit, tache tous ses vêtements comme un cochon et a l’air d’un ours bourru tous les matins ?
béné, voulez-vous prendre pour époux ce charmant jeune homme jusqu'à ce que mort s'ensuive?
Dernier soucis pour nous les filles : on doit toujours être bèèèèèèèèèlles. C’est-y pas fatigant à la longue de se scruter le museau pour y déceler le moindre point noir qu’on extermine sans pitié, de vérifier l’évolution de sa peau d’orange en criant de rage et de désespoir un gant de crin à la main, de manger quotidiennement sa vache qui rit pour avoir sa ration de calcium et donc de belles dents (nan, là j’exagère…), de tergiverser des heures durant sur ‘mets-je mon jeans moulant taille 36 avec lequel je ne peux pas m’asseoir ou mon pantalon « sac de pomme de terre » taille 38 ?’, de subir le stress de la pesée mensuelle, … ??? Car oui, non seulement il faut être belle mais surtout, il faut être fine. Mince, mais pas maigre. Difficile de faire la distinction quand on voit les sacs d’os sur lesquels ces messieurs fantasment… Tout ça pour arriver à la pire des frustrations qui nous afflige : on ne peut pas manger de chocolat autant qu’on veut, sans la crainte de se retrouver avec de la couenne sur les cuisses, du gras de bidon et le double-menton de balladur. Ca ça fait mal. Adieu les tartines baguette-beurre-nutella-rondelles de banane de ma jeunesse. Le plus énervant là-dedans, c’est que messieurs les mâles ne remarquent aucun de ces efforts, comme si nous avions naturellement une taille de guêpe et une peau de bébé, mais sont les premiers à critiquer quand l’effort n’a pas été fait ou est en cours : sont donc taxées de laidrons toutes miss dépassant le 36 en pantalon, portant un appareil dentaire ‘pour avoir de belles dents plus tard’, cherchant son style capillo-vestimentaire ou étant atteinte du syndrome ‘acné juvénile’. Plaire à un mec ? Autant chercher une bonne odeur dans le métro parisien !
Résumons : il faut s’enlever le poil de manière à ce que le mâle n’ait pas l’impression de caresser les jambes d’un congénère, il faut supporter le mâle et ses petites lubies, il faut se faire belle pour le plaisir des yeux du mâle. C’est à se demander si ça ne serait pas plus reposant de cohabiter avec une guenon.
March 09 un coup de pied au cul pour bénéProcrastination, quand tu me tiens… C’est un fait, l’esprit d’initiative, c’est pas pour moi. Je suis la plus grosse flemmarde que je connaisse. Je m’étonne qu’il n’y ait pas noté sur mon T-Shirt favori « Ne fais pas demain ce que tu peux faire après-demain ». Je me donnerais bien des baffes si ça ne demandait pas tant d’efforts.
Chaque jour je fais un peu plus rien, je culpabilise, alors je vais me coucher pour oublier mon malheur d’être moi. Et là, dans mon lit, moelleusement lovée au chaud sous la couette telle une patate vapeur sous son lit de raclette fondue, je rêve que je suis une working-girl de choc qui assure et fait tout en temps et en heure (voire même en avance, quand elle est en forme).
rrrrôôôôÔÔÔÔNNNnnnffflllll
Pour ma défense, ça ne date pas d’hier tout ça. Dès mon plus jeune âge, on sentait bien qu’il y avait baleine sous gravillon. Je suis atteinte d’une procrastination précoce qui s’est déclarée 3 jours après ma première rentrée des classes, en maternelle. A l’excitation de rentrer de plein pied dans le monde des ‘grands qui vont à l’école’ a succédé la période « naan, je veux pas me lever pour aller à l’école, encore 5mn de gros dodo s’il te plaît môman… » (période qui se poursuit encore, 23 ans plus tard…) Ma grand-mère avait beau me répéter que ‘le travail acharné paie toujours un jour’, la fillette réfléchie que j’étais à l’époque avait déjà compris que ‘certes, n’empêche que la récompense de la paresse se fait nettement moins attendre’.
Forcément, ce genre de mentalité entraîne des conséquences, physiques surtout. Où pourrais-je trouver en moi la motivation pour me tenir droite ? trop difficile, ça. Alors, je m’affaisse, je m’affaisse. Quand ma scoliose aura atteint les 360°, j’aurai tout gagné. Promis, demain je me tiens droite comme un ‘i’ … ou la semaine prochaine … ou dans 6 mois, le temps que j’apprenne les techniques de respiration des femmes enceintes prêtes à pondre, histoire de pouvoir supporter la douleur de ma colonne vertébrale remise en place…
et un balai où je pense pour béné, un !
Bon, en même temps, la procrastination peut nous éviter plein d’emmerdes, quand elle ne nous en apporte pas. Prenons un exemple au hasard : moi. Sortir du lit me prend un an, m’habiller me prend un siècle et sortir dans la rue me prend une éternité. Quand il faut la matinée pour se préparer psychologiquement au fait que ‘si, c’est comme ça, on peut pas y couper, c’est vital : y a plus de pain pour midi, faut aller en chercher’ ; Quand il faut 20mn pour se décider à mettre ses baskets (qu’on ne s’est pas encore décidé à nettoyer au bout de un an et demi) et que le premier pas à l’extérieur de son nid douillet est une souffrance ; Si vos cheveux sont si longs et en bataille que tous vos voisins vous appellent 'L'homme des cavernes' quand vous descendez votre poubelle (une fois par semaine, le dimanche soir, à minuit); Si vous avez régulièrement de fortes sudations au niveau des aisselles et une tachycardie persistante parce que, encore une fois, vous avez dépassé les délais pour rendre tel ou tel papelard à l'administration française; Quand toutes vos culottes ont été achetées par correspondance dans les Aubaines de la Redoute parce que vous avez tellement traîné pour aller faire les soldes que celles-ci sont déjà terminées et que vous avez encore les fesses à l'air; Et bien c’est que, comme moi, votre vie sociale est inexistante et que les seuls visages familiers que vous reconnaissez sont ceux de Chandler, Rachel, Carrie, Samantha et Dr Mamour sur votre écran de télé. C’est pas si mal d’un côté : évidemment, vous passez à côté d’une poignée de personnes intéressantes … mais vous évitez une grosse pelletée de cons aussi ! Quelle agréable sensation que de ne pas connaître assez de monde pour que quelqu’un me déteste !
une autre manière d'être en contact avec le monde...
Et pourquoi ferais-je des efforts ? Qui peut me certifier qu’une chose faite à l’avance pour l'école est forcément meilleure qu’une chose faite à la dernière minute ? Pour ma part, quelque soit le moment, la chose sera traitée de la même manière à savoir par dessus la jambe si c’est chiant, avec sérieux et application si c’est intéressant. Que ce soit 2 mois à l’avance ou à minuit la veille n’y change rien. Et 2 mois à l’avance implique moultes relectures, qui vous font douter de la clarté de la chose, vous poussent à réécrire certaines parties pour finalement vous retrouver avec un texte incohérent et un prof qui vous explique en long et en large pourquoi votre prose montre à quel point vous n’êtes pas logique là-haut dans votre p’tite tête.
pas bon pour mon système cardio-vasculaire, ça...
Il n’y a que ceux qui ne foutent rien qui ne se trompent pas. Personnellement, je ne me trompe jamais. La procrastination, ça a de bons côtés finalement
March 03 En pensant à la lorraine (pas avec mes sabots....)AAAAARRRRGGGHHH !!!!! Pétage de plomb en direct de la part de Béné. Y en a marre de Paris avec ses rues grises, son bruit permanent, son odeur de pipi, ses clodos qui essaient de tripoter et ses ersatz de quiche lorraine. Paris, plaisir des sens ? MON ŒIL !!! Allez, tous en chœur avec moi : Paris c’est tout pourri !!!
Après avoir passé l’après-midi d'hier dans une salle obscure de cinéma à regarder ‘Bienvenu chez les Ch’tis’ (que je conseille vivement d’aller voir !), je suis arrivée à cette conclusion : le régionalisme, c’est beau !
Mais une séquence émotion en remplaçant une autre, j’ai fini l’après-midi dans une dépression avancée. Et oui, après m’être extasiée sur les particularités régionales de la France, une vérité s’est imposée à moi, moi jeune fille coincée au royaume des parigots : la Lorraine me manque, son climat polaire et sa quiche en premier. Plus encore, c’est la Moselle qui me manque, la Moselle et son parler franco-allemand inimitable qui me fait passer pour une cruche dès que je m’exprime dans un autre coin de la France… Soupir.
La peur a fini par m’étreindre : à force d’entendre parler le parigot tout autour de moi, de cette voix traînante et nasillarde, ne risque-je pas de perdre ma belle identité linguistique ?? Crainte et stress mêlés. Alors pour contrer l’adversité, j’ai décidé de me faire un lexique mosellan, en grappillant dans mon entourage ces expressions si chères à mon cœur. Et c’est une linguiste qui vous parle, autant dire que ces expressions sont scientifiquement prouvées (par moi-même).
non béné, panique pas: paris n'aura pas ta peau!
Bref, voici venu le temps du test. En d’autres termes :
Mosellan ou pas ????
Si tu es fier de tes 2 jours fériés de plus que le reste de la France... Si pour toi aussi les cours de religion étaient obligatoires au primaire... Si tu dis de quelqu’un qu'il a du 'schpeck'... Si tu mets des déterminants devant les prénoms des gens... Si tu 'spritzes' du lave-vitre pour laver tes carreaux ou du liquide lave-glace pour ton pare-brise... Si tu sais ce que sont une 'rackia' et un 'racklo'... Si au moins un de tes amis s'appelle Muller ou Schmidt... Si pour toi le Luxembourg ou l'Allemagne c'est pas l'étranger parce que tu y vas toutes les semaines... Si tu as déjà mangé des 'knepp'... Si tu ne comprends pas pourquoi on te reproche de dire 'ui' et pas 'oui'... Si tu fermes la lumière... Si tu fais un 'flot' avec tes lacets ou sur les paquets cadeaux... Si tu 'clanches' ta porte... Si la seule piste de ski indoor de France est dans ton département... Si tu as un 'katz' et pas un chat... Si tu dis 'oyo’ quand tu es surpris ou déçu... Si tu demandes aux gens si vi ‘geht's?'... Si tu dis 'besch nexte mol'... (bon d'accord ça vous êtes pas tous obligés de connaître) Si tu prends tes outils dans le 'stahl'... (et ça c'est pas obligatoire non plus mais quand même c’est mieux de le dire) Si toi aussi tu manges 'entre midi' et pas 'entre midi et 14h'... Si tu aimes manger des 'spritz'... Si tu prends un 'steak' et pas un morceau... Si tu mets un 'stampel' et pas un tampon... Si tu dis que quelqu'un est tout 'klatz' et pas qu'il est chauve... Si tu es 'getz' et pas content... Si tu demandes à quelqu’un de sortir en disant 'raus !!'... Si tu manges des 'schneck' et pas des 'escargots aux raisins'... MAIS si pour toi UN 'schneck' et UNE 'schneck' c'est pas du tout pareil !! Si tu bois un 'baron' et pas une pinte... Si tu fumes des 'schmers' et pas des 'clopes'... Si tu ne dis pas vite mais 'schnell!'... Si tu fais de la 'boulibatsch' et pas de la gadoue... Si tu prononces le T de 'vingt' parce que le 'vin' ça se boit c'est pas un nombre!... Si tu 'ratches' avec tes potes... Si tu as déjà dit qu'une personne est une 'quetsche'... Si le Saint Nicolas venait dans ta salle de classe au primaire... Si tu as de la 'schnudel' qui coule du nez... Si tu avais peur du père fouettard... Si pour toi les allemands sont des 'spunz'... Si quand ça pue tu dis que ça ‘schlingue'... Si un sale jeune est un 'raoudi'... Si tu dis que tu 'fais bleu' et pas que 'tu sèches les cours'... Si tu dis 'comment qu'c'est?' et pas 'comment tu vas?'... Si tu ne dis pas 'moineau' mais 'spatz'... Si tu bois du 'schnaps' et pas de 'l'eau de vie'... Si tu sais ce que veut dire 'narreux'... Si tu connais 'la reine de la Mirabelle' et 'les Fraises de Woippy'... Si tu sais ce qu'est le Platt... Si tu bois un 'shlouk'... Si tu demandes aux gens de fermer leur 'schness' ... Si étant petit tu devais mettre tes 'schlapp' pour ne pas salir tes chaussettes... Si tu as déjà mangé des sandwich chez 'Steinhoff'... Si pour toi il commence à faire chaud à partir de 15°C... Si tu as déjà allumé ton chauffage au mois de mai... Si tu mets une ‘mutz’ sur ta tête quand tu sors et qu’il fait froid… Si pour toi, un clafoutis est forcément à la mirabelle… Si tu mets un ‘klotz’ de bois dans ta cheminée… Si tu ‘klötz’ chez tes voisins et que tu ne les espionnes pas… Si quand tu tombes, le premier mot qui sort est ‘scheiss !!’… Si pour toi la principale qualité d’une armoire normande est qu’elle est ‘stabil’… Si quand tu apprécies un plat tu dis qu’il te ‘schmeckt gut’… Si tu ‘keutz’ quand tu as une gastro… Si tu enlèves ton ‘schmalz’ avec un coton-tige… Si, petit, tu mangeais des ‘schneggereien’ en cachette de tes parents… Si tu as la tête dure et qu’on te traite de ‘klotzkopf’… Si tu cries ‘autch’ quand tu te pinces le doigt… Si tu demandes un ‘cornet’ à la caissière… Si le ‘Walibi Schtroumpf’ fait ta fierté… Si tu habites dans un endroit qui termine en ‘ange’ ou en ‘ville’… Si tu rajoutes des ‘tout’ tout partout dans tes phrases… Si au lieu de dire ‘le truc’, tu dis ‘le schmutz’… Si quand tu vois quelque chose de sale tu dis que c’est ‘tout schmiré’… Si tu fais la ‘chouille’ le samedi soir… S’il n’y a pas que les genoux qui peuvent être ‘câgneux’… Si tu manges de la ‘wurst’ et pas de la saucisse… Si tu ‘knatch’ ton chewing-gum… Si tu ne conçois pas ta salade sans melfor… Si pour toi du désordre, c’est du ‘caillon’… Si quand tu es énervé tu fous des ‘beignes’ et des ‘torgnoles’ à tout le monde… Si ta confiture est à la ‘brimbelle’ et pas à la myrtille… Si tu ‘beûgnes’ les objets au lieu de les ‘abîmer’… Si une rousse est forcément ‘käsig’… Si ton insulte favorite est ‘ashloch’… Si quand tu arrives quelque part, tu demandes ‘was passiert ?’… Si ce sont des ‘kartoffeln’ qui te servent à faire des frittes… Si au lieu de ‘Mon Dieu’, tu dis ‘Jesus Gott !!’ Si quand tu quittes tes amis tu leur dis ‘Tchüss’ Et si pour toi les ‘parigots’ seront toujours des ‘têtes de veau’…
ALORS TU VIENS DE CE MERVEILLEUX DEPARTEMENT QU’ON APPELLE
« LA MOSELLE »
Moi j'ai dis 'ui' à toutes les questions; et vous?
Moselle, mon Amour....
February 25 là où béné passe, les illusions trépassentO monde cruel, pourquoi donc es-tu empli d’illusions ??
Et voilà, béné si fière au début de l’année de vous annoncer qu’elle était devenue une femme respectable et responsable a de nouveau subi une désillusion. Et oui, il n’en était rien : telle une mauvaise grippe, mon état mature n’a duré qu’un temps et me revoilà comme je l’ai toujours été (pathétique et infantile)
J’ai ouvert les yeux samedi soir. Un moment où les fêtards font la fête, les étudiants fayots leurs devoirs et les amoureux des galipettes. Moi je ne faisais rien de ça. Moi je faisais des tests idiots sur internet…pour finalement découvrir que mon âge biologique est de 24,6 ans alors que j’en ai 25,6 !! Preuve flagrante que le temps et l’âge adulte n’ont pas de prise sur moi. Je reste bloquée en phase de transition : adieu couches et biberons, à très bientôt déclarations d’impôts et ménopause. Mais pour l’instant, où suis-je ? qui suis-je ? que fais-je ? Le paradoxe est total chez moi. La ‘fille coupée en deux’ s’appelle béné.
Où suis-je ? Dans une grande ville de France. Mieux que ça : dans la capitale de la France, symbole de la réussite. De quoi m’emplir de fierté … si je ne me débrouillais pas comme une gourde dans cette grande ville. « Ne jamais sortir sans son plan de paris », telle est la devise de béné. Je m’agrippe à ce petit carnet bleu comme autrefois je cramponnais la main de ma maman pour traverser la rue. Où suis-je encore ? Dans l’appartement de mon Homme décoré avec classe et sobriété (l’appartement, pas mon Homme). Mon Homme qui tente par tous les moyens de cacher les preuves de mon irrémédiable puérilité (nounours en peluche, album photos snoopy, bandes dessinées…)
même chose pour moi siou plaît...mais sans le parachute...
Qui suis-je ? une pas-encore-diplômée-d’interprétation-en-langue-des-Signes à qui on propose déjà du travail. Une étudiante qui a déjà donné un cours à la fac. Miroir, mon beau miroir, dis-moi où est ma place dans la société ??!!
Que fais-je ? je mange des big mac, symbole de la JNI (Jeunesse Nutritionnellement Immature). J’ai passé mon samedi après-midi à me goinfrer de crêpes ; pas des crêpes niveau ‘maman qui assure pour ses enfants’ mais des crêpes niveau ‘béné’ (c’est-à-dire carrées avec des trous et 2,5 cm d’épaisseur…). Je joue au flipper sur l’ordinateur parce que je n’ai rien d’intelligent à faire et de temps en temps, quand l’envie m’en prend, je fais mes devoirs, comme quand je devais apprendre une poésie ou faire une dissertation de philo pour l’école.
cogitation intellectuelle versus remplissage de panse...j'hésite
Comment se fait-il qu’une fille comme moi, qui n’a pas encore le réflexe de se retourner quand elle entend ‘madame !!’ derrière son dos ait le droit de vote et une carte bleue ?!! Où va le monde ???
C’est donc le cri de désespoir d’une fille qui prend le temps à rebrousse-poil que vous venez de lire. Allez, 3 bonnes cuillérées à soupe de nutella pour la grande fille de 25 ans –la grande fille qui est en vacances scolaires- et tout ira mieux !
coooool béné! January 13 béné devient une grande personnePour mon premier billet de l’année 2008, outre le sempiternel « Bonne annéééée ! » que je me dois de souhaiter à mes 2 fidèles lecteurs, j’aurais pu commencer par une petite liste de résolutions à prendre, du style : 1) cette année, je cours le marathon ; 2) cette année, j ‘applique les conseils que ma mère et mes mamies m’ont rabâchés depuis ma plus tendre enfance, à savoir ‘ferme ton manteau et met ton bonnet sinon tu vas prendre froid !’ ; 3) cette année, je remplace les cookies au chocolat par des fruits bio ; 4) cette année, j’apprends à descendre la poubelle sans que le sac ne s’ouvre en plein dans l’escalier ; 5) cette année, j’achète des nuisettes sexy et pas des pyjamas en pilou avec des motifs de petits chiens ; 6), cette année, j’arrête de fumer (oui je sais, je ne fume pas mais comme ça je suis sure de respecter au moins une des résolutions…)
Mais tout ceci n’est pas le plus important en ce moment car j’ai une grande nouvelle à annoncer au monde entier et qui risque de perturber mes plus grands fans ; j’avais les preuves sous les yeux et je n’ai rien vu. Jusqu’à ce jour je vivais dans l’ignorance mais aujourd’hui c’est terminé. Voilà : à 25 ans, 4 mois et 15 jours, béné a pris son élan et a plongé dans le monde mystérieux des adultes !
Quelles sont ces preuves ? Pas de panique, les voici :
Ca y est, c’est fait : béné a acheté ses deux premiers vrais meubles, c’est-à-dire pas une lampe en papier ou une bibliothèque modèle ‘4 bâtons et 3 planches’ de chez ikéa mais un bureau et un gros coffre en bois qui vont passer le restant de leurs jours avec moi. Un bureau que je mettrai devant le fenêtre de manière à ce que toute la rue remarque que, comme toute working-girl qui se respecte, je travaille, moi ! (… ou j’écris mon blog, c’est au choix…). Un gros coffre pour ranger tous mes papiers parce que oui, j’ai des papiers administratifs comme tous les adultes (qui se résument à mes feuilles de bourse d’étudiant et à la garantie de mon épilateur électrique, mais c’est un début…). Mais surtout, acheter des meubles impliquent que je suis rentrée de plein pied dans le monde des gens qui mangent des pâtes à chaque repas pour amortir leurs dépenses…
Toujours dans le rayon déco du grand magasin de ma vie, hier le cadeau de noël que j’ai fait à mon Homme a été mis en place. Ce cadeau, quel est-il ? un cadre. Mais attention, là où il y a à peine un an j’aurai choisi un poster géant des bisounours encadré en rose ou une photo de bébé tout nu avec bonnet de père noël de Anne Geddes, je lui ai offert une sérigraphie de Picasso (‘le Papillon’) avec un cadre noir, sobre et chic. Béné trop fière d’elle-même.
Certes, je suis encore à l’Ecole, celle-ci étant tout de même ‘Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs’. Ceux qui me lisent régulièrement et qui ont une bonne mémoire se rappellent qu’il y a 3 mois de cela, le petit chaperon béné avait très peur d’un certain grand méchant prof, qui l’avait même fait pleurer… mais le petit chaperon, en digne représentante de la catégorie ‘grande personne’ a pris son courage à deux mains et ne s’est pas laissé abattre. Armée de sa galette, elle est retournée en cours…et s’est rendu compte que le grand méchant prof n’avait pas de grandes dents, de grands pieds et de grandes oreilles. Le grand méchant prof est en réalité très gentil, et si quelqu’un ose dire du mal de lui, je lui fous mon pot de beurre dans la figure ! Voilà encore une preuve flagrante : aucun écolier digne de ce nom, génétiquement programmé pour détester le clan professoral, ne pourrait dire du bien d’un prof comme je le fais.
même pas méchant en vrai
Cette preuve-là, c’est du lourd. Moi, béné, simple étudiante qui connaît encore les joies de la boule au ventre avant exams et des week-ends passés à faire des devoirs, vais donner un cours ! Me voilà propulsée spécialiste de la Langue des Signes par mon ancienne directrice de mémoire, qui veut que je fasse un cours d’amphi de 3h en février. Comme d’habitude, mon inconscience m’a fait accepter. Et là, c’est le drame : qu’est ce que je vais bien pouvoir raconter pendant 3h ? Je vais devoir faire confiance à mon don du moulinage verbal et penser très fort qu’avec les sous que je vais recevoir, je pourrai mettre un peu de bolognaise sur les pâtes (cf preuve n°1).
Va falloir bien causer!
Et enfin, telle une vraie adulte, me voilà en proie avec la Toute Puissante Administration. Vous autres, grandes personnes, la connaissez aussi cette lutte qui dure toute la vie, où l’on se bat à coups de photocopies de certificats d’il y a 10 ans, d’attestations signées par des blaireaux dans leur bureau qui n’ont aucune idée de qui vous êtes et d’extraits de naissance de votre arrière-grand-père ; cette lutte où les messages laissés sur le répondeur sont autant de bombes à retardement ; cette lutte où l’annonce de la perte de votre dossier sonne comme une défaite. Mais un jour, je vaincrai !!
Bien sûr, on ne devient pas une grande personne du jour au lendemain et j’ai bien encore quelques symptômes de mon ancien état : Comme une gamine, j’ai craqué pour une paire de pantoufles en forme de tête de panthère si douces, si confortables, si bon marché … et si puériles. Tel bambi qui apprend à marcher, pas plus tard que hier, je me suis gauffrée de tout mon long sur un trottoir. Dans une ruelle ? Dans une rue déserte ? non non, boulevard sébastopol devant une trentaine de pelés hilares. D’accord, je n’en suis pas fière, mais il y a de l’espoir non ?
December 26 le divin enfant va mourir d'une overdose de calories...Après 1 mois passé à m’éreinter pour paraître intelligente, digne et respectable dans tous les lieux parisiens où j’avais le malheur de me rendre (en gros, ça se résumait surtout à éviter d’utiliser les mots si compréhensibles dans ma lorraine natale et si peu usités dans le reste du monde « schneck », « ça geht’s », « kots », « schpatz » et autres « schneck »), histoire de rentrer en communication avec les gens de la capitale, revoilà béné dans son environnement naturel (la maison de môman).
Fraîche et souriante ? pas vraiment. Béné est plutôt la personnification du lendemain de fête dans toute sa splendeur : mal aux cheveux et flamby autour de la taille. Après avoir ingurgité à peu près 1000 saint-jacques, 12kg de chapon et 50 litres d’alcool en tout genre, je dois dire que je me sens comme un mammouth obèse : je me déplace au ralenti, secouant mon gras de gauche à droite et faisant trembler le sol à chaque pas.
Je reste donc avachie sur mon lit, me passant en boucle les dvd envoyés par le petit papa noël. Hommage à mon frère qui s’est rappelé ma passion pour « sex & the city » ou comment écouter parler de sexe toute la journée (c’est-y pas le paradis ?!!). C'est toujours si réconfortant de savoir que des scénaristes américain(e)s ont pensé à tous ces moments de vie de couple dont on n'ose parler: monsieur a son engin en biais, monsieur a des traces de pneu dans son sous-vêtement, monsieur fait pipi à côté de vous? no panic: non, vous n'êtes pas la seule dans ce cas!
Voilà, quelques nouvelles pour ceux qui avaient peur de retrouver mon nom dans l’avis mortuaire du républicain lorrain. Sur ce, je vais aller engloutir tout un tube d’aspirine, faire 3 abdos pour me donner bonne conscience et avaler tout un paquet de pastilles à la menthe (contrairement à ce que mon haleine de lendemain de fête laisserait penser, non il n’y avait pas d’escargots à l’ail sur le menu de noël…)
November 18 987654321987654 kilomètres à pieds, ça use, ça use...Si, aujourd'hui, je devais remplir la fiche d’inscription d’un site de rencontres destiné à me faire trouver l’âme sœur, voici ce que seraient mes réponses : Pseudonyme ? Mademoiselle Tsé-Tsé Traits de caractère ? Fatiguée, exténuée, éreintée ! Caractéristiques physiques ? Modelée comme un footballeur professionnel, j’ai le mollet musclé et la crampe facile. Avec ce genre de réponses, je risquerai sûrement de n’avoir pour toute ouverture qu’un pervers obsédé et un dépressif qui n’a plus rien à perdre…
Pourquoi donc cette intense fatigue et ce chamboulement physique ? Parce que je suis en plein cauchemar ! Mercredi matin, je me suis réveillée dans un monde parallèle, un monde digne de l’univers de Queneau… Vous m’imaginez déjà me prélassant dans un "campigne pour campeurs" au milieu de fleurs bleues ? Et bien, vous avez tort ! Je suis plutôt dans « Zazie dans le métro ». Zazie avait un oncle et son oncle avait un pote à voiture. Même pas moi. Moi j’ai une jambe et ma jambe a une jumelle. Comme Zazie, je mets donc à contribution ce que le destin a bien voulu m’accorder. Pas grand chose en réalité car à force d’allers-retours sur mes petites jambes maigrichonnes, les ampoules apparaissent, les trous dans les chaussettes s’agrandissent et les effluves pédestres se font un peu plus fortes chaque jour. Mettre un pied devant l’autre sur le bitume crasseux des rues de Paris devient une souffrance, marcher 4h en respirant l’air nauséabond devient intolérable, se frayer un chemin dans les rues bondées devient insupportable. Le seul avantage est que je découvre des recoins de la capitale dont j'ignorais l'existence (bien que le fait de passer devant l'ancienne maison de Dalida me laisse plus ou moins de glace...mais j'avoue que quand j'ai appris qu'il paraît que Johnny Depp aurait aussi une maison dans le coin, ça m'a beaucoup plus intéressée!) Je pose donc la question au Réseau d’Abrutis Tous Paresseux : « A quand les retrouvailles avec l’odeur d’urine des couloirs de métro, les portes qui se referment sur mon pied et les banquettes taguées ??! »
vive la France
La bonne nouvelle, c’est que mes malheurs s’arrêtent sur le pas de ma porte, faute de connaître le digicode. La mauvaise nouvelle, c’est que dans mon chez moi, dernier havre de paix dans ce monde hostile, m’attendent d’autres misères. Vous me connaissez à présent et vous savez à quel point je hais les équipements technologiques de pointe (ordinateur, ipod, lecteur dvd, grille-pain, sablier pour œuf à la coque…) et qu’ils me le rendent bien : pas une journée où je ne perds pas 10mn de ma vie à débloquer l’un ou l’autre de ces appareils qui refusent de se plier à ma volonté ! La seule avancée technologique que je sais maîtriser étant la chasse d’eau des toilettes, vous comprenez ma douleur quand j’ai appris que, en vue d’une évaluation à l’école d’interprètes, j’allais devoir visionner un conte en Langue des Signes sur vidéo puis rendre à la prof ma traduction (orale) en français, enregistrée sur un quelconque support.
béné et l'informatique: une grande histoire d'amour
Premier hic : le magnétoscope du salon sert plus d’objet de déco que de magnétoscope, dans la mesure où le son est inexistant et l’image horrible. No panic : grâce à l’ingéniosité d’une de mes « collègues ESITiennes » qui vient aussi de lorraine (normal, on est les number one !), j’ai pu récupérer via internet le fichier de mon conte filmé avec un appareil photo numérique à partir d’une télé de l’école (vous me suivez ? non bien sûr, mais les systèmes D sont rarement faciles à expliquer…)
Confortablement installée devant l’écran de l’ordinateur, prête à voir une jolie histoire, je clique sur l’icône « play ». La désillusion s’est vite faite sentir : était-ce la friture de l’image, les signes que je ne connaissais pas ou le fait que l’histoire n’avait ni queue ni tête ? peu importe, l’essentiel est que je n’ai rien compris au premier visionnage ! La perplexité est montée d’un cran quand j’ai entre-aperçu quelques bribes de l’histoire : la princesse « sans vêtement », « nue », « chevauchant un gros chien ». Comment ?! Un conte porno ?! Les profs de l’ESIT seraient donc des petits coquins ?? Le deuxième visionnage s’est avéré beaucoup plus clair, moins drôle certes, mais politiquement plus correct. Je vous rassure : le roi et la princesse se marient à la fin.
Restait le délicat problème de l’enregistrement de ma voix mélodieuse. Choix restreint : pas de dictaphone, pas de micro. Seule solution : le microphone de mon lecteur MP3. Plan de bataille : en premier, trouver la pièce adéquate pour être transformée en salle d’enregistrement. Le salon et le bureau sont côté rue, le frigo fait du bruit dans la cuisine, la salle de bain a une mauvaise acoustique et je ne pourrai jamais donner le meilleur de moi assise sur les toilettes. Ce sera donc la chambre. Deuxièmement, à quelle heure vaut-il mieux enregistrer ? le matin tôt les gens dégringolent l’escalier pour aller au boulot, en fin de matinée le facteur peut sonner à la porte, le début d’après-midi est consacré aux « Feux de l’Amour » à fond chez ma voisine du dessous, la fin d’après-midi voit revenir les collégiens braillards, le soir j’ai droit au bébé du dessus qui pleure parce qu’il ne veut pas dormir et la soirée est marquée par les rires des invités des voisins…Ce sera quand je le sens, un point c’est tout. Justement, ce matin, je le sentais bien : je me suis enfermée dans la chambre, munie de mon MP3 et de mes feuilles de texte à lire, j’ai pris une grande inspiration et j’ai commencé ma petite histoire. Tout a marché à merveille pendant au moins deux minutes … jusqu’au moment où, ouvrant violemment la porte, mon Homme est entré en s’écriant « Tu fais quoi ? Tu parles toute seule ??? » (réponse « NNNAAAANNNN ! »). On efface tout et on recommence. Tout a marché à merveille pendant au moins deux minutes… jusqu’au moment où le voisin du dessus a tiré la chasse. On efface tout et on recommence. Tout a marché à merveille pendant au moins deux minutes… jusqu’au moment où s’est inscrit le message « batterie faible » et que le MP3 s’est brusquement éteint. Béné, prends note : ne fais plus jamais confiance à ton instinct !!
béné pas encore prête pour être DJ
Bref, voilà où j’en suis dans mes infortunes. De bien maigres nouvelles finalement, puisque je passe 60% de mon temps à errer dans les rues telle une SDF. « A votre bon cœur, m’sieurs dames, un peu de soutien moral siou’ plaît… » October 27 béné se détraque
J'ai la rate qui s'dilate
Je ne voulais pas le croire, mais la vérité a fini par me sauter aux yeux : telle une mamie grabataire, je passe mon temps à me plaindre de mes petits problèmes de santé. Mais surtout, telle une mamie grabataire, j’ai des petits problèmes de santé ! Ma vie est ponctuée d’épisodes infectieux et irritants. Mon corps est l’équivalent d’un hôtel Hilton pour tous les microbes, virus et bactéries de la région parisienne. J’accuserais bien le mauvais air de Paris d’être à l’origine de tous ces maux, mais honnêtement ce n’est pas ça qui va me guérir.
Car, oui : j’ai été, suis et serai malaaaaaade ! Après l’indigestion d’il y a deux semaines, la crève de la semaine dernière et le chikungunya que je vais sûrement attraper la semaine prochaine, cette semaine, j’ai fait sa fête à la cystite.
Quelle joie de se trimballer avec un feu d’artifice de douleurs dans le bas-ventre. Quelle agréable sensation de devoir se cramponner au mur quand on va pisser trois gouttes ! Ce plaisir intense n’aura duré qu’une semaine. On dit qu’il faut toujours un élément déclencheur pour se rendre compte de la situation. Mon élément est arrivé le sixième jour.
En effet, les problèmes de santé ne font pas que me pourrir la vie. Parfois, ils l’améliorent. En particulier quand, en ce sixième jour, je décide de parler des maladies de quelqu’un d’autre (Louis XIV) pendant le cours et que j’obtiens les félicitations du prof (en vrai, son commentaire sur ma prestation a été « bon, vous, c’est pas trop mal » ce qui me semble être, venant de lui, un point positif). La cystite ferait donc de moi un bon signeur. ‘Pourquoi la faire partir alors ?’ ma demanderez-vous. Parce qu’après avoir souffert le martyr ( j’en rajoute un peu mais je n’en menais vraiment pas large ce jour-là) en signant mon histoire debout pendant 5mn qui m’en ont paru 20, me dandinant comme un canard boiteux devant le prof pour faire passer cette fausse envie de pipi (pourvu qu’il n’ait pas pris ça pour une langoureuse danse destinée à le séduire), j’ai pris une grande décision : tester le système de santé parisien au plus vite !
même les meilleurs peuvent avoir une fistule anale...
Imitant les sociologues chevronnés, je vous livre donc ici mes observations acquises sur le terrain. Premier constat : changer de fac, et par là même changer de sécurité sociale étudiante, c’est la merde. M’inquiétant de savoir si mes frais allaient être pris en charge par mon nouveau centre, je passe un petit coup de téléphone. « bonjour et bienvenu dans votre centre de sécurité sociale étudiante, quelqu’un va prendre votre appel très bientôt (musique de « djeun’s » qui fait vibrer le tympan)…bonjour et bienvenu… ». 11 minutes et deux tentations de raccrocher plus tard, quelqu’un daigne répondre à mes interrogations : non ma carte vitale actuelle n’est plus valable, pour se faire rembourser il faut envoyer au centre un RIB et une déclaration du médecin traitant, on va m’envoyer un papier justificatif en attendant ma nouvelle carte vitale qui doit m’être remise en décembre. Attendre d’avoir une cystite pour apprendre ça, ça fait mal. Oui, j’entends déjà les mauvaises langues qui m’accusent de m’être inquiétée de tout ça à la dernière minute mais je leur répondrai fièrement que c’est la preuve flagrante que la béné procrastineuse de choc que j’étais a survécu au bouleversement de ma vie ! A la fac, mes amies/collègues me suggèrent de demander des feuilles de remboursement, à défaut de pouvoir présenter une carte vitale. Pas idiot.
Deuxième problème : trouver un docteur. Quand mon homme m’a annoncé les honoraires de son propre médecin, j’ai failli tourner de l’œil. Pour ma part, c’était simple : je voulais une doctoresse (toujours plus facile de parler de problèmes vaginaux avec quelqu’un qui a peut-être déjà eu la même chose), près de chez moi (je ne m’imagine pas une seconde me taper 50mn de métro pour faire soigner ma gastro) et avec des honoraires corrects. En farfouillant dans les pages jaunes, j’ai fini par trouver mon bonheur : docteur Corinne, à deux pas de chez moi, avec ou sans rendez-vous, à partir de 9h.
Le lendemain, à 9h, je me retrouve dans un cabinet médical à 4 médecins. La secrétaire me demande si j’ai un préféré, je réponds sans hésitation « docteur Corinne ! ». Le hic, c’est qu’apparemment, tout le monde veut docteur Corinne, même les deux vieux arrivés avant moi. Je m’installe dans la salle d’attente, pensant qu’avec deux personnes à passer, j’en aurai pour 40mn maximum. Erreur : à Paris comme en Lorraine, les petits vieux aiment prendre leur temps pour raconter tous leurs malheurs dans le détail au docteur. J’ai donc bénéficié de 1h15 pour faire une étude approfondie sur le comportement du parisien moyen dans une salle d’attente, à défaut de pouvoir lire des prospectus expliquant le cancer de la prostate ou des publicités contre le tabac. Ma conclusion principale est que la petite vieille parisienne moyenne est exécrable et teigneuse : pas de bonjour aux autres patients (mais un bonjour plein de soleil pour le docteur !) qu’elle déteste visiblement et sans s’en cacher, au point d’emmener avec elle son sac à main quand elle s’avance d’un mètre pour prendre un magazine sur la table. (la confiance règne). Puisqu’en 75mn j’ai pu voir 3 spécimen de ce genre, je peux dire qu’il constitue un large pourcentage de la société. Froid dans le dos.
Ca y est, à mon tour d’aller raconter mes bobos. Premier contact chaleureux. Docteur Corinne me plaît. Nom, prénom, date de naissance, adresse, maladies antérieures, etc… -Vous travaillez ? -Non, je suis étudiante. -Ah ! en quoi ? -(emplie de fierté et de prétention) En interprétation. Et là, c’est le drame. J’ai senti que ma dernière phrase avait fait son petit effet … mais j’ai vite perdu la considération de mon interlocutrice. -Déshabillez-vous que je regarde. J’ôte mes baskets … pour me retrouver en chaussettes jaune vif, avec 2 énormes têtes de girafe au niveau des doigts de pieds. Son haussement de sourcils ne m’a pas laissé de doute quant à son opinion sur mes goûts vestimentaires… Je fourre dans mon sac mon ordonnance, ma feuille de soin et ma déclaration de médecin traitant, et me sauve sans demander mon reste.
Retour à la maison avec les cachets censés me redonner la forme. Première nouvelle : les médicaments contre la cystite se prennent le soir. Un cachet le soir pendant 3 jours. Rapide calcul : au moment où je rentre, il est 11h15 ; si je fais débuter le soir vers 19h30, me reste-il 8h15 à souffrir en grinçant des dents sans le moindre soin ? Que nenni, car j’ai également d’énormes pastilles destinées à amoindrir la douleur, le temps que le vrai médoc, fainéant notoire, fasse son effet au bout de 48 à 72h. En théorie, c’est 2 comprimés 3 fois par jour, soit à mettre sous la langue, soit à faire fondre dans un verre d’eau. J’ai d’abord essayé de les faire fondre dans un verre d’eau : j’avais beau touiller, remuer et tourner la cuillère en buvant, la moitié des pastilles restait dans le fond du verre, sous forme de poudre. Solution de facilité : les laisser sous la langue. La première fois, j’ai courageusement mis les deux pastilles sous la langue … pastilles que j’ai eu du mal à ne pas recracher tellement elles sont dégueu. Du coup, la fois d’après, j’ai commencé par en avaler une. Et j’ai oublié de prendre les suivantes. De toute manière c’est mieux comme ça : le risque que je devienne accro aux médoc est minime. Bref, c’est avec un certain dégoût que béné daigne se soigner.
Si seulement je pouvais arrêter d’être malade ! Mais non : ma crève chronique que j’ai chopée à mon arrivée à Paris (petite toux et goutte au nez) est devenue ma meilleure amie, présente à chaque instant. C’est bien la preuve que les parigots n’ont pas à se vanter d’avoir un meilleur temps qu’en Lorraine. D’ailleurs, le prochain qui sous-entend que dans MA région, on trouve le même climat qu’au pôle Nord, je lui plante un thermomètre dans le nez ! Je radote peut-être, mais c’est mon blog et je dis ce que je veux, na ! Il faut dire que l’environnement dans lequel je vis n’apporte pas toutes les conditions nécessaires pour une santé de fer : je passerai volontairement sur la pollution, le stress et le bruit de la capitale (même pétrol-hahn le dit : ça donne des pellicules !), mais je ne passerai pas sur l’immeuble où j’habite, bâti au 19ème siècle (et honnêtement, c’est à se demander si les fenêtres ne datent pas elles aussi du 19ème, quand je vois le centimètre d’espace entre la fenêtre et son châssis) et qui, je l’ai appris avant-hier en lisant une feuille affichée dans l’entrée, grouille de cafards dans plusieurs appartements (résultat : traitement de choc par des pros le 12 novembre). A première vue, mon appart’ a résisté à la colonisation. Je vivais donc des jours tranquilles. Jusqu’à ce que j’apprenne la nouvelle. Depuis, je tressaille à la moindre ombre que j’aperçois en ouvrant les placards ou à la vue d’une miette de chocolat sur la table.
Je HAIS les insectes!!!
Le pire, c’est que malgré moi, je deviens contagieuse. Figurez-vous qu’au café de mon stage, où j’ai acquis une grande expérience d’au moins 6 jours, j’ai à présent une multi-casquettes de serveuse, balayeuse, animatrice et, depuis peu, cuisinière. Vendredi dernier, la journée s’est résumé à « préparation de la grande soirée massage du soir », soit 26 personnes à accueillir et à nourrir. Le matin : corvée épluchage. 3kg de pommes de terre pour se faire la main et 3kg de pommes tout court. J’avais tellement pris le rythme avec les patates que j’ai fini par peler les pommes jusqu’au trognon. L’après-midi : confection de quatre-quart aux pommes et de cake au chocolat. Et là, je dois avouer que j’ai merdé. D’habitude, je suis douée en cuisine mais j’ai besoin de mon matériel. Avec le matériel des autres, je suis nulle : quand je mettais le chocolat au micro-ondes, au lieu de fondre il se transformait en pâte ( ?!!), du coup j’ai rajouté trop de beurre, avec toutes ces émotions j’ai oublié de mettre la levure (j’ai magouillé pour la rajouter à même le moule) et finalement j’ai mis le gâteau dans le four en oubliant de l’allumer ! Bref, c’est un gâteau à moitié monté, très compact et bien gras que j’ai eu. Les trois autres avaient la même tête. Je ne sais pas combien d’indigestions j’ai involontairement causées, mais j’espère que le bon dieu me pardonnera.
A part ça, je vais bien, merci !
October 21 la chute libre de bénéCette fois, ça y est, c’est fini, je sens que je vais exhaler mon dernier souffle. L’ESIT, la RATP et le café où je travaille auront eu ma peau. Comme tout ce petit monde se trouve dans la capitale, je noterai avec le stylo bic qui me sert à prendre mes cours en notes « Paris m’a tuée », sur le mur blanc de ma chambre, au-dessus de mon lit de mort.
Béné n’a plus rien à voir avec la jeune lorraine, élevée au bon grain (quiche lorraine de maman) et en plein air (2h de marche à pieds tous les jours, ça forme la jeunesse) qu’elle fut autrefois. C’était ma période « petite maison dans la prairie ». 2 ans après avoir posé pour la première fois mon pied sur le bitume parisien crasseux , je suis devenue une boule de stress métro-dépendante nourrie à la baguette industrielle et respirant plus de dioxyde de carbone que d’oxygène.
Mon équilibre mental menace de se rompre d’un moment à l’autre, sous la pression de la folle alternance des moments d’angoisse pré-cours qui précèdent les périodes de dépression post-cours. Mes cauchemars m’attendent sagement sur mon oreillers tous les soirs, mon rythme cardiaque s’accélère quand approche l’heure de la sonnerie du réveil, la rupture d’anévrisme guette dès qu’un imprévu se glisse dans mon programme hebdomadaire de travail, etc… bref, je ne suis plus humaine : je suis un paquet de nerfs sur pieds. Et encore, quand je dis sur pieds….
1h40. C’est le temps que j’ai mis de chez moi jusqu’à la fac ce jeudi matin. A pieds. Comme les braves. Autant vous dire tout de suite que mon arrivée était loin d’être triomphante : déshydratée, en hypoglycémie évidente et la cuisse endolorie. Le retour était encore moins glorieux. 1h40 de gémissements que j’ai contenus avec du mal. Je luttais pour ne pas m’effondrer sur le bitume. Je suis rentrée chez moi, le visage rouge, la bouche sèche et le pied en sang. Après avoir pansé mes plaies, j’ai entrepris une petite séance de yoga pour me remettre de mes émotions …ouais bon, ok : en vrai, c’était juste une sieste ! Mais il me fallait économiser mes forces car le lendemain, c’était belote et rebelote : excursion à pieds jusqu’à mon lieu de stage, pour trouver la porte fermée. Après un poireautage de 30mn dans le froid, je décide de rentrer chez moi, au chaud, dans de terribles souffrances (la dernière fois que j’ai eu de telles courbatures, c’était le lendemain de mon premier cours de sport, en 6ème). J’ai appris plus tard que j’étais censée gérer seule le café ce matin-là. Moi je veux bien. D’ailleurs, j’ai appris à allumer les lumières, à mettre en marche le lave-vaisselle, à faire fonctionner la machine à faire le café, à mettre en route l’ordinateur … mais personne n’a pensé à m’expliquer comment on fait pour rentrer dans le café quand on est seul et qu’on n’a pas la clé ! A part balancer un pavé dans la porte vitrée ou faire la manche devant la porte pendant 4h en attendant qu’une âme charitable vienne m’ouvrir, je ne voyais pas d’autre solution. Le lendemain, rebelote et rerebelote : faut retourner au staaaage ! Toutes les lignes de métro ont l’air de fonctionner normalement … sauf celle de béné bien sûr ! C’est donc accompagnée de mes 2 jambes de bois que j’entame le trajet jusqu’au café. Je vous jure, la randonnée, c’est pas fait pour les mamies d’un quart de siècle. Je vieillis, je prends de l’âge, je laisse ma belle jeunesse derrière moi. Pour ne pas vous sembler trop pessimiste (béné, jamais pessimiste!), je dirai simplement que je mûris. Mais mûris-je vraiment ?
Pour ma part, je dirai plutôt que je faiblis, voire même que je tombe dans le gatouillage. Preuve flagrante : hier matin, la faiblesse m’a poussé à m’occuper de petits nenfants ayant la goutte au nez. « bénéditte (j’ai jamais connu un p’tit capable de prononcer correctement mon prénom), tu me dessines une petite fille sur le tableau » « bénéditte, tu m’aides à faire mon puzzle », « bénéditte, je trouve plus ma voiture bleue », « bénéditte, tu viens colorier la robe de la maman, moi je dépasse », etc…. Eh, les mouflets, vous avez remarqué que bénéditte n’est pas shiva ?! Quand ils sont partis, je leur ai presque fait un sourire (quelle horreur !). Docteur, c’est grave ?
Bref : je ne me reconnais plus. Où est passé la glandeuse que vous connaissiez ? celle qui passait des heures à hurler « je sais pas quoi faiiiiiiire ! » ? Oui, où est passé cette fille dont la zen-attitude ressemblait fort à un coma ? Où est passé la râleuse invétérée qui ne supporte pas la vue d’un enfant et pour qui les mots « bébé » et « mignon » sont complètement antinomiques ? La vraie vie parisienne m’a abîmée, c’est clair. October 14 Nouvelles diverses et variées de bénéBéné, handicapée manuelle, intellectuelle et sociale
C’est un fait : je ne sais rien faire de mes 10 doigts et ne sais pas me tenir dans le grand monde.
Exemple : il reste du poulet après le repas du soir (situation qui touche chaque français au moins une fois dans sa vie –pour les végétariens, remplacer le poulet par des petits pois, ça marche aussi-). Toute personne autre que béné, dont le cerveau organise la coordination des doigts de manière normale, pose un bout de papier alu sur le plat et le range au frigo. Basta. Durée totale de l’opération : 30 secondes. Etudions à présent béné, dans la même situation : les 30 secondes, je les perds rien qu’en cherchant le papier alu (« non, ça c’est le film transparent pour micro-onde … ça c’est le papier sulfurisé pour le four … ah, voilà « papier alu »). Au passage je me blesse le pouce avec le bord dentelé du carton, censé aider à couper le papier (et la peau). Je déroule le rouleau au-dessus de mon saladier de poulet pour mesurer la longueur que je dois couper puis je déchire à l’endroit voulu. Sauf que la déchirure part en biais et qu’à la fin, il y a 8cm de dénivelé. Du coup, un coin du saladier n’est pas couvert. Je recoupe un bout de papier alu et je le pose sur le premier bout. Résultat : quand j’appuie sur le premier bout pour plier les bords, le deuxième bout se soulève et quand j’appuie sur le deuxième bout, c’est le premier qui se soulève … pas très hermétique tout ça. Je renonce, fourre mon poulet au frigo et me promets de le manger dans les 24 prochaines heures.
Deuxième exemple : je mange une danette au chocolat avec mon chéri (là encore, situation dans laquelle tout le monde se reconnaît). Mon Homme, digne représentant de la classe à l’italienne, ouvre délicatement sa danette, racle de sa cuillère le papier pour récupérer la crème puis entame son pot. En face, béné : je tire sur la languette et bien sûr, le papier se déchire en deux : un bout en l’air, l’autre encore soudé au pot. Je gratte avec mon ongle pour décoller le papier récalcitrant et, pendant ce temps, le bout qui gigote tout seul en l’air, plein de crème, en profite pour retomber sur ma main. Splatch. Avec la grâce que vous me connaissez tous, je lèche ma main … là où d’autres auraient préféré passer un coup sous le robinet (ça va pas, non ? il y a des p’tits éthiopiens qui meurent de fin et vous, vous gaspillez de la bonne danette ?!!!). Ca y est, le pot est ouvert. Je lèche goulumment le papier (toujours mon soucis de ne pas gaspiller), ce qui me vaut d’avoir du chocolat plein ma protubérance nasale, et j’attaque le pot. Quand du chocolat est en jeu, je ne me contrôle plus. Je me sers donc d’énoooormes cuillérées de danette dont la moitié finit en un long filet de crème qui atterri en plein sur mon pull. Appelez-moi Peggy, Peggy La Cochonne.
Alors, en se basant sur ces exemples qui reflètent à eux-seuls toute ma dextérité et mon comportement en société, comment ai-je fait pour me retrouver à l’école d’interprètes ? Par quel hasard malsain, la vie m’a fait choisir un métier où on doit avoir une classe folle, une aisance naturelle et un maintien irréprochable ? Pire encore, quel est l’affreux démon qui s’est un jour penché sur mon berceau pour me faire choisir la Langue des Signes, seule langue au monde où je dois utiliser mes mains inexpertes ? Et surtout, pourquoi je m’enfonce toute seule, en choisissant de faire mon stage dans un café/bistrot pour adultes doublé d’un atelier pour enfants bilingue (le café, pas les enfants) ? oui, oui, un café/bistrot, où je dois préparer des cafés et des repas (alors que je me bats continuellement avec la machine à café qui veut absolument avoir le dessus et que je n’ai toujours pas compris comment on met le micro-onde en mode décongélation), où je dois servir (malgré ma tremblote congénitale héritée de mon père), le tout entourée de gamins qui me racontent Cendrillon ou qui viennent me montrer tous leurs jouets en les laissant sur place, bien sûr, au lieu de les ramener dans leur pièce attitrée. Je suis en enfer et je rajoute moi-même du bois sur le feu, histoire qu’il ne s’éteigne pas sous mes p’tites fesses cramées.
Te fatigue pas: je fais tout le boulot à ta place
Mais aussi, si ce n’est pas interprète, quel métier je pourrais faire ? Serveuse : pas pour moi… Vendeuse : j’ai déjà tenté. Je réussissais comme un chef à garder le sourire malgré les « mademoiselle, que vous êtes empotée ! » ou les « mademoiselle, ça ne vous gêne pas que mon petit garçon ait enlevé l’emballage plastique d’une vingtaine de vos cadres ? », mais je bouillais à l’intérieur. Mauvais pour ma tension. Contrôleur SNCF : pourquoi pas, mais rien que quand je vais jusqu’aux toilettes, je retourne à ma place avec 3 bleus aux cuisses à force de perdre l’équilibre et de me cogner dans tous les sièges. Si je fais toute une longueur de train, c’est l’amputation qui guette. Linguiste : ah ah ah, laissez-moi rire ! Prof : pauvres élèves ! Bon ben bah, on va faire interprète alors…
Plus qu'une solution: la légion étrangère
Béné, éponge à microbes
« Tomber de Charybde en Scylla » ou comment guérir d’une indigestion en attrapant la crève. Cette semaine, j’ai passé quelques journées follement agréables, bien au chaud dans mon chez moi, tantôt agonisant sur mon lit, tantôt sprintant (ligne d’arrivée = porte des toilettes). Mon estomac était d’humeur taquine. Les quelques jours passés, il a bien fallu sortir. Choc thermal. La vie parisienne est une succession de chauds et de froids : froids matins dans les rues désertes et chaleur humaine à la RATP. Il ne m’en faut pas plus pour récupérer les microbes du type qui tousse à côté de moi sans mettre la main. Oui, je le dis haut et fort : une lorraine sensible au froid ça existe ! J’irai même plus loin : je n’ai jamais eu autant la crève que depuis que je suis à Paris ! Les gens intelligents feront les déductions qui s’imposent (et le premier qui dit que c’est parce qu’à Paris, je n’ai pas ma mère pour me dire « fout ta cagoule » quand la température est en dessous de 20°, je me débrouille pour envoyer un virus à son ordinateur !) Bref, mon robinet nasal est ouvert, tous aux abris ! Je carbure à 1 mouchoir à la minute (béné au désespoir quand elle a vu qu’un paquet ne contient que 8 mouchoirs !), que je sème à tout-va dans l’appartement. La nuit, je dors avec une main sur celle de mon Homme … et un paquet de mouchoirs dans l’autre. J’ai la voix qui atteint des gammes dont je ne me serais jamais cru capable, au point que j’ai peur que cette mue imprévue me fasse entrer de plein pieds dans la magique période de l’adolescence masculine. Mon homme a l’impression de discuter tantôt avec Donald, tantôt avec robocop. Ma gorge n’est plus qu’un cratère de feu que je combats tant bien que mal avec ma lance à incendie spéciale (humex vaporisateur) D’après la ligne de ma main, je ne suis pas encore censée mourir alors ne vous tracassez pas trop quand-même !
Béné, tombeuse de mâles
Je n’y comprends plus rien. 360 jours par an, je m’arrange pour sortir de chez moi en ayant à peu près une tête humaine, c’est-à-dire cheveux propres, vêtements coordonnés et propres et anti-cernes pour cacher le désastre de mes mauvaises nuits. Je peux aller n’importe où : aucun commentaire coquin, pas même une œillade incendiaire, voire même carrément des critiques (genre « dis donc, avec ta tête, si t’aimes la nature c‘est que t’es vraiment pas rancunière ! »). Ok, j’ai mon Homme tout parfait à la maison, mais ça fout un coup quand-même ! Décidément, en sport (ici, la pêche) je n’assure pas pour 2 sous. Mais surtout, pourquoi est-ce que hier, samedi 13 octobre, je me suis fait draguer 2 fois alors que j’aurai sans problème pu remporter l’écharpe et la couronne de Miss Moche 2007 ?!! Non non, messieurs, je vous entends déjà dire « ah, tu vois bien qu’on préfère les filles quand elles sont naturelles ! ». Hier, je n’étais pas naturelle. Hier, j’étais moche. Vous voyez la sorcière dans Blanche-neige ? et bien moi j’étais pire. La nuit précédente était ce qu’on peut qualifier de « blanche ». Déjà, tousser et se moucher n’appellent pas vraiment au sommeil. Les ronflements de mon Homme non plus. Ni la crampe au mollet que j’ai eue à minuit. J’ai passé ma nuit à me tourner et me retourner au lit, à visiter le salon, à regarder longuement la rue par la fenêtre, à me faire du lait chaud à la cuisine… Je n’étais pas encore endormie qu’il fallait que je me réveille. Belle tête de vainqueur pour béné, ce matin-là : yeux gonflés, cernes creusées, bouton bien mûr sur le menton, lèvres gercées et nez rouge vif. La corvée repassage étant à présent programmée pour dimanche, je n’ai rien à me mettre. J’enfile donc pour le deuxième jour consécutif un pull qui commence à développer sa propre personnalité. Pour les cheveux, aucun espoir : dans un monde parfumé aux pots d’échappement, plus d’un jour et demi sans shampooing signifie cheveux gras. Je les attache à la va-vite et hop, je sors. Le premier Don Juan débarque au café, fait 3 blagues débiles et raconte sa vie (« Je me présente, je m’appelle Ali, j’aimerais bien réussir ma vie, être aiméééééé… »). Je n’ai pas le temps de réfléchir à ce que je dois répondre à la question « je peux vous faire la bise avant de partir ? » (oui, non, je ne sais pas, ça serait mal vu, on ne se connaît pas, voyons monsieur vous êtes client….) qu’il est déjà en train de me la faire. J’ai horreur qu’on me force la main. J’espère au moins lui avoir refilé ma crève, bien fait ! Le deuxième Casanova m’est tombé dessus à la sortie de métro. Au départ, ça partait d’un bon sentiment : il voulait éviter de pousser trop fort le tourniquet de sortie pour pas que je me le prenne en pleine figure. Sauf qu’ensuite il s’est collé. « Faut faire attention avec ça, ça peut être dangereux. Et , charmante comme vous êtes, je suis sure que ça vous est déjà arrivé » (j’avoue ne pas vraiment avoir bien saisi le lien cause/conséquence entre le fait d’être charmante et le fait de se prendre un tourniquet dans la gueule). Mon pire cauchemar : me faire harponner par un mec qui me trouve charmante à 3mn de chez moi ! Non seulement je suis bloquée parce que si je continue mon chemin direct vers chez moi, ensuite le type sait où j’habite mais en plus, il ne fait que rajouter du temps qui me sépare du moment où je pourrais être chez moi et me moucher sans retenue avec le bruit d’une trompette et d’un saxophone réunis !
Béné conclue
Bref, que de l’habitude dans la vie de béné : des doutes concernant l’avenir, des problèmes qui finalement ne posent pas de problème (c’est vrai quoi, qu’est-ce qu’un nez qui coule comparé à la défaite de la France au rugby ! Ca au moins, c’est un truc qui va bouleverser la planète alors que mon écoulement nasal…) et des surprises quotidiennes (ah bon, les mecs me préfèrent avec la tronche en biais et puant la transpiration ? toujours bon à savoir !).
Sur ce, je vous quitte pour aller poursuivre l’opération baptisée « oust au rhume !». Ma vie est à présent rythmée par la prise de médicaments : et que je t’avale un comprimé contre l’irritation, et que je te pschitttte dans la gorge, et que je joue au cheik arabe sous mon torchon de vaisselle pendant mes séances d’inhalation, et que je te pulvérise du produit dans le nez, et que je t’étale de la biafine à défaut d’autre chose sur mon pauvre nez irrité qui n’a pas l’habitude d’être mouché autant (docteur Phanou va sûrement en avaler son stéthoscope, si ce n’est le gyrophare de son ambulance, quand il va lire ces lignes, mais j’assume : oui je mets des crèmes bizarre sur mon nez sans trop savoir à quoi elles servent exactement).
Si d’ici un mois vous n’avez pas de nouvelles de moi, téléphonez au centre anti-poison svp.
Auto-médication: pôôô bien!
October 07 béné, écolière de chocNon, je n’ai pas changé, je suis toujours la même, celle que vous connaissez … c’est-à-dire une ronchonne bourrée de rancœur envers la noble institution scolaire.
Et c’est pas mon nouveau lieu d’apprentissage qui va me transformer en jeune fille en fleur souriante et avenante, moi je vous le dis.
En général, il y a toujours un indice qui annonce une catastrophe : rat crevé sur le paillasson, corbeau qui vous chie dessus, annonce de grève combinée à la sncf et la ratp…. Aurais-je dû prendre le fait d’être coincée comme une sardine dans un wagon de métro au milieu de gens puants (transpiration, mauvaise haleine, prout, parfum qui prend le nez…) dès le lundi matin, pour ma rentrée à l’école d’interprètes, comme un signe de mauvais augure ? Peut-être, vu la suite … mais peut-être pas : le rat ne vient pas crever tous les jours sur votre paillasson, le corbeau ne vous attend pas chaque matin pour vous chier dessus et la sncf/ratp attendent simplement les vacances et les périodes d’exam pour faire grève, avec quelques entraînements au cours de l’année. Mais les gens puants se donnent tous les jours rendez-vous dans mon wagon de la ligne 2.
voici mon nouveau moyen de transport à Paris
Pourtant mon lundi ne s’est pas franchement bien passé. Rétroactivement, je me dis que j’aurai dû lire mon horoscope et, éventuellement, rester couchée. Je pensais qu’il n’y avait qu’à la fac de Metz que l’organisation laissait à désirer mais non : à l’ESIT, section LSF, c’est pire. Preuve : j’arrive à 9h30 devant la salle, porte fermée au verrou. J’attends. Les 5 autres élèves arrivent, présentation vite fait. On attend ... on attend encore ... on attend toujours … 9h45 ... 10h ... toujours rien. Histoire de passer le temps, on se raconte nos vies. Vent de panique dans la tête de Béné : ils sont tous beaucoup plus expérimentés que moi ! Beaucoup ont été admis à l’école il y a deux ans mais ont préféré bosser encore un an avec des Sourds avant de tenter le truc parce qu’ils ne se sentaient pas prêts. Moi non plus je ne me sentais (on peut mettre ce verbe au présent) pas prête mais « ON » (la banque qui appréciait le fait que je puisse économiser un an de fac, soit 750 € de frais d’inscription) m’a fait comprendre que je ne devais pas chipoter. Au bout d’une heure de bla bla, on décide d’errer dans les couloirs et, oh miracle, on tombe sur la secrétaire qui daigne nous expliquer le fonctionnement : l’ESIT, section LSF n’a que 2 salles (une ultra froide et une super chaude) –la grande classe quoi-, les portes sont fermées à clé pour que le matériel ne soit pas volé (matériel = une télé qui va bientôt rendre l’âme et un caméscope toujours en panne), c’est aux étudiants d’aller chercher les clés (les profs ne s’embarrassent pas de ces broutilles) et certaines plages horaires, dont le lundi matin, correspondent à du travail entre élèves, sans prof. En attendant le vrai premier cours qui débute l’après-midi, on va se mater une petite vidéo en LSF : au hasard, on tombe sur l’explication du fonctionnement des virus. Silence total, 6 paires d’yeux de veau fixent la télé, plus personne ne se sent à sa place dans cette école. Ca y est : sandwich englouti, c’est le vrai démarrage ! 3 heures avec la même prof, devenue sourde à 45 ans, qui parle et à qui on doit parler en ajoutant des gestes sur notre parole. Pas facile. Cours de prise en note (grande théorie sur la différence entre « prise de note » et « prise en note ») puis de prise en charge de la surdité. Le truc qui me fait tenir, c’est de savoir que le cours suivant ne commence pas la première semaine et que je vais pouvoir sortir à 15h30. Sauf que madame est une bavarde : et je mouline, et je raconte des anecdotes, et je pose une question et je veux que les 6 donnent une réponse….. Sortie des cours :16h25 (hurlement intérieur). Avant de sortir, elle nous fait remarquer que dans cette école, il ne faut pas être susceptible et émotif. Euuuuh, bon, d’accord.
Lendemain, 9h30, cours avec une interprète professionnelle qui va nous aider à mieux nous exprimer en français oral. Attention à être clair, à parler de manière soutenue, à poser sa voix …mais aussi à repérer les erreurs des autres dans les journaux et à la radio. Ca me semble pas trop mal. Surtout que quand je parle, c’est mister bafouille et docteur bégaie, en sortant la langue toutes les 10 secondes pour humecter mes lèvres sèches. L’après-midi, 3 heures de cours avec un autre interprète professionnel. En premier, cours théorique sur le public qui a besoin d’interprètes LSF. Ensuite, explications sur ce qu’est l’interprétation consécutive et petit jeu en français pour se rendre compte que notre mémoire n’est pas si nulle que ça. Là encore « surtout ne soyez pas susceptible ou émotif ». oui oui.
Mercredi matin, cours d’interprétation consécutive avec ce même monsieur. « Mademoiselle X, vous voulez bien aller nous raconter quelque chose en langue des signes ? ». Elle y va. « Mademoiselle Y, vous voulez bien nous traduire ce que vous avez compris ? ». Elle le fait. Le tout en 10mn. Les 1h10 qui ont suivi n’ont été que critiques : vous collez trop à la lsf au lieu de prendre l’idée générale et de trouver le mot français le plus adéquat ! Et vous, c’est quoi cette langue des signes ?où sont vos transferts ? vous pourriez être plus généreuse en explications !!!! etc.. Résultat : une fille démoralisée et une autre en pleurs. Légère angoisse. « Mademoiselle béné, vous voulez bien aller nous raconter quelque chose en langue des signes ? ». Je prends mon boulet virtuel sous le bras, vais devant et m’exécute. Ensuite, c’est le prof qui m’exécute :il n’a eu que 8mn pour me laminer mais a bien su gérer son temps. Il en est ressorti que, avec ma manière de signer, personne ne peut me comprendre. Sympa. Le seul commentaire que j’ai pris pour un compliment, c’est que j’étais moins nerveuse que la fille précédente. Je vais le mettre sur mon CV. Mais je suis une fille forte : j’ai attendu d’être rentrée chez moi pour brailler comme un bébé qui veut son doudou dans les bras de mon Homme. D’autant plus que le reste de la journée ne m’a pas laissé de répit. L’après-midi, nouveau cours d’interprétation consécutive avec une autre interprète professionnelle. « Etre interprète, c’est avoir une bonne culture générale …donc j’ai préparé un petit questionnaire pour voir votre niveau ». Le résultat c’est que j’ai le niveau 1ère année de maternelle (en gros). Interrogation intérieure : est-ce que je continue dans cette école ou est-ce que je lâche tout dès maintenant pour entamer une carrière de joueuse de flûte à bec dans les couloirs du métro ? Allez béné, ne soit pas susceptible ou émotive !
nouvelle perspective de carrière:devenir une star du rap US
Jeudi matin, 3h d’interprétation consécutive avec une autre interprète professionnelle. Entre-temps, c’est-à-dire la nuit, après avoir avalé toute une plaque de chocolat et une cuillère à soupe de nutella pour me réconforter, j’ai décidé que non, je ne baisse pas les bras. Au contraire, je vais relever mes manches et au boulot ! La prof demande qui veut raconter un truc en Français pour qu’un autre traduise en signes. Béné bondit sur sa chaise en disant moi moi moiiiiii ! J’y vais. En retour, on me dit que j’ai une voix bien posée et cristalline (j’adooooore qu’on me passe de la pommade !) Une autre élève va raconter son histoire puis la prof demande un volontaire pour traduire en signes. Béné re-bondit sur sa chaise en disant moi moi moiiiiii ! Je me lance. Monsieur Méchant veut des transferts personnels ? et bien je vais en mettre aussi chez Madame A Peu Près Gentille. Elle me corrige mes âneries, remarque que mes tentatives de transferts sont intéressants mais que parfois, pour faire un transfert, je rajoute des infos qui ne sont pas dans le discours d’origine (paaaaas bien ça !). Pfffff interprète, c’est un métier ! L’après-midi, déjà un prof absent. On passe directement au perfectionnement en LSF, avec la directrice de mon ancienne école de langue des signes (et accessoirement la tante du seul élève mâle du groupe). Première constatation : nous sommes tous des nuls pour comprendre des mots épelés en signes (le truc le plus facile en théorie !) sauf l’élève mâle en question qui n’a pas de mal à comprendre sa tante (manquerait plus que ça !). Puis petite séance vocabulaire spécialisé (les marques de voiture). Ca y est, j’ai survécu à ma première semaine à l’ESIT !!! Ne reste plus que le stage.
Vendredi, je me lève à l’aube pour faire tout le boulot pour l’école et à 14h, je rejoue les sardines dans le métro pour aller à mon RDV pour le stage. La directrice est super sympa, elle m’explique le principe du lieu : café pour les adultes et ateliers pour les enfants. Sourds et entendants mélangés. Elle me demande si j’ai un contact facile avec les enfants. Quelque chose dans l’expression de mon visage lui fait comprendre que non. On décide que je m’occuperai surtout des adultes et éventuellement des enfants s’il y a besoin. 8h le vendredi, 4h le samedi. Jusque fin décembre. Même pas rémunéré. Rage et désespoir.
Hier, premier jour de stage. On m’explique comment faire le café, le thé et tout le bazar. Je suis avec un animateur sourd signeur, une animatrice entendante qui ne signe pas, une animatrice sourde qui signe très très peu et oralise beaucoup. Drame : des parents sourds débarquent au café en croyant qu’il y a une fête d’anniversaire prévue pour leur fils. Sauf que la fête est prévue dans un jardin public! Embrouille « mais il est où ce jardin ? on peut se garer ? on a les cadeaux et le gâteau dans le coffre ! Est-ce que c’est mieux d’emmener les enfants là-bas, de tout décharger, de venir se garer ici et d’y retourner à pieds ? vous pourriez appeler mon père pour le prévenir ? il vaut mieux que quelqu’un reste ici parce que nous on a dit à tous les amis et à la famille que ça se passait ici, ils vont débarquer ! » suivi de « faut leur dire que Anne-Sophie a dit que ça se passait au jardin du ruisseau, qu’il faut descendre la rue ’monsseni’ puis arriver à une voie ferrée … » Mais pas de problème puisque SuperBéné, brillante élève interprète, est là pour nous sortir de la panade … sauf que quand on ne connaît pas Anne-Sophie, encore moins son nom en signe, ni le jardin du ruisseau, ni le nom précis de la rue (en fait, « Mont cenis »), c’est pas facile de faire comprendre ! La joie d’aider autrui se lisait sur mon visage.
c'est un fait, je suis un ange
Mais ne nous laissons pas abattre : le samedi soir, on fait la fête ! Spaghetti party chez des amis, en pré-match de rugby (on n’a jamais assez de sucre lent pour soutenir son équipe !). Après avoir admiré le haka et frôlé la dépression en voyant qu’au bout de 20mn on était déjà mené 10 à 0, je lance l’idée qu’on pourrait aller parfaire ma culture générale en profitant de la Nuit Blanche à Paris. Mon Homme et son pote sont partant, sa femme et ses filles (au pote) préfèrent regarder le match. En premier, nous restons cois devant des cabines téléphoniques customisées à Beaubourg (nous n’avons pas vraiment compris le sens profond de la plupart d’entre elles), puis petite séance « musique et image », genre Jean-michel Jarre dans une église, puis admiration de la façade d’une autre église, où étaient projetées des images de corps de body-builders aux visages de vieux (j’avoue que voir en gros plan les muscles bouger, ça me faisait penser à de la bidoche) puis visite de l’intérieur de l’église –Eglise Saint-Eustache, pour ceux que ça intéresse- vraiment magnifique et imposante. Mais l’appel du rugby a été le plus fort. A ¼ d’heure de la fin du match, nous nous sentons attirés par l’Hôtel de ville et son écran géant qui diffuse le match. Mouvement de foule : la France a gagné contre les teigneux Old Blacks !! Je me retrouve à marcher tant bien que mal, en slalomant entre des canettes de bières, des bouts de bouteilles et des rais de pisse par terre (C’est si romantique, Paris, la nuit) Retour à minuit et demi et en avant pour 10h de sommeil réparateur !
Aujourd’hui, dimanche, jour du seigneur, j’ai terminé les trucs à faire pour l’école et me suis remise de mes émotions. J’ai décidé que je me reposerai en lisant un truc pas intellectuel et merde à ma culture générale défaillante (et connaître par cœur tous les Agatha Christie peut toujours me servir, on ne sait jamais !). Mais pour me donner bonne conscience, je vais quand-même regarder le film de Jacques Tati sur la 5 (culturel et pas chiant, c'est tout ce que je demande)
dur dur de s'instruire September 24 ce n'est qu'un au revoir mes frères, ce n'est qu'un au revoiiiir!Dans environ 168 heures, ma vie va être complètement chamboulée : j’aurai droit à la 22 ème journée de rentrée scolaire de mon existence (et ça me fout un sacré coup !) suivie de 12 semaines de travail consécutives. On m’a déjà prévenue : 25h de cours hebdomadaires assortis de 3h de travail personnel par jour, sans compter le stage de 120h et le stage de 5 jours. Je ne veux pas faire de peine à mes deux lecteurs assidus (ma Louis XVI et Phanou, pour ne pas les nommer) ni aux pauvres gens qui tombent sur mon blog par hasard…et qui s’en sauvent rapidement, soit qu’ils sont déçus de ne pas y trouver de photos de filles à poil, soit qu’ils sont déçus de constater qu’il faut lire, mais le « p’tit monde de béné » risque d’être sans dessus-dessous et de ne plus tourner bien rond.
Finis ces longs monologues où je me plains des petits riens et des gros touts de mon existence plate et monotone ; finis les longs billets bourrés de nostalgie où je crie à la face du monde qu’être une adulte, ça craint et que je regrette, oh combien, la période de mes 9 ans teintée de bonnes notes acquises les doigts dans le nez, de Club Dorothée les mercredis après-midi et de Nesquick au goûter. Ma diarrhée verbale va faire place à un long moment de vache maigre car, il faut bien l’avouer, une vie réussie consiste surtout à avoir un job épanouissant. J’admets que raconter les détails intimes de ma petite vie à de parfaits inconnus me branche assez … mais ça ne paie pas (j’ai lu un article sur ces sociétés qui proposent à des bloggeurs une rémunération pour parler de leurs produits sur leur espace perso ; forcément, c’est pas tombé sur moi ! J’aurai quand-même pu me faire approcher par nutella ou la vache qui rit, non ?!). Bref, ma réussite professionnelle passe par l’école avec ses profs, ses cours et ses contrôles. Ce n’est pas tant de la motivation que de la résignation qui va me faire sortir du lit, lundi matin, je le sens déjà. Nuit et réveil difficiles en perspective!
Mais comme nous n’en sommes pas encore là, j’ai très envie de pondre un joli billet, dans la plus pure veine de béné, avec de la ronchonnerie, de l’humour, de la réflexion et une fin heureuse (dans d’autres circonstances, on appellerait ça un scénario de téléfilm de France 2). Quel thème choisir ? mon Homme bien sûr ! Pas tant parce que j’ai pris l’habitude de vous dévoiler ma vie de couple à tors et à travers que parce que j’ai envie de rester sur une note positive. Et lorsque je tomberai sur mon blog, l’air boudeur parce que je n’aurai pas le temps d’exprimer mes nouvelles pensées, je pourrai me déconnecter sereinement en me disant « oui, c’est vrai, pourquoi tu te plains de ne pas être sur ton blog aussi souvent qu’avant? au moins, tu as un Homme génial à domicile! ».
Il est vrai que quand je pense à mon couple, j’ai tendance à nous imaginer Lui et Moi, assis côte à côte, avec un petit angelot, cul nu avec bajoues bien rebondies, qui nous décocherait une de ses flèches (les gosses, ça joue toujours avec des jouets dangereux…et d’abord qui c’est qui lui a acheté un arc, à ce petit con ?!) Il n’y a qu’une seule preuve au véritable amour : supporter les défauts et les travers de l’autre malgré tout. Exemples vécus :
Mon Homme est un être bourré de petits principes. Ainsi, il m’est interdit de rentrer dans la salle de bains quand monsieur fait ses ablutions matinales, même si je toque, même s’il me répond « quoi ? » à travers la porte close. Moi je veux bien et je dois dire que je suis d’accord sur le fait que le voir, un gant de toilette à la main et un coton-tige dépassant de son oreille, briserait le romantisme. Mais comment je fais, moi, quand, certains matins où je suis moins en forme que d’autres, je n’arrive décidément pas à ouvrir la satanée cafetière et que j’ai besoin de son bras musclé à la Popeye pour sortir de cette situation ? De même, mon Chéri-Chéri a décrété qu’il ne faut pas s’asseoir sur le lit quand on est habillé avec autre chose qu’un pyjama sous prétexte que ça salit. Certes, il est vrai que quand j’ai usé mon jeans sur les sièges peu ragoûtants de la RATP, moi non plus je n’ai pas envie d’inviter toutes ces cochonneries sur mon oreiller. Mais, à l’entendre, on dirait que je n’ai pas encore appris à marcher et que je passe mes journées à ramper par terre pour ensuite amener toute la poussière du sol dans son lit. Alors que je passe ma vie assise sur le canapé bien propre. Et surtout, il y a un truc qu’il ne supporte pas chez moi … hein quoi, vous dites-vous, comment peut-il critiquer un être aussi parfaitement parfait que béné ?!! … Il se trouve que, mon organisme fonctionnant normalement, je perds des cheveux (je vous rassure : ils repoussent). Et dans la mesure où ils sont longs (du moins, jusqu’à un certain événement dont je vous ai déjà parlé), ils prennent de la place par terre. Et mon Homme ne supporte pas (facile pour lui : ses cheveux sont à peine aussi longs que ses poils de bras !). Régulièrement, il vient vers moi, la main tendue … pleine de mes longs cheveux qu’il a récoltés par terre, sur ses p’tits pulls etc… et me les donne. C’est bien gentil comme cadeau, mais que veut-il que j’en fasse ? Les recoller sur ma tête ? trop fastidieux. Les jeter à la poubelle ? il prétend que les cheveux s’envolent et retournent sur le sol, ses p’tits pulls etc… Les mettre dans le lavabo ? il râle que ça bouche le siphon. Les balancer dans le WC ? mes cheveux méritent mieux que ça ! Donc je les jette dehors, au-dessus de la fenêtre ouverte de ma voisine du dessous qui s’étonnera de trouver de longs cheveux sur son sol, ses p’tits pulls etc… Bref, j'ai l'impression d'avoir une deuxième maman sur le dos!
Mon Homme est 100% rital. Bien qu’il ait réussi à échapper à quelques traits typiques de son pays (pas ce qu’on peut appeler un « macho catégorie poids lourd », pas de cheveux « couleur corbeau », comme le chantait Claude Barzotti, ni de moquette doublée fourrure sur le torse et le dos), il y a un gêne auquel il n’a pas coupé : il a le poil de barbe dru et dur et il a beau se raser, il n’y peut rien, il pique. Tous les matins, je me précipite donc sur lui dès qu’il met un pied hors de la salle de bain pour faire ma réserve de bisous de la journée, car, une heure après, j’ai l’impression de faire la bise à un hérisson et, 10 heures après, j’ai l’impression d’embrasser un cactus (dans le doute, je cours devant un miroir vérifier si quelques poils/épines n’ont pas été se ficher dans la belle peau laiteuse de mes joues).
Mon Homme est un grand travailleur devant l’éternel. Il réfléchit, il cogite, il raisonne, il pense (donc il est). Tous les jours, 10 heures par jour. Son cerveau fonctionne non-top. Pas la peine de vous dire que quand je veux faire des patates vapeur, je n’ai qu’à poser la casserole sur sa tête pour faire bouillir mon eau. Mais son travail exige du silence. Chut, pas un bruit. Il demande aussi de la concentration. Ce qui signifie « béné, va jouer ailleurs ! ». Je m’occupe donc, avec les activités les moins bruyantes possibles, marchant à pas de souris sans dire un mot. Tout l’art de transformer un appartement parisien en monastère du mont Saint-Michel.
pas parler!
Le pire pour la fin. Je m’en suis déjà plainte à maintes reprises, mais mon Homme ronfle. A partir du moment où il s’installe dans le lit, je sais déjà que ma nuit ne sera pas complète. Les grincheux célibataires me diront « t’as qu’à mettre des boules quiès et basta ! ». Erreur. Car les malheureux dans le même cas que moi savent bien, eux, que ce n’est pas un vulgaire bouchon de mousse qui va freiner les nuisances sonores d’un semi-remorque endormi à côté de soi. Toutes les nuits, j’ai donc un orchestre philharmonique qui joue rien que pour moi (et les voisins) des œuvres inédites : concerto pour narines bouchées, symphonie en « rônfl » majeur, suite pour cordes vocales etc…
Ce qui fait chaud au cœur, c’est que je résumerais tout ceci par un « je m’en fous ». Et oui, n’importe qui d’autre affublé de ces mêmes tares se serait déjà pris mes 5 doigts dans la figure. Mais c’est mon Homme, alors je laisse couler. De plus, vous admettrez que c’est une liste bien maigre, en particulier comparé à toutes ses qualités. Comment en vouloir à quelqu’un d’avoir ronflé alors qu’il vous a fait passer la plus charmante des soirées à la Comédie-Française pour assister à la 1ère du Mariage de Figaro (c'était ça ou un pull neuf. Etant fan de théâtre, j'ai forcément choisi d'aller voir la pièce, vêtue de mes vieilles guenilles)? Allez béné, garde ça en mémoire : oui, tu es crevée, oui, tu as plein de travail, oui, tu ne peux plus t’amuser aussi souvent à écrire sur ton blog … mais tu as quand même le meilleur des hommes !
Après de rapides calculs, je suis arrivée à la conclusion que je pourrai éventuellement vous écrire 10 lignes le 23 décembre, entre une énième rediffusion du « Père Noël est une ordure », une révision de cours et l’élaboration d’un exposé. Mais qui sait, les maths, c’est pas mon truc, peut-être me trompe-je ?!!
September 20 le monstre du Loch BénéBillet pour crier à la face du monde ma rage et mon désespoir. Je suis défigurée des cheveux !
Je vous explique : vous vous rappelez que le week-end dernier, dans un moment de désoeuvrement total, j’avais entamé sur moi-même une « sculpture capillaire » qui consistait à remettre à niveau mon dégradé. Je dois dire qu’à force de respecter mon principe du « naaan, je veux pas aller chez le coiffeur ! », mes petites mimines, pourtant pas douées à grand chose, ont appris l’art du maniement du peigne et du ciseau…de bureau (ouais bon, je ne suis pas non plus équipée comme un pro !).
Après la coupe, je vous fais les sourcils?
Le seul hic, c’est que je n’ai pas fait l ‘école du cirque. La contorsion, ce n’est pas mon truc. J’ai donc décidé de laisser aux bons soins de mon Homme le travail de me couper les pointes, derrière, dans le dos. Ok, a posteriori, c’était une énorme responsabilité que je lui mettais entre les mains…sauf que sur le coup, je n’y ai pas prêté attention pour deux raisons : comme l’on sait, l’amûûûûr rend aveugle, ce qui fait que je n’avais jamais vraiment remarqué qu’il n’y a que quand il enlève le gras d’un poulet cru que mon homme manipule des ciseaux. Et deuxièmement, même mon père (un monsieur muscles qui vous broie la main en vous disant bonjour, à force de soulever toutes sortes de poids tous plus lourds les uns que les autres –sacs de terreau de 120 litres, armoire normande, sachets de courses de ma mère…-) trouve assez de délicatesse en lui pour manier avec agilité les ciseaux, quand il s’occupe des pointes de ma mère.
naaan, Chéri-Chéri, c'est pas comme ça qu'on coupe les cheveux!
Lundi soir, à peine sortie de la douche, cheveux dégoulinants sur le carrelage de la salle de bains, j’appelle mon homme et lui tend sans trembler l’outil qui va servir ma propre destruction. Je lui explique le déroulement de l’opération : on peigne, puis trois petits « znip-znip-znip » avec le ciseau et c’est fini. Mon Homme peigne, puis « znip-znip-znip-znip-znip-znip…. ». -Euh, ça va là derrière ? Qu’est-ce que tu fabriques ?! -Rien rien mais c’est pas facile avec ces ciseaux. Et puis je ne sais pas faire, moi ! Après 10mn d’acharnement, mon Homme renonce. Je veux voir les dégâts. Dieu soit loué qu’il n’y ait même pas une glace portative dans tout l’appartement : l’horreur m’a paru moins grande quand je me suis vue dans le petit-miroir-de-mon-pot-de-poudre-couleur-ivoire-que-je-ne-mets-jamais. Mais horreur(s) il y avait tout de même : j’avais les cheveux sous les omoplates et je les retrouve à ras de mes épaules, j’avais de beaux cheveux raides et à présent j’ai tout le côté droit qui rebique, j’avais des cheveux trop longs certes mais réguliers et je me balade maintenant avec une coupe post-modern dite « flux et reflux » (ça monte et ça descend et ça remonte et ça redescend… Les poux vont forcément s’inviter sur ma tête, pour jouer aux montagnes russes !)
Je les aimais bien moi, mes cheveux...
Le pire, c’est que mes cheveux ne tiennent même pas dans un élastique quand je veux masquer le carnage. Quand je pense que dans une semaine et demie, je vais rencontrer, avec cette tête, des gens que je vais cotoyer pendant 2 ans à l’école d’interprètes. Si avec ça, je ne me retrouve pas avec un surnom style « balai à chiottes » ou « hiroshima » ! Va falloir que je ruse pour cacher la monstruosité...
J'hésite...
Heureusement que je ne suis pas mariée, parce que ce serait un bon motif de divorce, moi je vous le dis !
En conclusion, une pensée philosophique : il faut souffrir pour être belle, mais quand on n’arrive pas à être belle, qu’est-ce qu’on souffre !!!
September 17 béné s'ennuie (pour pas changer!)Bilan de mon week-end appelé aussi « opération : toute seule comme une conne à Paris ». Pas beau à voir. Mais, comme vous avez appris à me connaître, vous vous doutez bien que je vais partager avec vous cette décrépitude de fin de semaine.
Rien à faire : Vendredi. En rentrant de la gare, esseulée et désorientée (je me suis paumée en cherchant ma correspondance de métro, station pyramides), j’avais besoin de m’occuper les mains autrement qu’en me curant les dents. Je retrousse mes manches, fais tourner 2 machines, pends le linge, passe l’aspirateur, surfe sur le net et fais tourner le lave-vaisselle. J’avoue que le lave-vaisselle m’a grandement occupé car, douée comme je suis, j’ai réussi à le bloquer ! J’ai passé 3h30 à jouer les réparateurs Darty pour finalement résoudre le problème comme une grande. La fierté se lisait sur mon visage ! La soirée, avachie devant la télé, zappant entre le déprimant documentaire sur les autistes de France 3 (sujet cynique et croustillant, qui fait de l’audience) et le match de rugby de tf1, j’attendais le coup de fil de mon Chéri-Chéri pour me rassurer car je suis un tantinet alarmiste et pessimiste. Après avoir entendu sa voix rassurante à l’autre bout du combiné (« non, mon train n’a ni explosé en une grosse boule de feu, ni déraillé et tombé au fond d’un ravin »), j’ai été me coucher…mais pas dormir (personne pour me piquer la moitié de votre place dans le lit, tirer la couette vers lui et ronfler comme si je dormais à côté d’un marteau-piqueur, ça a sérieusement perturbé mon aptitude à sombrer dans le sommeil). Samedi. Appartement nickel et aucune activité en vue. J’ai passé ma journée à mater l’intégrale des Sex in The City (je m’étonne encore de ne pas avoir reçu une pétition des autres locataires de l’immeuble, las d’entendre toutes les 35mn le générique de la série !). L’après-midi, étant dans le dénuement le plus total, j’ai saisi une paire de ciseaux et commencé à tailler dans mes tifs maigrelets pour me faire un joli dégradé censé me donner du bouffant (en vrai, l’opération consistait à rafraîchir la jolie coupe qu’une coiffeuse assermentée m’avait faite, il y a plusieurs mois et que je n’ai pas les moyens d’entretenir en salon. Comme il est difficile de vivre dans la peau d’une étudiante fauchée ! Je vais finir par vendre mes ovules sur internet si ça continue). Dimanche : ennui et repassage. Non, ce n’est pas le titre du nouveau film de Claude Lelouche, c’est juste le résumé de mon assommant Jour du Seigneur. Je me morfondais autant que si on m’avait forcé à assister à une messe d’enterrement qui dure une journée entière (il n’existe rien de plus pénible que ça, surtout si le défunt est le cousin germain du voisin de la femme de ménage). Bien sûr, j'étais forcément collée contre la télé, pendant la soirée, pour prendre ma petite dose d'arcades sourcilières pétées, de mêlées bestiales ... et de fou rire en écoutant les grands gaillards chanter (faux) leur hymne nationale! Aujourd'hui, au programme: aspirateur, courses (histoire de donner une idée d'abondance quand on ouvre la porte du frigo -dans lequel il y a de l'écho la plupart du temps-) et pomponnage pour accueillir dignement mon Homme.
bienvenu à la maison, Chéri-Chéri!
Bouffe et boufferaille : Il n’y a rien à faire : quand je suis seule, je mange n’importe quoi. Même pas du gras ou du sucré, juste du n’importe quoi. Je dois être la fille la plus « m’en-foutiste » de son alimentation que la terre ait jamais portée ! Vendredi soir, dans la mesure où je savais que mon Homme allait m’appeler et me poser la fatidique question « Tu as mangé ? » puisqu’il sait que j’ai une fâcheuse tendance à me laisser dépérir quand je n’ai que moi à nourrir, j’avais fait un énôôôôrme plat de spaghetti accompagné d’un boîte de thon et de mayo en tube (pas très appétissant, je l’avoue, mais ça m’a permis de ne pas mentir quand je lui ai annoncé fièrement « ouiiiii ! »). Le samedi soir, je me suis contenté d’allumer le four et d’y mettre 2 croissants jambon/fromage surgelés (deux, simplement parce que j’ai eu la flemme de les séparer en les sortant de la boîte…). Dimanche, je me suis préparé un vrai repas de gamin : spaghetti à la vache qui rit. J'ai honte. Mes repas de midi n’ont pas été très variés, puisque, en 4 jours, j’ai avalé 4 sandwiches au blanc de poulet/tranche de gouda/tomate.
les spaghetti: longs et fins ... le contraire de moi!
Pour résumer, j'ai passé deux jours cloîtrée chez moi. La bonne nouvelle, c'est que le temps ne m'a pas paru si long (point positif: je peux m'inscrire à Loft Story). La mauvaise nouvelle, c'est que les voisins vont commencer à jaser ("que fait la nouvelle voisine de ses journées?!!!"), je n'ose pas penser à ce qu'ils imaginent ...
mmmmh, une bonne soupe de rats!
September 15 in bed with bénéMa vie est bouleversée, plus rien ne sera comme avant : mon Homme est parti. Chez son frère. Pour le week-end. Bon d’accord, comme rupture, on a connu plus long dans l’histoire. N’empêche que mon biorythme est chamboulé. Ce mode de vie situé entre le « glandage » et le « farniente » que j’ai élaboré depuis début 2007 (moment où on m’a dit que je devais rester à la maison, me lever à pas d’heure et, éventuellement, écrire un mémoire) n’est plus d’actualité.
![]() Allez, je vous invite à la maison pour que vous aussi vous découvriez l’art de ne rien faire de ses journées. Ambiance « confessions intimes : venez découvrir les petits secrets de béné »
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AUBE : Réveil en sursaut à 5h30, comme tous les matins. Je me contorsionne dans tous les sens pour arriver à voir l’heure sans réveiller mon Homme ce qui achève de bien me réveiller … et de m’apercevoir qu’il ronfle (ou respire fort, c’est au choix). Impossible de me rendormir. J’essaie de trouver une position confortable : je me tourne et me retourne dans le lit en faisant des sauts de grenouille qui a la colique, évitant d’avoir la lumière du lampadaire dans les yeux à travers les persiennes, tirant sur la couette en espérant en récupérer 2 cm (j’ai la fesse frileuse) et repoussant le plus loin possible le 2ème oreiller de mon Homme qu’il a balancé sur mes jambes pour être plus à son aise.
MATIN : 8h45 : Morphée se rappelle que j’existe et me tend ses bras. C’est le moment que choisit l’Homme pour se réveiller : baillement à se décrocher la mâchoire, frottage d’yeux jusqu’à ce que les globes oculaires soient complètement retournés dans leurs orbites puis levé en un bond vêtu d’un simple T-Shirt (ce qui me permet de me rincer l’œil sur ses jolies fesses rondes et dodues) et direction les toilettes. Pendant ce temps, j’en suis encore à mesurer le pour et le contre sur l’éventualité de me lever. Voyant maintenant mon Homme courir prendre sa douche, je me décide à enfiler mes chaussons et à aller moi aussi vider ma vessie. Cette noble mission remplie, je me dirige vers la cuisine, où je prépare, telle Shéhérazade, le café de mon Homme dans sa saleté de cafetière (italienne bien sûr !) : pas la peine que je m’adonne à la scarification, les marques que me laisse sur la peau la cafetière que j’ai eu du mal à dévisser suffisent. Je rince le tout sans laver (j’ai retenu la leçon : ne jamais laver une cafetière italienne avec du produit vaisselle, sacrilège sacré pour un rital que de boire son café avec un arrière-goût de « parfum pomme »). La cafetière de mon Homme est conçue pour ½ tasse ( !?) : tous les matins, je ressemble donc à un alchimiste, essayant de viser pour mettre le café dans la mini-cafetière sans en verser la moitié à côté avec ma cuillère trois fois trop grande. Je revisse, je rince, j’essuie et je pose le tout sur la plaque de cuisson : mon Homme fera le reste. Dans le même temps, j’empoigne l’éponge et me mets à nettoyer les 3 ou 4 tasses qui traînent depuis 5 jours sur le bord de l’évier (trop fragiles pour le lave-vaisselle). Je perds le quart de mon poids en eau à force de frotter pour enlever le résidu de café fossilisé au fond des tasses. Corvée accomplie, je cours allumer l’ordinateur, pour vérifier que je n’ai pas eu de mail … et effectivement, je n’ai pas eu de mail. Retour dans la chambre. Je m’assois 5mn sur le lit en me disant que si j’étais sportive et pleine de bonne volonté, je pourrais faire des abdos (j’ai dit « si » !). Mon Homme sort de la douche et me rejoint, tout nu (wouaw wouaw !). Il réfléchit pendant 6 ou 7 minutes pour savoir quel slip blanc il va porter aujourd’hui, met 1/4 d'heure pour trouver la paire de chaussettes assortie à son pantalon (il me martèle que tous les mecs coordonnent leur futal et leurs chaussettes...Eh, Phanou, tu fais pareil toi?) mais n’hésite pas une seconde sur le choix de sa chemise. Au passage, il se plaint que je l’ai empêché de dormir la nuit parce que je bougeais et que je ronflais. A mon tour d’aller me laver. Patch anti-points noirs sur le nez et brosse à dents dans la bouche, je m’ausculte dans le miroir : visage à 2cm pour comptabiliser mes boutons, zones sèches, zones grasses… ; de profil pour vérifier si j’ai grossi ; de dos pour voir l’état de mes cheveux. Puis douche. Mon homme a la manie d’ouvrir 36 sortes de gels douche et shampoings en même temps. Tous les matins, c’est le dilemme : ai-je envie de sentir la vanille, la pêche ou les fleurs des champs ? ensuite vient le pire moment de la journée : le shampoing sous la douche. En voyant mes mains après avoir shampouiné, je constate que je suis une vieille qui perd ses cheveux (horrible sensation) mais le pire reste de devoir enlever tous les cheveux qui sont allé se coincer entre mes fesses (très horrible sensation !!).
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MATINEE : Toute propre et étincelante, me voilà fin prête pour une nouvelle journée de glandage. Je commence par aller faire un bisou à mon Homme qui lit les mauvaises nouvelles du monde sur internet avant d’entamer ses 10h de boulot quotidien. Moi, je m’occupe à l’aide de moultes activités.
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ACTIVITES DE LA JOURNEE : En premier, il y a bien évidemment les activités ménagères. Je commence par faire le lit, ce qui consiste, dans les grandes lignes, à tirer la couette de manière à ce qu’elle dépasse d’au moins un mètre de mon côté. Simple prévoyance, car avec le temps, j’ai compris que le premier réflexe de mon Homme avant de se coucher était de tirer vers lui la couette (qui se retrouve donc bien centrée sur le lit…pour au moins 2h). Il me prend aussi de passer l’aspirateur, quand je remarque que trop c’est trop et que le sol de la salle de bain ressemble à un musée de poils humains (j’avoue : c’est en grande partie ma faute). Les courses également sont au programme : je pourrais me rendre au Franprix les yeux fermés, en passant faire un coucou à mon pote le boulanger. Et oui, quotidiennement, munie de mon cabas qui me vieillit d’au moins …hof : 50 ans, je vais au ravitaillement du frigo, en quête de denrées variées, équilibrées et diététiques … et en ressort avec des desserts au chocolat, du saucisson, de la vache qui rit… Mon homme ne mourra pas de faim, c’est le principal. Et enfin il y a ZE activité, celle qui prend trois heures et qui me met en transpiration : le repassage. Quand je reviens d’un séjour en Lorraine, j’ai toujours la surprise de tomber nez à nez avec une montagne de vêtements chiffonnés qui m’attend dans la chambre. Mon Homme m’explique fièrement qu’il a tout lavé pendant mon absence (traduction : il a transporté une grosse boule de vêtements du panier à linge sale de la salle de bain à la machine à laver dans la cuisine puis a tout jeté en vrac sur l’étendoir à linge sans prendre la peine de mettre les slips à l’endroit). Bref, je passe 10mn à installer la planche à repasser, à brancher mon fer Phillips avec inscriptions en italien et à trouver le CD approprié à mon état d’âme du moment qui m’accompagnera pendant mon dur labeur (pendant que mon Homme travaillera devant son ordi avec des boules quiès jaunes qui lui sortent des oreilles) et allons-y gaiement. Naaaan, allez, j’exagère : effectivement je tombe nez à nez avec une montagne de tissus, effectivement je repasse en musique avec un fer italien … mais mon Homme est une perle je vous dis : non seulement il lave mes fringues avec les siennes, mais en plus il précise bien que je n’ai que mes affaires à repasser, lui il s’occupera des siennes. Ce qui est hors de question : j’ai peut-être un poil dans la main, mais ce n’est pas encore de la fourrure ! Avec tout le travail qu’il a, je peux bien repasser ses chemises, non ?! Et ça me fait tellement plaisir de savoir que je contribue un chouia à le rendre beau et sexy dans ses petits pantalons. Je passe sur d’autres activités « femme au foyer » telles que l’époussetage, la vaisselle ou la contribution à l’élaboration de la montagne de linge à repasser (et oui, même béné sait se servir de la machine à laver: pas une seule fois je n'ai fait de mauvaise manip, pas une seule fois je ne l'ai fait exploser ou mise en orbite autour de la terre, pas une seule fois mon Homme ne s'est retrouvé avec des slips rose pâle....il m'est juste arriver d'oublier de mettre la lessive dedans...) Une autre catégorie d’activités est la catégorie « je fais marcher mon cerveau pour ne pas qu’il se ramollisse ». On commence par le principal : je révise ma Langue des Signes à tort et à travers. Un mot ou une phrase que j’entends et me voilà gigotant les mimines pour vérifier que je saurai les traduire. Un miroir en face de moi et je me retrouve à gesticuler devant (non, ce n’est pas une preuve flagrante de narcissisme : c’est juste qu’avec un miroir, je peux me corriger). De temps en temps aussi, je rentre dans l’univers clos des profs, par la petite porte, quand, dans ma grande bonté, je décide d’aider mon Homme : il m’arrive donc de donner mon avis sur des articles qu’il a rédigés, de corriger quelques fautes d’orthographe (que ceux qui n’ont jamais oublié un « S » lui jettent la première pierre !) en ruminant parce que même en étant italien, il fait moins de fautes que moi en français. Je regrette simplement d’avoir dû mettre entre parenthèses mon gros chantier de l’index des noms propres du Siècle de Louis XIV (c’est un livre de Voltaire, pour ceux qui l’ignorent), faute de moyen (l’ordinateur étant monopolisé par quelqu’un). Voilà pour mes plus importantes activités intellectuelles, car avec les autres, le niveau dégringole. Jugez-en par vous même : mots croisés (je n’ai jamais réussi à accéder au niveau 3), lecture (ma lecture la plus sérieuse étant celle du Nouvel Observateur, dans les toilettes ; Foin de Kafka, Balzac ou Tolstoï, mes goûts se situent plutôt vers Nicole de Buron, grande prêtresse des romans sur la vie de couple drôles et faciles à lire, le soir, à la chandelle). Outre ces occupations, il existe une catégorie à propos de laquelle je ne m’étendrai pas : les activités pathétiques. Manger toutes sortes de choses « fourrées », « enrobées » ou simplement « au » chocolat me prenant la moitié de la journée, je peux sans hésiter le mettre dans cette catégorie. Jouer aux cartes seule avec moi-même aussi (je trouve même le moyen de perdre !). Et surtout, je vous raconte tout ça en pianotant des heures sur le net ! Honte à moi ! Et puis il y a L’activité, inclassable : embêter mon Homme. J’ai beau savoir qu’il travaille, je ne peux pas m’empêcher de me faufiler dans son bureau, lui envoyer une rafale de bisous, le tripoter, lire son texte par-dessus son épaule, m’asseoir sur ses genoux, le chatouiller, etc… Conclusion : je suis chiante et mon Homme est un saint.
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MIDI : D’un commun accord, mon Homme et moi avons convenu que les midis, le déjeuner serait léger. Sauf que pour nous, « léger » n’a pas la même définition que pour un nutritionniste. Le premier réflexe de mon Homme, une fois à table, est de se couper un bout de pain plus long que le bras. J’en prends aussi, mais avec plus de modération. Du pain seul, ce n’est pas bon, alors on étale ou tartine dessus toutes sortes d’aliments « légers … en temps de préparation » : jambon, saucisson, thon, fromage à 75% de matière grasse etc… Ce bon sandwich avalé, on poursuit avec les fruits (raisin, poire, banane, orange…), le pêché mignon de mon Homme. Repas terminé. Mon Homme se prépare un café, en mangeant quelques biscuits soft (c’est-à-dire sans chocolat) tandis que j’attaque une danette au chocolat (et que je lui bouffe quelques uns de ses biscuits). La cuisine rangée, mon Homme relit les mauvaises nouvelles du monde sur internet, avant de continuer ses 10h de boulot quotidien. Moi, je reprends mes activités là où je les avais laissées.
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GOUTER : Tous les diététiciens vous le diront : ils ne faut pas zapper la collation de 16h. Je suis d’accord avec eux. Les diététiciens disent aussi qu’un goûter est composé d’une boisson, d’un laitage et d’un fruit. C’est là que nos avis divergent. Personnellement, je trouve que rien ne vaut une bonne tartine avec couche épaisse de nutella avalée avec un grand verre de lait ! Je me doute qu’à ce rythme-là, je vais finir par ressembler à un modèle de Rubens, style « femme enceinte d’un œuf de dinosaure » mais le nutella est tellement bon pour le moral ! Mon Homme, lui, se contente d’un énième café avec biscuits avant d’aller rerelire les mauvaises nouvelles du monde sur internet et recontinuer ses 10h de boulot quotidien.
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DINER : Deux cas de figure existent. C’est mon Homme qui cuisine. A 19h30, il sort de son bureau, retrousse ses manches et me prépare, tel le chef cuistot d’un resto 3 étoiles, un excellent dîner où je n’aurai eu qu’à mettre la table. OU C’est moi qui cuisine. A 18h30, je m’enferme dans la cuisine et n’en sors qu’à 20h. Ne vous y trompez pas : je cuisine très bien … j’ai juste deux mains gauches dès qu’il s’agit d’éplucher une pomme de terre, râper une carotte ou émincer une escalope de poulet. Ce qu’une personne normalement constituée peut faire en 20mn, je le fais en 50. Pendant que le petit plat mijote sur le feu, j’entame des sprints pour mettre la table dans le salon tout en m’assurant que la viande ne crame pas dans la cuisine. Opération réussie ! Le plat est parfait … dommage que j’ai oublié de mettre du sel, comme à mon habitude… La fin du repas est toujours la même. Tout en mangeant des fruits, mon Homme se pique de me faire réviser mon italien. Ma bonne volonté aidant, je fais l’effort pendant 3 phrases puis le bouton VO se rallume dans ma tête. Ensuite, mon Homme va dans la cuisine où sa mission consistera à tout ranger dans le lave-vaisselle pendant que je ferai des allers-retours cuisine/salon avec les assiettes sales, le croûton de pain qui reste, la bouteille d’oasis etc.. L’appel de l’ordinateur étant le plus fort, mon Homme y retourne pour rererelire les mauvaises nouvelles du monde sur internet avant de rerecontinuer ses 10h de boulot quotidien.
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SOIREE : Quand mon Homme n’a pas bouclé tout le travail qu’il avait prévu pour la journée, je dois en prendre mon parti et passer une soirée romantique toute seule. Au choix, je peux m’affaler sur le canapé avec un bon livre, m’avachir par terre devant la télé avec des écouteurs ou m’écrouler sur le lit pour rêvasser en écoutant de la musique, le tout en tenue glamour (chignon défait, lunettes incrustées sur le nez, gilet difforme) Quand mon Homme est libéré de tout travail, je peux passer ma soirée sur ses genoux en regardant les diverses conneries qu’on trouve sur internet. Sinon, on peut entamer une longue discussion jusqu’au bout de la nuit, assis sur le canapé. Ou alors, on s’installe devant la télé pour regarder un film. Plus rarement, des éléments extérieurs nous font sortir de notre trou (cinéma, restaurant ou balade avec des amis) ou chamboulent notre train-train quotidien (des amis viennent manger ou passer quelques jours à Paris).
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COUCHER : Vers 23h, je vais me préparer à faire un gros dodo pendant que mon Homme rerererelit les mauvaises nouvelles du monde sur internet (c’est l’homme le mieux informé de toute la planète). Quand je suis sous la douche, je l’entends sortir pour descendre la poubelle … et aller chercher le courrier. Au tour de mon Homme d’aller se préparer. Il enlève son pantalon et le laisse traîner sur la petite table de son bureau, au-dessus d’une pile d’autres pantalons puis entre dans la salle de bain où il allume sa brosse à dents électrique qui fait un bruit d’enfer. Pendant ce temps, je me faufile en douce dans la cuisine pour avaler un verre de lait … et un kinder maxi. Je me tiens toutefois sur mes gardes, prête à jeter loin de moi cette barre chocolatée, au cas où mon Homme débarquerait dans la cuisine. Pas que je doive m’excuser de manger des kinders, je suis une grande fille, responsable de mes actes … mais ça me donne mauvaise conscience de faire mes réserves de sucre pour tout l’hiver alors que mon Homme résiste et ne se nourrit que de fruits et de biscuits au beurre bretons. Une fois la peau de mon ventre bien tendue, je fonce au lit et attends mon Homme. Il arrive, se couche, met ses lunettes et espère pouvoir lire. Moi j’ai envie de l’embêter. Compromis : je l’embête 5mn puis je le laisse lire. J’ouvre mon livre d’Hercule Poirot et lui ouvre la Condition Humaine de Malraux. Je ne comprendrai jamais comment on peut lire un livre intelligent en étant affalé en pyjama dans un lit ! Pour moi, ce genre de livre se lit en costume cravate, assis bien droit sur une chaise de la Bibliothèque Nationale. Extinction des feux. En moyenne, je mets une heure à m’endormir. Mon Homme met 10mn. Du coup, je suis toute ouïe pour écouter ses merveilleux ronflements : « Rônfl » … court silence … « Rôôônfl » …. Petit silence … « Rrrrr » … long silence, mes paupières se font lourdes … « Rrrrrrôôôôôôôôônnnnnnffffflll » me voilà bien réveillée ! Dans le doute, je vais ouvrir la fenêtre car il me semble que mon Homme a inspiré la moitié de l’air de la pièce ce coup-là! Et ainsi de suite jusqu’à ce que, épuisée de faire des bonds de kangourou dans le lit pour faire cesser ce chahut sonore (si si, ça marche), je tombe dans un profond sommeil, en attendant de me réveiller en sursaut à 5h30.
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La boucle est bouclée : vous venez de survivre à 24h dans la vie de béné et je suis sure que vous en baillez d’ennui. Je dois l'admettre: il faut de longues années de préparation pour supporter le rythme de béné (un mouvement toutes les 3 secondes) et pour ne pas sombrer dans la dépression. Pour ma part, je sens qu'il me faudra de longues années de préparation pour supporter le rythme d'enfer qu'on va me faire subir à l'école d'interprètes! Mais pour l'instant, j'essaie de ne pas être déstabilisée par le fait que mes nuits sont silencieuses, que personne ne me tire hors du lit le matin, que je n'ai pas à ramasser des pantalons partout dans l'appartement, etc.... Comme elle serait triste et fade ma vie, sans mon Homme!
September 09 la béné nouvelle est arrivée!Après une période de 'ruminage', 'ruminement' et de 'rumination' sur le fait qu’à présent je fais office de « vieille » pour des lycéens de 18 ans, la pilule est enfin passée : oui, j’ai 25 ans et j’assume ! C’est vrai quoi, c’est pas si grave : je peux toujours me dire que le cheveu blanc que j’ai sur ma tête est dû non pas à la vieillesse mais au stress de la rude vie que je mène ! C’est quand même moins pire que mon pote qui a avalé une de ses dents en mangeant un couscous, non ?
Revoilà donc une béné pleine de bonnes résolutions quant à la poursuite de sa vie !
ETUDES
Le cerveau est un merveilleux organe. Il démarre au moment où vous vous levez et s’arrête au moment où vous arrivez à la fac.
Voyons voir ce qui m’attend côté études. Destination école d’interprètes. A priori, rien de nouveau depuis que je me suis assise à mon premier pupitre : mes journées vont consister à être avachie sur une table, écoutant avec plus ou moins d’attention l’intelligent professeur qui va me parler un jargon incompréhensible en martelant que « mais si, c’est facile voyons ! ». Pour le côté adrénaline, je me contenterai des quelques semaines de révision pré-exam. J’en meurs d’ennui par avance. Ajoutez à cela quelques stages par-ci par-là où je me poserai dans un coin en prenant des notes sur le « professionnalisme des professionnels ». Conclusion : je vais me noyer dans la lassitude et les profs vont me tirer vers le fond. Mais il paraît qu’il faut en passer par là pour devenir une grande personne, alors allons-y de bon cœur !
L’intelligence, c’est comme les parachutes : quand on n’en a pas, on s’écrase.(P.Desproges)
TRAVAIL
Il ne faut jamais remettre au lendemain ce qu’on peut faire faire par quelqu’un d’autre le jour même.
A long terme, la sourde douleur cérébrale que je vais devoir subir pendant encore 2 ans dans cette école va me permettre de réaliser mon rêve : devenir interprète professionnelle en Langue des Signes. Joie. Je me sens déjà prête à me jeter dans la mêlée (petite pensée aux rugbymen en passant) de tous ces interprètes qui se chamaillent pour pouvoir aller traduire une conférence, concurrence oblige. Certaines personnes de mon entourage, beaucoup plus enthousiastes que moi je dois dire, me voient déjà sur France 3 en train de traduire les débats de l’assemblée. Oh la mes amis : contenez-vous s’il vous plaît ! A court terme, pour résumer, je dirais « c’est le caca ». Il y a quelques mois de cela, quelle ne fut pas ma joie d’apprendre que j’étais interface vacataire, j’avais déjà des dollars plein les yeux….c’est juste très dommage que tout le monde veuille avoir une interprète et pas une interface. Ca me laisse beaucoup de temps libre pour réfléchir à ma triste condition. Les seules perspectives que j’ai sont le mac do ou la garde de toutous/matous (je ne suis pas sure que les parents qui m’embaucheraient comme baby-sitter retrouveraient leur enfant sain et sauf à la fin de la première soirée –j’ai comme qui dirait les nerfs à vif- et mes piètres qualités de pédagogue ne feraient pas de moi l’employée modèle de chez Acadomia.fr).
Ceux qui se sont sagement limités à ce qui leur paraissait possible n’ont jamais avancé d’un seul pas (coluche)
SANTE
Caleçon qui gratte, morpions qui squattent
Molle. C’est comme ça que je me définirais. Le peu de tonus que j’ai en moi me sert à me lever le matin : autant dire que mon taux d’énergie est proche du niveau 0 (et pourtant je bois du Yop ! Pourrais-je les attaquer en justice pour publicité mensongère ?!). Disons alors que ma santé pourrait être nettement pire … et vachement mieux. J’avoue que de temps en temps, quand je tâte mon biceps flasque, j’ai des petits passages à vide où le désespoir me pousse à penser que je pourrais me mettre au sport. Sans compter que Phanou, un « vétététététététiste » chevronné qui s’hydrate à la margarita, me donne mauvaise conscience (honte à toi, Phanou !). Mais je dois dire que le contexte de la coupe du monde de rugby me donne surtout envie de rester prostrée dans un fauteuil devant la télé. C’est quand même plus émoustillant de mater les mecs en short que de transpirer avec comme seul but celui de récupérer une baballe. Quel festival de testostérone sur mon petit écran : ces armoires à glace, ces protège-dents, ces bandages, cet accent toulousain, ces oreilles déformées, ces coups de coudes, ces maillots maculés de sang, miam miam pour mes yeux ! C’est décidé : je vais officiellement devenir une sportive du dimanche, comme les ¾ des hommes de France. Dès demain, je vais acheter mon équipement sportif (pas à décathlon mais à franprix) : canettes de coca, paquets de chips et biscuits apéritif.
Tousse pour un, rhume pour tous
MARIAGE/VIE DE COUPLE
Se marier, c’est partager à deux les problèmes qu’on n’aurait pas eu tout seul
Je me suis déjà vanté à plusieurs reprises de ma situation amoureuse mais je ne peux m’empêcher d’en remettre une couche. Je le dis haut et fort : les filles n’ont plus à chercher l’Homme Idéal parce que c’est moi qui l’aiiiiiii !! Béné serait-elle en voie de prendre le chemin de la mairie et de l’église ? et bien, pour piquer une phrase à De Gaulle, je dirai : non, franchement non ! Entre mes péripéties bancaires et mes emmerdes universitaires, plus je me trouve loin de la Puissante Administration, mieux je me porte. Et honnêtement, pas la peine de remplir une tonne de paperasses, de louer une salle pour nourrir de langoustes/mayonnaise et de pièce montée une foule de membres de la famille que je n’ai pas vus depuis 15 ans ni de payer 80 m² de tissus blanc (en magasin, on appelle ça « une robe de mariée ») dans lequel, avec mon teint de lavabo, j’aurai l’air d’une revenante pour avoir le droit de faire des papouilles et des tatouilles à mon chéri! Comme je dis toujours : c’est le fait de continuer à vivre avec lui et de le trouver super craquant malgré ses ronflements, sa façon de manger tout le pain à table ou de laisser traîner ses pantalons dans le salon, sa préférence pour les slips kangourous blancs (les noirs sont tellement plus sexy !) et pour tout ce qui est « made in Italy » qui prouve que c’est l’Homme de ma vie ; pas un vulgaire bout de papier qui dit, en gros « béné accepte de s’enchaîner à son Homme jusqu’à ce que mort s’ensuive » sur lequel j’aurais apposé ma signature ! J’ajouterais que l’idée la plus communément admise étant qu’un couple marié ne fait plus d’effort de séduction, je me vois mal finir avec des jambes de yéti, une bouée de chair autour de la taille, le cheveu gras et un début de moustache. Joli tableau.
Les amoureux rêvent, les époux sont éveillés (A.Pope)
ENFANTS
Les enfants, c’est comme les pets : on ne supporte que les siens
Dans l’usage courant de la langue française, les synonymes de « enfant » sont : amour, ange, bambin, chérubin, poupon, etc… Dans l’usage courant de la langue de béné, les synonymes sont : braillard, chieur, diable, mioche, morveux, etc… Rien ne me donne plus la chair de poule que d’entendre le mot « progéniture ». Il faut dire que dans mon imaginaire, un lardon basique représente un boulet qu’il faut surveiller 18 ans durant (pour les plus précoces. Cela peut monter jusqu’à 45 ans, pour les enfants en grande difficulté) car incapable de s’occuper de lui-même. De plus, n’étant pas très douée pour faire des choix, décider d’avoir un bébé relève du dilemme (même si pour beaucoup de parents, le vrai dilemme arrive au moment de choisir le prénom : Léonce ou Philibert ?). En contre, on peut penser à la longue attente avant que monsieur spermatozoïde ne rencontre mademoiselle ovule et qu’ils se marient (paraît que le taux de fertilité diminue à partir de 20 ans ; mon grand âge n’arrange donc rien), aux nausées, aux 90 femmes sur 100 000 qui meurent durant l’accouchement (et imaginons que je touche du bois, que je n’accouche pas seule sous un pont et que je passe au travers, cette journée sera-t-elle vraiment 'le plus beau jour de ma vie' ? rien qu’une visite de contrôle chez la gynéco est un vrai calvaire pour moi !), au biberon de 3h du mat’, à la salle de bain transformée en entrepôt de couches-culottes, à la sélection d’une baby-sitter ni sadique ni alcoolique, à l’environnement violent et pollué dans lequel l’enfant grandira, etc… En pour, on peut penser à un beau bébé joufflu qui ressemble à son papa. Là n’est pas le pire. Une fois la décision d’assurer la descendance prise, on ne doit pas oublier qu’un mouflet, ça entraîne des risques : je ne parle même pas du risque de me retrouver avec le même tour de taille que ma mère mais plutôt du risque de la déception. Un bébé, ce n’est pas « satisfait ou remboursé ». Une fois que la petite crevette rose m’aura gâché mes nuits et sera apte à endosser un cartable, quelle sera ma réaction si je découvre que, influencé par le langage sms, mon têtard est incapable d’écrire 3 mots sans faute d’orthographe, alors que je l’ai nourri dès sa première dent avec des pâtes alphabet ? Comment ne pas sombrer dans la dépression s’il loupe 2 fois son bac et que cela ne le chiffonne pas plus que ça car son projet professionnel est de devenir batteur dans un groupe de rock ? Vais-je déprimer si je m’aperçois que mon beau bébé rose qui sent bon est devenu un affreux rouquin boutonneux qui a tendance à faire du gras ? Ce qui me sauve de ce choix difficile pour l’instant, c’est que je ne suis financièrement pas capable d’assumer l’achat de vêtements « Charlotte aux Fraises », de barrettes barbie, d’un cartable « Dora L’exploratrice »/ d’une montagne de playmobils, d’un sac à dos scoubidou et d’un blouson GI Joe. Vive le compte en banque dans le violet !
Votre enfant devient un adolescent quand il cesse de demander d’où il vient et qu’il ne dit plus où il va.
AMIS
On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde (P.Desproges)
Il est si rare d’avoir de vrais amis que je devrais placer cette catégorie en priorité sur ma liste de résolutions. En premier, ne pas perdre contact avec ceux que j’ai dans ma Lorraine natale, même si je dois bien avouer que les études, les mariages, les bébés et les déplacements pour cause de boulot ont déjà grandement contribué à me faire perdre de vue la plupart de mes amis de lycée. Que peuvent bien être devenu toutes ces personnes dont j’ai les photos dans mon album, album que je feuillette de temps en temps en essorant mon kleenex, les yeux gonflés et la truffe humide. Je reste donc bien accrochée à ma Louis XVI, telle une moule sur son rocher ! Surtout, il devient urgent de me faire des amis à Paris. Je me sens comme Cendrillon, seule chez elle à récurer le sol (ok, j’en fais un peu trop là). Des connaissances, j’en ai (du genre avec qui j’ai, un jour, passé un bon moment de rigolade -pas plus de 3h- et qui m’ont demandé mon adresse mail sans plus jamais me donner signe de vie). Des copains, j’en ai (je peux les compter sur les doigts d’une main, je les vois tous les 36 du mois et de temps en temps, ils se rappellent de mon existence). Mais des amis, j’en ai pô. Ca ne pousse pas sur les arbres, des personnes à qui je peux raconter mes secrets, mes misères…et toutes les catastrophes que j’ai faites dans ma vie et dont j’ai trop honte pour les hurler sur les toits (rester coincée dans les toilettes de la piscine, ouvrir la porte quand ma grand-mère était au petit coin et j’en passe…). Le pire, c’est qu’avec un ami, on est censé partager des souvenirs communs. Ca va encore prendre un temps fou, cette histoire !
"On ne doit jamais juger les gens d'après leur fréquentation, Judas, par exemple, avait des amis irréprochables" Baudelaire
Voilà donc mon plan de bataille pour entamer ma 26ème année. Sur ce, je vous quitte car, comme vous le savez : les discours les plus courts sont toujours les moins longs ! Quant à moi, je vais me mettre au boulot, après avoir frotté mes petites fesses (non, ce n’est ni un toc ni un cérémonial censé me donner l’énergie nécessaire à ma tache : c’est juste que mon nouveau chat, poils noirs angora, a pris l’habitude de piquer ses roupillons sur le coussin de ma chaise de bureau) September 05 béné forme une entreprise qui n'eut jamais d'exempleJ’ignore si c’est mon nouveau statut de « femme qui approche de la trentaine », les mots « mois de septembre » dans lesquelles raisonnent encore des phrases telles que « naaan, je veux pas retourner à l’école » ou « j’espère que je n’aurai pas untel en Histoire, c’est un vrai blaireau et en plus il a mauvaise haleine » ou les reportages de Jean-Pierre Pernaut dans les écoles maternelles de Montpellier, mais j’ai en moi des réminiscences qui fleurent bon les rentrées scolaires d’antan, quand j’étais jeune, innocente et meilleure élève de ma classe.
Plongez donc avec moi dans ces merveilleux souvenirs, à la manière de Rousseau dans ses « confessions »; ambiance tableau noir, tables de multiplication et interro demain matin.
A 2 ans et demi, je personnifiais à moi seule la bêtise humaine dans toute sa splendeur. Pour preuve : jalouse des mille et une conneries en pâte à modeler que mon frère (4 ans et demi, à l’époque) offrait cérémonieusement à ma mère en rentrant de l’école, j’ai demandé moi-même à être inscrite en maternelle. Faut être vraiment nulle, hein ?!!!! Pour ma défense, si quelqu’un avait eu la bonté de m’expliquer que 22 ans et demi plus tard, je serai encore coincée dans cette noble institution, je pense que je n’aurai pas refusé de profiter encore de quelques grasses matinées avant de prendre le chemin de l’école. Bref, septembre suivant : béné se retrouve seule, sans maman, dans une salle de classe, au milieu de jeunes braillards. C’est l’heure des premiers apprentissages et du développement du sens artistique : non, les doigts ne servent pas qu’à tenir un biberon de limonade et à se fouiller le nez, on peut aussi dessiner avec. Tel un hybride de De Vinci et de Michel-Ange, je m’adonne à la peinture sur papier alu froissé ou modelage de ronds de serviette en terre glaise. Toutes ces magnifiques œuvres laissent ma mère bouche bée d’admiration….du moins, j’ai longtemps cru que c’était d’admiration, jusqu’à ce que je comprenne, bien des années plus tard, que c’était d’horreur : non seulement elle devait trouver une place pour ranger à l’abri des regards ces objets monstrueux mais en plus elle récupérait une béné avec vêtements tâchés de peinture malgré son tablier, pâte à modeler dans les cheveux et qui plus est malade (à force d’ingestion de mines de crayons de couleur). J’avoue que ces facéties artistiques m’ont vite lassée, mais deux événements contribuent à me faire repenser avec nostalgie à mon école maternelle (où je ne voulais plus mettre les pieds 2 jours après la rentrée !) : en premier, la sieste qu’on pouvait demander à faire chaque après-midi, avec choix d’un doudou et bonbon au réveil si on était bien sage. Et surtout, mes premiers mots écrits en script (« Je m’appelle Bénédicte ») qui m’ont fait immédiatement sentir que le Français et moi, on allait être potes.
Qui dit « apprentissage de l’écriture » dit « école primaire, agenda barbie, bons points, carnet de notes à faire signer et tout le tralala ». Je me retrouve dans une école près de chez moi, donc dans ce que les habitants de ma ville qualifient de « zone ». C’est le moment de l’émancipation (je vais à l’école toute seule, avec mon cartable contenant mon chocorem du goûter) et de la socialisation (je ne joue plus seule dans le bac à sable, maintenant à la récré, je joue au « loup », au « facteur qui n’est pas passé », au « papa et à la maman » et autres activités hautement sportives telles que la marelle et autre corde à sauter). Innocence, quand tu nous tiens : quelle époque merveilleuse, quand on croyait qu’apprendre un poème, réviser sa table de 3 et faire une rédaction de 10 lignes étaient le summum du travail ! Et tous ces amoureux qu’on s’imaginait. C’était-y pas mignon ces joues rouges rien que parce qu’un garçon qui nous plaisait nous tenait la main pendant le trajet jusqu’aux toilettes pendant la pause pipi de 15h ? Même si 20 ans plus tard, en voyant les photos de classe, on se rend compte qu’il était franchement moche ! Bref, c’est le moment des « amis pour toujours »….qu’on ne revoit plus dès notre entrée au collège.
Le collège, voilà une époque pourrie ! Non seulement on nous oblige à faire du sport pour de vrai et à comprendre de la physique et de la technologie mais en plus, la socialisation en prend un coup ! Moqueries et insultes, soyez les bienvenues ! J’essayais (vainement, je l'admet) de faire des efforts d’adaptation à ce nouveau milieu hostile : je faisais chier ma mère pour avoir des baskets Adidas et un sac Lafuma (que je ne portais que sur une épaule, comme les autres, pour faire rebelle), je portais des T-Shirts « L.C Waïkiki » (pour être à la mode et dissimuler le fait que contrairement aux autres filles, je n’avais même pas le début d’une poitrine naissante), et je me suis transformée en distributeur de chewing-gums pour me faire bien voir de tous. Sauf que tout était contre moi : non seulement j'étais une intello que ses parents avaient poussée à faire option latin et grec, qui faisait toujours ses devoirs, sortait très peu et avait de bonnes notes, mais question physique c’était loin d’être ça. Pour être gentille, je dirai que « je cherchais mon style ». Permanente (idée de ma mère), appareil dentaire (idée de ma mère), pantalon à carreaux noir et blanc avec col de chemise qui sort du pull (idée de ma mère), excès de sébum (gêne de ma mère). J’avais la panoplie complète pour être montrée du doigt et me faire jeter des pierres. C’était le temps des insultes qui m’ont bien aidé à enrichir mon vocabulaire (fini le temps du « caca boudin »). Question vocabulaire riche, certains n’avaient pas de quoi se vanter (« pétasse » « connasse » et « salope » étaient leurs seules armes). D’autres, plus littéraires, se lâchaient sur les néologismes : on pouvait entendre des rafales de « pue-de-la-gueule », « râclure de chiottes », « tronche de pue » ou « dégueulis de morue ». N’oublions pas la catégorie des expérimentaux qui tentaient avec ou sans succès des « pète dans le gravier » ou des « va vomir dans ton slip » qui nous laissaient cois. Malheureusement pour moi, ces jeunes barbares ne comprenaient pas encore les subtilités de la phrase-boomerang fétiche « c’est celui qui dit qui est ». Soupir. Mais je dois dire qu’aujourd’hui, je les en remercie car c’est grâce à eux que j’ai trouvé mon mode de fonctionnement qui, jusqu’à présent, ne m’a jamais trahi : ferme ta gueule, fais toi discrète, encaisse et avance, pendant que les autres gaspillent leur énergie en conneries.
gros mots, petit cerveau!
Avançons alors jusqu’au lycée. Nouveau lieu, nouvelles personnes et nouvelle béné. Mes boutons disparaissent, on m’enlève mon appareil dentaire et je rencontre ma Louis XVI. Il est venu, le temps des joies et des peines. Joies car enfin, j’ai de vrais amis : je ne suis plus obligée de traîner avec une bande d’élèves que je n’ai pas choisis, juste parce qu’on formait, sans le vouloir, le club des ringards persécutés. J’arrive aussi à faire admettre à ma mère que non, on ne fait pas un pli droit sur le devant des jeans quand on repasse ! Le lycée, c'est l'indépendance: papa et maman ne surveillent plus si on a bien fait les devoirs, on peut sortir en ville avec ses amis quand on veut et rentrer super tard (18h30) et on peut même aller s'avaler un gras pan bagnat au thon tous les midis au lieu d'aller manger les petits plat diététiques de la "cantoche". Bref, j’aime l’ambiance, les cours où je me marre bien et surtout, j’ai un but dans la vie : le bac. (même si durant ces 3 ans, l'objectif "béné est bachelière" a beaucoup plus occupé mes parents que moi-même...) Peines également. Conflits dans le groupe d’amis, crise de confiance en soi à l’approche du bac, aucun mec ne veut sortir avec moi (pourquoi? je suis bien avec mon reste de permanente et mon début de scoliose, non?!) mais le pire de tout reste la difficulté à s’adapter à la nourriture de la cantine (d'où le pan bagnat..)!
Bac en poche, me voilà en enfer : la fac d’Histoire ! J’arrive motivée et repars déprimée. J’avais l’impression de passer ma vie à la gare ou à la bibliothèque. Je m’obligeais à lire des livres chiants (quelle horreur!). Je supportais en silence les longues heures de cours, écoutant religieusement au choix, un vieux au bord de la rupture d’anévrisme, une snob coincée ou une pile électrique qui transpire à grandes eaux (je laisse le verbe au présent car aux dernières nouvelles, il n'est toujours pas passé dans un sèche-linge). Hurlement intérieur. Que fous-je là?Tous ces efforts pour rien : 2 ans après être arrivée, je dis adieu à la maison de la famille Adams et me sauve en courant. Fuite accompagnée en musique de fond des sermons de mes parents, style "tu te rends compte qu'on se saigne pour te payer des études et toi, tu .....bla bla bla...." (euh, maman: je suis boursière!)
clan professoral
Tiens, il y a de la lumière à côté. Allons voir. C’est cool comme ambiance ici, comment ça s’appelle ? « Sciences du Langage » ? ok, essayons. Je trouve que tous les cours sont faciles alors que les autres rament autour de moi. C’est un signe, ça doit être fait pour moi. Je prends ma sale habitude de me lever à 5h30 tous les jours (et oui: cours à 8h), habitude qui me poursuit encore aujourd'hui RAAAH! Je rencontre des profs tous plus bizarres et attachants les uns que les autres (Monsieur P. étant l'exception qui confirme la règle, évidemment) et des amis qui sont à présent dispatchés (dispachés? je m'interroge..) un peu partout en France et Belgique en passant par l'Angleterre, l'Ecosse et la Bulgarie. 5 ans après, on retrouve béné avec un diplôme de master en poche et une formation complète en langue des Signes en parallèle.
béné sort de sa coquille
Pas si mal comme parcours, hein ? Je commence par écrire sur une ardoise et je finis par parler avec les mains. Ceci dit : une fois, ça va, je ne me sentirais pas le courage de tout recommencer oh la la!
Cette fois, j’en ai la preuve : Jean-Pierre Pernaut est mieux qu’un psy pour faire avaler la pilule des 25 ans. Finalement, je n’ai plus trop de regret à avoir franchi la frontière entre la fille qui n’a plus ses 20 ans et la fille qui approche de la trentaine, quand on voit tout ce que la première a dû endurer. C’est officiel : béné a passé le cap. Objectif 30 ans !
August 29 béné en pleine galère (et elle rame, elle rame...)D’aucuns diraient que pour une jeune fille expatriée à Paris, un retour dans sa Lorraine natale rimerait plutôt avec retrouvailles chaleureuses de sa famille et de ses amis, respiration du bon air pas pollué etc…. Les « d’aucuns » ont bien raison de tout mettre au conditionnel. Car pour moi, « retour » rime avec « au secours ! ». Présent gnomique de vérité générale.
Oyez, oyez, braves gens, venez ouïr le récit des calamités qui s’abattent sur béné.
Broutilles : Je ne m’attarderai même pas sur le fait que ma mère a profité de mon départ à Paris pour me remplacer par un nouveau chat dénommé « Gremlins », une teigne qui porte bien son nom et qui est expert en « crachage » et en coups de griffe. Pas non plus de longues jérémiades parce que ma mère est partie en vacances, emportant avec elle toutes nos affaires de toilette et que je dois piquer le déo de mon frère. Tout ceci n’est rien comparé aux catastrophes qui me sont tombées dessus.
snif snif, ça sent le camionneur...
Monsieur P., le retour : Ceux qui lisent régulièrement mes pages savent à quel point, en Juin, j’étais heureuse d’annoncer que j’en avais fini avec la fac de merde (euh pardon « la fac de Metz »). Plus de problème, plus d’embrouille….mais nooooon : il fallait bien qu’ils en remettent une petite couche ! Jeudi dernier, c’est tremblante de fierté que j’ouvre l’enveloppe contenant mon relevé de notes envoyé en Juillet à l’adresse de mes parents et que ma mère m’avait brièvement lu au téléphone. UE91 méthodologie : 10 (normal : c’était de l’informatique. J’avais donc rendu mon dossier avec les exercices faits, justes mais présentés d’une façon merdique comme seule moi en ai le secret, là où d’autres avaient les titres en relief, colorés, tableaux nickels etc…) UE94 langue vivante : 18,5 (l’italien, je maîtrise) UE101 mémoire de recherche : 17 (je n’y reviens pas, je vous ai déjà assez saoulés avec ça) Sueur froide : pourquoi il n’y a pas trace de ma note de l’UE92 ? Et pourquoi à la ligne « résultat d’admission » rien n’est marqué ? Là, toute l’horreur de la situation m’apparaît : ON n’a pas communiqué la note de l’UE au secrétariat. Ou plutôt MONSIEUR P. n’a pas communiqué sa note (un oubli accidentel, le connaissant). Mais cet oubli fait que mon relevé de notes est incomplet, je n’ai donc pas officiellement le niveau bac+5, mon dossier n’est pas complet, il faudra du temps avant que les blaireaux du secrétariat ne le complètent et ça va faire tout un bordel parce que ce même dossier, je suis censée le faire transférer à l’école d’interprètes. Quand je vous dis qu’il me fera chier jusqu’au bout…. Je me suis donc retrouvé à harceler toutes les personnes qui ont de près ou de loin un rapport avec la fac, par mail. Sauf qu’on parle de béné. Et pour qu’une situation soit digne de béné, même dans le calamiteux, il faut que le lendemain du jour où j’ai envoyé des mails de détresse, mon ordinateur me lache et refuse de se connecter à internet d’où gros problèmes pour lire les réponses. Et vous savez quoi ? c’est vraiment arrivé. Pas la peine de me demander comment ça s'est terminé: il n'y a que dans Blanche Neige que la fin est heureuse. La chose n'est toujours pas réglée, car, figurez-vous, je dois attendre patiemment que Monsieur P. rentre de vacances!!!! J'hésite entre commanditer un assassinat ou executer moi-même un meurtre déguisé en suicide...
et le mien, je l'aurai quand?!!!
Poches vides : L’avantage de vivre à Paris et de recevoir ses relevés de compte en Lorraine, c’est qu’on peut dégainer sa carte bancaire sans une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Le désavantage, c’est que de retour en Lorraine, l’épée s’abat sur vous et vous tranche la tête par la même occasion. Je sais toujours en gros combien je dépense et combien il me reste. Et je dois avouer que je n’ai pas vraiment à me sentir coupable de dépenser mes sous, dans la mesure où ça consiste à 99% à faire les courses pour nous nourrir, mon Homme et moi, et que « l’extra » de Juillet pour lequel je plaide coupable était une participation aux frais des vacances. La douche froide a tout de même eu lieu. C’est fou toutes ces dépenses auxquelles on ne pense pas, en particulier le sournois prélèvement automatique de SFR. Bref, après rapide calcul (somme de mes économies en centimes d’euros multipliée par l’âge du banquier divisé par le taux du CAC40 sur les dernières 24h), il me reste….rien. Me voilà dans la peau d’une femme aigrie et radine, pour qui l’achat d’un croissant pour son p’tit déj’ constitue une dépense éhontée et injustifiée. La prochaine fois, j’espère que Damoclès visera les bras : il me faudra du temps pour apprendre à taper le code de ma carte avec le bout du nez.
Poupée gonflable : C’est un fait : la bonne chair a fait son œuvre. Comprenez : j’ai grossi. Bonne et mauvaise nouvelle en même temps. La période des surnoms flatteurs tels que « squelettor » ou « planche à pain » est révolue. Je n’ai plus ces joues crevassées à la Morticia Adams, j’ai enfin quelque chose pour remplir mon soutien-gorge (la seule situation où une fille est contente d’avoir un C plutôt qu’un B) et ma taille de guêpe qui faisait croire que je portais un corset s’est transformée en taille de bourdon. Béné bien en forme et en formes ! Le hic, c’est que le temps du maillot de bain est terminé pour un an au moins. Il va donc falloir couvrir tout ça. Pour le haut, pas de problème : mes pulls me vont toujours et j’ai monté une entreprise d’import/export de soutien-gorges entre la Lorraine et Paris avec ma mère qui me refile tout ceux qui la serrent trop et qui me vont parfaitement (eh, Phanou, si tu sais conjuguer le verbe « seoir » au pluriel, fais-moi signe ; moi j’ai pas la force). Pour le bas, tout serait parfait si les jeans avaient une taille élastiquée comme les culottes. Point n’est le cas. J’ai besoin de jeans taille 38. Bon, ok, n’exagérons rien, je n’ai pas pris 12kg non plus (à peine 1,5 en vrai…): j’ai décidé que je voulais mettre des jeans taille 38. Je suis en face d’un dilemme vestimentaire : taille 36 gainant ou taille 38 confortable avec ceinture pour ne pas le retrouver sur mes chevilles ? J’avais opté pour la 1ère solution, maintenant j’ai envie de tenter l’autre. Mais comme je l’ai expliqué plus haut, Damoclès et la caisse d’Epargne se sont rappelés à mon bon souvenir. Pas le moment de flamber pour un jean flambant neuf. Citons en conclusion les paroles de ces célèbres philosophes suédois (les ABBA….je sais, j’ai une culture très riche): « Money, money, money, must be funny, in a rich men’s world » (« aaaaaaaaaaaaaaaaah, all the things I can do, if I had a little money, in a rich men’s world » ajoutaient-ils même). Tout est dit.
mesure et démesure
3ème âge: Premier cheveu gris, dents qui jaunissent, ridule sur le front, prise de poids, à côté de la plaque en matière de mode (je n’achète pas du Dolce&SonCompère, comme dit Phanou). Tels sont les signes de mon irrémédiable vieillissement que je ne voulais pas voir. Une lettre de la Caisse d’Epargne (encore !) m’a ouvert les yeux : « Melle, bla bla bla, la législation impose la clôture de votre Livret Jeune au 31/12 de l’année de vos 25 ans. Au fait, joyeux anniversaire.». Hein ?! Quoi ?! Qui a 25 ans ?! Moi ? ah non non non, y a erreur : moi j’ai à peine 24 ans…et une douzaine de mois. Il faut se rendre à l’évidence : aujourd’hui j’ai 25 ans. J’entame avec rage et désespoir ma 26ème année. Et comme vous pouvez le constater, je n’ai pas attendu bien longtemps avant de faire les frais du racisme anti-vieux. « Allez, 25 ans révolus, tu n’es plus digne d’avoir un ‘livret jeune’, ma vieille : transfère tes 45€ ailleurs ! ». J’ai décrêté ce jour du 29 Août « journée de deuil personnel ». Je reste seule dans ma chambre de jeune fille (voire même de bébé), volets clos, lumière éteinte, en position du lotus sur le sol, au milieu d’un cercle de petites bougies, coupée du monde (bon, j'avoue, je n'y arrive pas puisque je jongle depuis 4h30 du mat'-oui oui-avec les sms, mails et coups de fil, alors que j'adorerais recevoir une jolie carte...accompagnée d'un chèque) et essayant de trouver une paix intérieure malgré les messages moqueurs qui m’arrivent (vive la technologie) : « bon anniv’ vieille quetsche, bientôt la retraite » et les messages réconfortants : « à 25 ans, on n’a qu’une ride et on est assis dessus, t’inquiète pas t’es encore bien conservée ». Je regrette l’époque où je suis née, au XVIIIème siècle, quand il fallait arracher une plume du derrière d’une oie avant de pouvoir écrire une missive qui arrivait à destination 2 mois après l’envoi. Ca laissait le temps d’encaisser le coup avant de subir les commentaires. 25 ans et je n’ai rien accompli dans ma vie. « Bonjour, je m’appelle béné, j’ai 25 ans, j’ai un master de linguistique pas encore officiel qui sert à rien (avec un diplôme pareil, si je cherche un boulot, à part une place au McDo au milieu de lycéens qui bossent pour se payer le ciné, je ne vois pas ce que je pourrai trouver), avant de devenir une grande personne avec un vrai travail je vais devoir aller dans une école qui m’a coûté la peau du cul encore 2 ans, je n’ai pas un rond devant moi et encore moi derrière, et ma seule qualité est de connaître la Langue des Signes (que la plupart des gens confondent avec le braille). Béné, handicapée sociale. Bon allez, en honneur de la maturité que j'ai (théoriquement) acquise au cours de ces 25 dernières années, je vais faire l'effort de voir mon verre à moitié plein: contrairement à d'autres "Tanguy" qui ne savent pas se faire cuire un oeuf ni repasser leurs slips, moi je n'habite plus chez mes parents. Je peux même me vanter de vivre dans la capitale de la France (quelle ascension sociale, hein?!). Et surtout, moi j'ai trouvé mon prince charmant (tiens, ça me fait quand même un point commun avec Blanche Neige) et un vrai de vrai: pas un type dont la seule passion est de tâter ses muscles ou choisir une nouvelle casquette, dont la seule réflexion consiste à savoir comment gagner son match de foot sur jeu vidéo et qui préfère bichonner sa voiture plutôt que moi. Une vraie perle rare, à croire que je l'ai trouvé dans une huitre. Clôturons vite le passage "béné mature" parce que là j'ai du mal à me reconnaître. En vrai, ce soir je vais me faire un big mac d'anniversaire parce que j'adore manger avec les doigts, mon rêve serait qu'on m'offre un bisounours et je n'ai absolument pas la prétention de dire que je me sens assez responsable pour devenir la mère d'un pervers polymorphe (appelé communément "bébé"). De même, j'ai la fâcheuse tendance à me nourrir exclusivement de nutella et de fromage "des gastronomes en culotte courte". Et, comble, hier soir j'ai regardé Shrek. Là je me retrouve!
je vais encore prendre 200g
Allez, je vous laisse, je vais acheter du Stéradent, des culottes gainantes, de la crême anti-varices et des pelotes de laine pour commencer un pull jacquard au tricot. Panoplie de la fille qui a 1/4 de siècle à son compteur.
August 21 béné en ItalieBus, RER, avion, métro, train, bateau, voiture, re-bateau, re-train, re-avion et taxi. Tout ce qu’il faut pour faire un tour du monde. Moi j’ai préféré m’arrêter à Paris, avant de reprendre ma route vers la Lorraine, dans la maison de mes parents qui, je le sens, seront beaucoup plus supportables cette fois (normal :ils seront en vacances en Bretagne. Bouh : langue de vipère béné !). Bref, me revoilà pour vous raconter mes vacances en Italie. A ma mère, les vacances version « sea, sun et surtout pas de sex » avec « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». A vous, le côté sombre, tout ce que je n’ose révéler dans la version officielle parce que quand on va à Rome et en Sardaigne, il est convenu de dire « comme c’est beau et comme il y fait bon vivre ! ». Sauf que dire ça, c’est ennuyeux à mourir tellement c’est banal. Pas digne de béné ça. Donc focus sur mes galères à l’étranger.
Passons sur l’heure de retard de l’avion (normal : on parle du voyage de béné, rien ne peut se passer comme prévu). Détail dont vous vous fichez mais pas moi : pour mon premier vol, je n’ai pas vomi (super fière, béné). 4 jours à Rome, logés dans l’immense appart’ d’un ami de mon Homme parti lui-même en vacances. A mon avis, l’architecte a choisi le thème du labyrinthe pour construire cet appart’. Pour preuve, les longues et intéressantes conversations que j’ai eues avec mon Homme à ce sujet (« T’es où ? » « Où tu es ? » « Dans quelle pièce tu es ? » « Si tu me cherches, je vais à l’autre bout, dans le salon. Je retourne dans la chambre dans 20mn »). Biafine, ovule pour mycose vaginale, pilules contre les maux de tête…et non, je n’ai pas pensé aux cachets anti-dépression. C’est quoi cette ville où toutes les filles (teint hâlé, coupe de cheveux impec, maquillage ultra-contrôlé, talons de 8cm minimum) sont estampillées Dolce&Gabbana de la tête aux pieds ?!!! Je m’étais fait à l’idée de croiser ces italiennes fashion dont tout le monde parle, mais si même les touristes allemandes se mettent à être sexy, où va le monde, l’univers, la galaxie ?!!! Complexe d’infériorité pour béné, malgré mes efforts, je ne faisais pas le poids : j’avais ramené tous mes plus beaux vêtements (en tout 3 pantalons et 8 débardeurs : voilà toute ma collection, mais quand on vit en Lorraine, la mini-jupe n’est pas un élément de base d’une garde-robe !)…qui se sont révélés être vieux, usés et décolorés (le modèle le plus récent, je l’avais acheté il y a au moins 4 ans.). Le premier souvenir que j’ai acheté, c’est une boîte de sachets de poudre à boire, contre les crampes. Bref, pas la peine de vous dresser le tableau : au milieu de toutes ces Monica Bellucci made in Italy, Germania ou Russia, on me remarquait bien, avec mon pantalon un peu trop petit, mon débardeur anciennement bleu, ma démarche Donald style « faites pas chier, j’ai mal aux mollets ! », mon teint cramoisi (j’y peux rien : au-delà de 18°, je transpire et je rosis), mon visage gluant de crème solaire et ma besace/sac à main qui amplifiait ma scoliose naissante (tout le malheur d’être une fille : avoir une besace pour mettre juste ses papiers et son argent et avoir un chéri à côté qui vous tend avec le sourire les souvenirs qu’il a achetés, la bouteille d’eau, le tube de crème solaire, le plan de Rome etc… en vous disant « mets ça dans ton sac » pour qu’il puisse se balader les mains dans les poches !). Banalités sur Rome : bon ok, c’est vrai que c’est beau. Piazza di Spagna splendide, Campidoglio surprenant, Colosseo incroyable, musei vaticani intéressants, capella sistina spectaculaire et j’en passe. C’est juste dommage qu’il y ait tant de monde partout, tant de bruit, tant de graffiti sur tous les immeubles … tant de fourmis dans la cuisine de l’appart’, dans de cafards dans la salle de bain…
Trimballage de valises jusqu’à Civitavecchia pour prendre un bateau qui rejoint Olbia. A nous deux, la Sardaigne ! Le bateau part à 16h au lieu de 15h (c’est normal, je vous dis). Accueil à Olbia par le neveu de mon Homme qui nous héberge dans son chez lui, à Arzachena, en compagnie de sa chérie, de son fils et de son bébé. Première découverte : pour conduire en Sardaigne, il faut avoir l’estomac bien accroché, ne pas avoir le vertige et être sûr de son chemin. Un trajet en voiture consiste à monter sur une montagne (virages gauche-droite-gauche en non-stop) puis à le descendre de l’autre côté (virages gauche-droite-gauche en non-stop) et on recommence avec une autre montagne, le tout sur de petites routes au bord de précipices. Vous vous êtes trompés de chemin ?pas de panique :il vous suffit de rouler encore 20mn jusqu’au prochain hameau isolé où vous pourrez faire votre demi-tour sur la place du village. Premier contact en 10 ans avec la mer. Pfouah, c’est salé ! Je fais 3 brasses et je suis déjà crevée, je retourne sur ma serviette de plage…je sens que je crame, comment on fait pour éteindre le soleil ? Pourquoi il n’y a que moi qui ramène la moitié du sable de la plage dans la maison (ah bon ? parce que ma crème solaire est trop grasse ?) Euh, comment on fait pour éviter que tout le sable de ma serviette n’aille sur le voisin de plage quand je voudrai la plier et partir ? Premier contact tout court avec un nouvel univers : celui de la couche-culotte qui pue et de l’allaitement toutes les 3h. Cette fois, j’en ai la preuve : un bébé de 2 mois, c’est ennuyeux. Le seul truc qui lui plaisait, c’était qu’on le tienne à bout de bras pour qu’il ait l’impression de se tenir debout. Une fois, ça va ; deux fois, bon ; trois fois, eh oh ; 30 fois, ça suffit (c’était quand-même un lardon de 7kg !) Le neveu et sa petite famille partent à Cagliari, chez le frère de mon Homme. On reste encore deux jours seuls –plage, transpiration et crème solaire- puis on les rejoint là-bas. Le neveu loge chez le frère, nous on loge chez sa sœur dans l’immeuble en face…comment ça, c’est pas clair ?! oui, je sais : j’ai eu du mal aussi au début. Bon, concentrez-vous :mon Homme a un frère, appelons-le Gedeone. Gedeone a un fils que je baptiserai Luigi (le neveu de mon Homme, qui vit à Arzachena) et une fille, Disons Ivone, qui vit en face de chez Gedeone. Luigi loge chez Gedeone, nous chez Ivone. C’est plus clair ? Maintenant je suis sure que vous comprenez ma douleur parce qu’en vrai, Gedeone a encore une autre fille avec enfants, Ivone a aussi des enfants et mon Homme a encore 2 autres frères et une sœur, qui ont tous des enfants ! (je précise que j’ai sorti ces prénoms moches de mon imagination) Là, j’ai eu en vrai, sous mes propres yeux, toutes les scènes-clichés de la famille italienne : compter entre 10 et 15 personnes à table pour chaque repas, tout le monde parle en même temps que tout le monde en gigotant les mains, 8 téléphones portables sonnent à tour de rôle dans tous les coins de l’appartement, sur la table il y a de quoi nourrir tout un camps de réfugiés bosniaques, les amis de tous débarquent à l’improviste… Et moi, j’étais là, à admirer le spectacle avec un sourire jusqu’aux oreilles parce que finalement j’adore cette ambiance « grande famille » où tout le monde trouve sa place. Le clan des siciliens reste le clan des siciliens, même en Sardaigne. Retour en France par bateau (3h de retard) et par avion (1h de retard). Les voyages, ça vous apprend la patience. Banalités sur la Sardaigne : bon ok, c’est vrai aussi, la Sardaigne c’est super beau. Côté « vacances culturelles », peu de choses à visiter, si ce n’est les nuraghi, maisons des premiers hommes à avoir vécu sur l’île et un ancien port romain avec ville alentours Par contre, côté « plaisir des yeux », rien à redire : paysages magnifiques, plages superbes, jolis petits villages pittoresques.
Bilan des vacances : bronzage, gavage, apprentissage et « musculage ». Je suis bronzée. Si si, je vous jure. Le hic, c’est qu’il n’y a que moi qui l’ai remarqué. Je peux me dire en mon âme et conscience que je suis très légèrement hâlée, même si je sais que pour les autres je suis toujours aussi fluorescente d’où ce surnom charmant de « mozarellina » (petite mozarelle) que je me suis coltiné pendant toutes les vacances (merciii mon Hooomme !). Effectivement, pour admirer mon teint « doré », je dois me pencher le plus possible vers mon bidon, plisser les yeux, bien me concentrer sur un carré de peau et là, là, je vois qu’il y a une marque du maillot. Ceci dit, je préfère ça plutôt que d’être aveuglée par une énorme tâche rouge pétant appelée communément « coup de soleil ». Et oui, je suis passée au travers (crème indice 50, je t’aime !) : pas de peau qui pèle pour moi cette année.
J’avoue que la marque du maillot s’est surtout vue par la ligne rouge que laissait l’élastique de mon slip de bain qui s‘incrustait chaque jour davantage dans les chairs en émancipation de mon bidon. A Rome, après concertation avec mon Homme, on a décidé de manger léger. J’ai donc simplement risqué l’overdose de mortadella (de la vraie, en grandes tranches ultra-fines. Plus jamais je n’en mangerai en France !) et de mozarella (celle de buffala « buffle » mmmh !). L’arrivée dans la famille a sonné le glas de ma taille 36. Naïvement, je pensais que les italiens se nourrissaient exclusivement de pizzas et de spaghettis bolognaise. Mon estomac a vite compris que non :outre les 1000 et 1 recettes de pâtes qui constituent les entrées (à la bottarga, aux aubergines, aux sardines, aux pistaches, aux gambas…), j’ai eu droit à toutes sortes de plats typiques allant du cochon de lait au poisson-chat en passant par les arancini (boulettes de riz remplies de sauce tomate ou de fromage/jambon) et le poulpe avant d’attaquer les fromages (aaah, le dolcesardo, soupir) et bien sûr les desserts (les glaces gervais me paraissent bien fades à présent). Sans compter que la chérie brésilienne du neveu a voulu nous faire goûter quelques plats typiques de son pays à base de morue. Et vous savez quoi ? j’ai adoré tout ce que j’ai mangé ! Comment ça se fait qu’on ne connaisse que les pizzas et les spaghettis bolognaise ?!!!
Comme je l’ai dit, une tablée digne de ce nom comprend en moyenne 12 personnes. Autant dire que béné a eu une vie sociale intense, qui s’est traduite par une utilisation de l’italien 18h/24h (on se couche tard et on se lève tôt en Italie). La première phase de ma socialisation a consisté à être posée quelque part, silencieuse, avec un sourire aux lèvres (je ne suis pas une sauvage non plus !), de manière à laisser planer le doute sur ce que je comprenais ou non de la conversation (histoire qu’on ne me demande surtout pas mon avis). La deuxième phase s’est imposée très vite (exactement 22mn après mon arrivée) : quelqu’un m’a dit quelque chose, ou plutôt j’ai entendu une espèce de ratatouille sonore à mon intention, j’ai répondu en balbutiant. C’était parti pour 3 semaines. A la fin, je comprenais aussi bien les taquineries de Gedeone que le parler enfantin d’un gosse de 9 ans et je ne trouvais plus mes mots en français quand j’appelais ma mère. Je suis toujours aussi nulle en conjugaison mais j’ai appris plein de mots que je n’aurais jamais cru connaître (avoir un bébé aux alentours, ça vous ouvre tout un champs de vocabulaire spécialisé –poussette, couches, têter, régurgitation-). Et surtout, vous ne vous imaginerez jamais combien il est important de savoir dire « poubelle », je ne dirai que ça.
Plus que d’offrir mon corps au soleil (ça, c’est le genre d’expression qui va permettre aux gros dégueulasses qui cherchent des « jeunes filles sans culotte »sur le net de tomber sur mon blog-ce qui explique le fait que j’ai retiré la plupart des photos de moi :ça me stressait de voir qu’ils passaient du temps à les mater…en faisant quoi, allez savoir…), je l’ai aussi sculpté. Faut pas croire : vacances en Italie rime avec sport : marche à pieds pendant 4 jours en sillonnant les rues de Rome (bénies soient les églises qui m’ont permis de m’asseoir au frais), natation au milieu des vagues (on a vu plus haut mon endurance) et surtout musculation parce que je vous jure que porter une valise de 15 kg pendant tous les trajets ça fait pas du bien, surtout quand, pour vous relaxer, on vous met un bébé de 7 kg dans les bras !
Bref, c’est une béné toujours aussi blanche, plus grosse, avec un biceps droit plus développé que le gauche qui a repris l’avion sans vomir (la classe) pour retrouver sa France natale, ses Franprix, son oasis tropical, ses patates, ses nuages et sa pluie. Qu’est-ce que ça m’a manqué…mais vivement les prochaines vacances !! July 20 béné conseillère conjugaleJ'adore mon Homme! Normal: il est parfait. Et on s'entend si bien. A croire qu'à nous deux, on a trouvé la clé du bonheur. Allez, je suis pas vache (meuuuhhhh!), je vous explique comment on fait, exemples à l'appui. Les petits gestes de l'Homme: L'Homme doit apprendre ce qui fait plaisir à sa chérie. Mon Homme a parfaitement compris que les 3/4 des musées existants m'emmerdent profondément (contrairement aux apparences, je ne suis pas une intello). Il m'emmène donc aux puces, où j'ai le droit de fouiner et d'acheter plein de conneries à 1€, ou à la fête foraine. Plus subtil encore: il sait qu'à la fête foraine, j'aime manger une barbe à papa et pas ces horreurs de pommes d'amour (qui, malgré leur nom, n'ont rien de romantique pour moi: j'ai été traumatisée, dans ma jeune jeunesse, quand, après avoir lêché le sucre d'une si belle couleur, j'ai découvert qu'il y avait un fruit en-dessous BEUEEEERKKKK!) et que je ramène toujours un sachet de "cahuètes grillées" en trophée à la maison. L'Homme ne doit pas suivre bêtement les clichés Mon Homme ne s'y trompe pas: au lieu du bouquet de fleurs ultra pas personnel, il m'offre des religieuses au chocolat. Beaucoup plus calorique mais tellement plus mignon. De même, il sait que les bijoux ne m'intéressent pas et que je déteste en mettre (une année, ma grand-mère a voulu me faire ZE cadeau: un bracelet en or, hors de prix. Je n'ai pas su m'habituer au fait d'avoir une main plus lourde que l'autre ni à la crainte permanente de perdre ce lingot d'or qui pendouillait autour de mon poignet. Il est à présent dans une boîte, au fond d'un tiroir. Bel investissement). Je préfère de loin les cadeaux utiles dont j'ai besoin et qui me plaisent d'autant plus que je n'ai pas eu à les payer. Ainsi cette paire de baskets soldée à 35€ pour remplacer mes vieilles trouées dont la semelle se décollait et qui me faisait ressembler à une mineure fugueuse à la rue. Pas cher pour mon Homme, bien pratique pour moi. L'Homme doit être à l'écoute de sa chérie J'ai tendance à raconter chaque petit détail de ma courte vie à mon Homme. Personnellement, à sa place, je me serais déjà scotché les lèvres en faisant 5 tours autour de ma tête (ou, du moins, je me serais collé une pomme d'amour entière dans la bouche). Etonnamment, mon Homme arrive à m'écouter avec un sérieux et une attention qui m'épatent. Bon, OK: sérieux et attention de façade. Mais comment en vouloir à quelqu'un quand on découvre que celui-ci n'est pas passionné par les multiples travaux d'enfant en papier mâché qu'on a réalisés avec nos frêles mimines en maternelle, la liste des noms de tous les chats qu'on a eus à la maison, ma pathétique histoire de la fois où j'ai vomi mes quenelles au centre aéré, etc... Il se rappelle le principal, c'est toujours ça. Et quand il me demande des infos que je lui ai déjà données 2 jours auparavant et qu'il finit par s'en rendre compte, on en rit tous les deux. L'Homme doit travailler son self-control Mon Homme a une patience folle. Etant la reine des emmerdeuses/boudeuses, je m'étonne toujours de voir à quel point il prend tout avec le sourire (sang-froid ou "blasée attitude"? je l'ignore). Mes allers-venues tous les 1/4h pour lui faire un bisou alors qu'il est censé travailler et que je le coupe en plein milieu d'une phrase n'ont pas l'air de le perturber outre mesure (j'essaie tout de même de freiner mes ardeurs) Quand il me prend de tout envoyer balader et d'aller bouder dans la pièce à côté sous prétexte que "je n'y arrive pas" (cuisine, révision de cours, pose de mascara...), il vient me chercher, me calme et m'aide, le tout sans me traiter une seule fois de chieuse. Ce que je suis pourtant. Quand (rarement) on s'engueule et que l'orage vient de passer, il a la délicatesse de ne pas en remettre une couche sous prétexte qu'il n'a pas laché toute la pression. Mon Homme a d'autres moyens pour calmer sa testostérone en ébullition. J'en fais de même avec mes oestrogènes. Les petits gestes de la Chérie: La Chérie doit bichonner son Homme L'Homme travaille dur toute la journée (nous aussi, mais nous ça ne compte pas. Depuis la nuit des temps, les papas apprennent à leurs fils que ce sont eux qui doivent gagner le pain quotidien et c'est pas une loi sur l'égalité des sexes qui va changer leur mentalité). Le soir, il faut donc s'occuper d'eux quand ils reviennent fourbus de leur dure journée de travail: petits bisous et gratouillis dans le dos. Je répète souvent à mon Homme qu'il est beau, qu'il a de beaux yeux et que j'adore son moelleux petit bidon qui pointe (facile à faire puisque je le pense). Ca lui fait plaisir...mais j'ai une autre arme secrète: de temps en temps, je remarque à voix haute qu'il a une petite mine (attention: pas "mauvaise mine", il irait directement voir un cancérologue) ou, durant un petit massage de dos, je pointe un endroit au hasard en lui disant "oh la la, tu as un gros noeud là, ça doit te faire mal!!", il acquiesce et saute sur l'occasion pour se faire plaindre. Ca lui fait encore plus plaisir. La Chérie doit écouter les conseils de l'Homme qui sait Je sais cuisiner, à ma façon (c'est-à-dire celle de ma mère). Cette façon ne correspondant pas à celle de mon Homme, il s'est mis en tête de m'apprendre "à bien cuisiner". Je me retrouve donc devant les fourneaux, à observer religieusement mon Homme, telle Micheline s'extasiant sur la façon de faire de Maïté. Ne vous y trompez pas: mon Homme cuisine très bien et j'avoue que depuis qu'il m'a fait découvrir ses recettes d'Italie, mon rêve est de plonger dans une baignoire remplie de "parmiggiana" avec pain à volonté (parmiggiana=aubergines frittes+sauce tomate+parmesan+basilic. Si simple et si délicieux). Mais j'avoue que rien ne me gonfle plus que d'entendre mon Homme m'expliquer comment faire une omeltte! La Chérie doit admirer son Homme Les mecs sont des petits garçons: quand ils font quelque chose, ils viennent nous montrer et attendent nos félicitations. C'est vrai que mon homme sait faire plein de choses: la cuisine, nous l'avons vu, mais aussi toutes sortes de travaux d'appartement (le roi de la perceuse), c'est un virtuose de l'ordinateur (un vrai virtuose se moquerait de lui, mais comparé à mes capacités, je ne peux que l'admirer) et j'ai été ébahie le jour où je l'ai vu faire un ourlet à l'aiguille en tirant du fil du pantalon de manière à ne pas voir la couture. Dans ces moments-là, pas difficile de l'admirer. A d'autres moments, c'est plus compliqué. Par exemple, quand il m'explique très sérieusement avec quel génie il a eu l'idée de placer le dévidoir de papier toilette sous le lavabo, à gauche des toilettes (d'après lui, le placer à droite aurait gêné la prise des magasines et le placer décallé par rapport au lavabo aurait risqué de mouiller le papier). Dans ce cas, si vous n'arrivez pas à mimer une admiration béate, prétextez de devoir justement aller au petit coin pour vous enfermer, afin qu'il ne voie pas le grand sourire entre vos 2 oreilles. La Chérie doit travailler son self-control Par définition, une fille a mal au ventre disons 4 jours/mois toute sa vie. Les seules périodes où l'on n'a pas besoin de se trimballer avec une main appuyée sur le ventre sont celles où on est encore en âge de recevoir une fessée (aïe!), où on a des nausées pendant 9 mois et un accouchement au bout (aïe aïe!) et où on a des rhumatismes, de l'ostéosporose, de l'arthrose, des varices etc... (aïe aïe aïe!). Forcément, avoir son Homme à côté qui se triture le doigt pendant 10mn avec des airs de martyre parce qu'il s'est râpé l'index contre le mur, ça énerve. Comme on l'aime, on prend sur soi et on propose gentillement du produit et un pansement...qu'il refuse: il préfère mettre son doigt dans la bouche et attendre dignement que la gangrène s'installe. Ce qui lui permet, au repas du soir, de jouer l'Acte II, quand une goutte de citron tombe sur la plaie. Un Homme et sa chérie ont forcément des conceptions différentes des choses. Alors une Chérie qui vient de Lorraine et un Homme sicilien, vous imaginez! Le duo que nous formons me prouve tous les jours que je suis un ange: monsieur est amoureux de Paris (naaan, pas Paris Hilton!) mais défend bien haut les couleurs de l'Italie. L'attaque n'est jamais franche, tout est dans le sous-entendu. Du savon intime au fer à repasser, en passant par les slips, tout vient d'Italie ("tu sais, en France on trouve ça aussi"). La grimace posée sur son visage quand il me voit saupoudrer un plat de gruyère râpé et pas de son cher parmesan en dit long sur sa pensée. De même, l'huile d'olive, le café et le parmesan sont importés d'Italie via les valises, à chaque vacances. Quand par malheur, il vient à manquer de café et qu'il se résigne, la mort dans l'âme, à acheter en France (du Lavazza, ça sonne italien mais "c'est fait pour des français") il ne met pas le pot sur l'étagère comme son bon café made in Italy, non non, il le met au frigo. Ce "traitement de faveur à l'envers" m'agace aussi. Pourtant, il n'est jamais mort de faim en France, non? Les compromis Tout peut être accepté par sa moitié, du moment qu'elle est amoureuse. L'apothéose chez une femme, je pense, est de rester avec un Homme qui la bat. L'apothéose chez un Homme, c'est réussir à rester avec une Chérie qui dit du mal de sa mère. Seuls 2 domaines nous obligent à faire moite moite dans un couple, chacun y met du sien, ou ça casse. J'ai nommé: la cuisine et la télé. La cuisine Etant une fille du Nord, j'ai l'habitude de cuisiner au beurre (je prends même du planta fin, pour avoir des vitamines en plus, d'après ce qui est écrit sur le couvercle). Mon rital du Sud ne jure que par l'huile d'olive. Notre avenir semblait compromis dès le départ: il disait que tout ce qui est cuisiné au beurre est gras, la seule huile que je connaissais était l'huile de tournesol que ma mère met dans sa vinaigrette.Effort des deux côtés: quand je cuisine, j'utilise mon beurre (comment vous voulez faire une béchamel avec de l'huile?!!), quand il cuisine, il utilise son huile. J'ai appris à sentir inlassablement un arrière-goût d'olive dans tout ce que je mange (viande, légumes, oeufs), il a appris "à manger gras". J'adore les fruits, je les aime à peu près autant que les épinards. Vous pensez bien que dans ces conditions le risque que je meurs étouffée par un noyau est minime. Mon Homme adore les fruits pour de vrai. Pas un repas qui se termine sans les fruits avant le dessert. Pas une assiette à desservir sans pelure d'orange, peau de banane et peau de pêche à jeter. Sauf que ça le gênait de manger ses fruits seul, avec mon regard de fille qui n'a rien d'autre à faire fixé sur lui pendant qu'il machouille un quartier de pomme. Au fur et à mesure, il a réussi à me faire l'accompagner. Rien d'exotique pour moi: je me cantonne à pomme, poire, banane. Maintenant, mon homme est heureux de ne plus manger seul et je lutte activement malgré moi contre le cancer. Il n'y a pas que ce qu'il y a dans l'assiette qui est important: il y a aussi qui la nettoie et qui la pose sur la table. Là aussi, on coupe en deux: celui qui cuisine ne s'occupe pas de mettre la table et celui qui la débarrasse ne s'occupe pas de rincer, laver et/ou mettre au lave-vaisselle. Ca s'appelle "la parité domestique". La télé Présentation: je m'appelle béné, je n'aime pas vraiment regarder les films (sauf quelques-uns très modernes) et je suis une accro des séries. Présentation: il s'appelle "mon Homme", il aime les films anciens en noir et blanc et en VO avec sous-titrage pourri et ne suis aucune série. Dilemne...puis compromis: OK, je regarde la Dolce Vita en italien avec toi mais le prochain film qu'on se fera, c'est Sleepy Hollow. Télé et ordinateur dans la même pièce ne font pas bon ménage. En particulier si on utilise l'ordinateur pour travailler plutôt que pour écrire un blog, si vous voyez ce que je veux dire... Bref, mon homme devant l'ordi rime avec silence. Pas pratique quand j'ai une folle envie de regarder un épisode de "sex in the city". Dilemne...puis compromis: les gens qui me connaissent ont pu remarqué que j'ai une forte tendance à pencher vers l'avant. Scoliose enfantine? conséquence de ces longues années d'école où je me suis trimballé sur le dos un cartable deux fois plus lourd que moi? Que nenni: il s'agit tout simplement du signe des mes longues heures passées en tailleur devant la télé, reliées toutes les deux par le cordon de 15cm de mes écouteurs. Les fesses restent posées où elles le sont, mais les épaules avancent irrémédiablement, de peur de faire un geste brusque et de mettre en pièce la télé. Voilà! bien sûr tout ceci n'est qu'un aperçu de tous les petits riens qui font les gros touts de la vie de couple. Et que finalement, la seule chose qui vous donne la force de rester malgré les tracas quotidiens, c'est une grosse dose d'amour et de patience! Petit indice: si au bout de 2 ans de vie commune, vous voyez votre Homme venir se coucher, schloups aux pieds et T-shirt blanc difforme, avec lunettes bleues et boules quiès jaunes et que vous vous surprenez à penser "il est trop mignon!", c'est que vous êtes sacrément atteinte !!! |
tout ce qui me passe par la tête
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